Le fort d’Uxegney ou fort Roussel
Ce fort est visitable plus de renseignements sur l’association ARFUPE
Le fort d’Uxegney est un ouvrage à crête unique, il se situe au Nord-ouest de la place forte d’Epinal, en rive gauche de la Moselle, à une altitude de 379 mètres. Sa mission est de surveiller la vallée de l’Avière, le Sud de la trouée de Charmes et la voie ferrée qui mène à Mirecourt et Langres. Il devait aussi se défendre mutuellement avec le fort de Girancourt, la batterie de Sanchey et le fort de Bois l’Abbé.

A sa construction le fort d’Uxegney fait partie d’un enssemble fortifié de trois ouvrages comprenand, les forts de Bois l’Abbé et de la Grande Haye qui sont construits pour renforcer la zone principale de défense entre les forts de Dogneville et de Girancourt.
| Dates de construction | 1882 – 18 mars 1884 |
| Nom boulanger après 1887 | Roussel du nom d’un Général d’Empire en 1809 Jean-Charles Roussel |
| Coût des travaux en 1890 | Environ 1 000 000 Francs |
| Effectif een 1885 – 318 hommes | – 6 officiers – 16 sous-officiers – 296 soldats – 1 infirmerie pouvant recevoir 44 malades – Pas d’écurie |

Armement du fort entre 1884 et 1890 (16 pièces d’artillerie)
A sa construction, le fort ne possède pas de cuirassement. Son armement se compose de :
- 5 canons de 155 long sur affût de Siège et Place.
- 5 canons de 120 long sur affût de Siège et Place.
- 2 mortiers de 22 lisses.
La défense des fossés est assurée par 2 caponnières armées de :

Projets de modernisation
Programme de renforcement de 1890
- Construction d’un casernement bétonné de 160 places, d’une entrée de guerre près de la caponnière de gorge et le remplacement des deux caponnières de tête par un coffre simple et un coffre double de contrescarpe qui ne sont pas reliés au fort. Renforcement renforcement du magasin à poudre en dépôt de munitions.
Programme 1900 Coût des travaux 1 541.000 Frs.

- Agrandissement du casernement bétonné de 100 places, remplacement des 2 caponnières de tête par un coffre simple et un coffre double de contrescarpe, renforcement des communications intérieures et remaniement des parapets.
- Construction de deux casemates de Bourges pour canons de 95 de côtes, installation d’un observatoire cuirassé, d’une tourelle de 75R 05 et d’une tourelle Galopin double.
- Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives sur le mur d’escarpe et au dessus de la caponnière de gorge.
Projet complémentaire de 1908
- Installation de deux tourelles de mitrailleuses GF4 et deux observatoires cuirassés et le remplacement de la tourelle Galopin double par une tourelle de 155R 07.

Programme complémentaire de 1913
- Renforcement en béton armé du corps de garde extérieur ( Non réalisée à cause de la déclaration de guerre)
Projet daté de 1914 Cuirassements dont le montage était prévu en 1915-1916
- Construction d’ une batterie extérieure cuirassée de deux tourelles de 155R 07. ( Non réalisée à cause de la déclaration de guerre)

Modernisations
- 1894 -1896 Création d’un casernement bétonné en béton spécial de 114 places, renforcement du magasin à poudre en dépôt de munitions et de l’entrée principale.
- 1890 – 1900 Connexion au réseau de voie de 60 et installation d’une voie dans la cour du fort
- 1900 – 1914 Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives devant l’entrée du fort, sur le mur d’escarpe et au dessus de la caponnière de gorge.
- 1907 – 1908 Modification des plateformes de tir en les surélevant pour y placer des pièces de campagne.
- 1910 – 1914 Agrandissement du casernement bétonné avec un nouveau casernement en béton armé de 100 places, renforcement d’une grande partie du fort, suppression des deux caponnières de tête, pour les remplacer par deux coffres de contrescarpe et renforcement de la caponnière de gorge. Construction d’une entrée de guerre et remaniement des parapets d’infanterie .
- 1910 – 1914 Installation des trois observatoires cuirassés et de 3 guérites blindées de rempart, construction des deux casemates de Bourges armées de pièces de 75 qui flanquent vers les forts de Girancourt et de Bois l’Abbé.
- 1910 – 1912 Installation d’une tourelle Galopin de 155R 07 n°10 qui sera prête à tirer en juillet 1912.
- 1910 – 1913 Installation de deux tourelles de mitrailleuses GF4 n°81 et 82 et d’une tourelle de 75R 05 n°51 qui seront prêtes à tirer le 13 janvier 1913.

- 1910 Installation de cinq projecteurs oxyacétyléniques pour l’éclairage des fossés.
- 1913 – 1915 Construction d’une usine électrique équipée de 3 groupes électrogènes thermiques de marque ASTER de 12 kW chacun, fournissant du 110 V, fonctionnant au pétrole lampant ou à l’huile de Schiste. Electrification du fort et installation de près de 164 lampes de 16 bougies pour les casernements, les galeries et de 26 lampes de 10 bougies pour l’éclairage des blocs de combat. Installation de 2 ventilateurs électriques soufflants et de 3 ventilateurs électriques aspirants pour les casernements à l’épreuve, les latrines et l’usine électrique. L’électrification de la ventilation des tourelles, la force motrice de la tourelle de 155R 07, les monte-charges des tourelles et l’éclairage électrique des parties mobiles des tourelles ne seront pas installés à cause de la guerre.
- 1914 – 1915 Connexion du fort au réseau électrique civil pour assurer l’éclairage électrique du temps de paix.



Armement du fort et cuirassements installés entre 1900 et 1910
Plan d’espionnage allemand de 1912

Le fort d’Uxegney en 1914
En 1914, le fort d’Uxegney est un ouvrage avancé très moderne et très puissant de première catégorie de la 21ème région qui possède un casernement et des magasins à munitions à l’épreuve. Son armement principal est placé sous casemates bétonnées et sous tourelles cuirassées.

Equipement du fort en 1914
| Coût des travaux en 1914 | Environ 4 000 000 Frs |
| Capacité du casernement en maçonnerie de moellons | 105 places couchées. |
| Capacité du casernement à l’épreuve | 202 places assises et 385 places couchées |
| Capacité du magasin à poudre | 100 tonnes de poudre noire à la construction du fort |
| Capacité du magasin aux cartouches | 700 000 cartouches à la construction du fort |
| Magasins à munitions construits après 1885 | Plusieurs magasins à munitions bétonnés dont un aménagés dans l’ancien magasin à poudre. |
| La cuisine | 1 à 2 cuisinières de marque François-Vaillant. |
| Manutention ou boulangerie | Aucune le pain provient du fort de Bois l’abbé |
| Puits et citernes | 2 puits alimentant deux citernes. |
| Pont de l’entrée principale | 1 pont levis à bascule en dessous |
| Pont de l’entrée de guerre | Aucun. |
| Communication de télégraphie électrique | Avec le central civil et militaire de la place par le biais de la recette principale et avec le fort de Bois l’Abbé grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907. |
| Communication de télégraphie optique | Aucune. |
| Eclairage en 1914 | Electrique et lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur du fort, lampes à bougie et électrique pour les tourelles. |
| Eclairage des fossés | 5 projecteurs oxyacétyléniques. |




Effectif du fort en 1914
| Garnison normale prévue au fort en 1914 d’après l’instruction du 30 juillet 1909 | Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905 |
|---|---|
| Infanterie : 2 officiers et 125 soldats du 170ème RI et 125 hommes du 37ème Régiment territorial. Artillerie : 2 officiers et 168 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied Génie : 13 hommes du 11ème Régiment du Génie Télégraphie : 2 sapeurs télégraphiste. Soit un effectif de 6 officiers, 433 hommes. | Infanterie : 2 officiers et 113 soldats du 170ème RI. Artillerie : 4 officiers et 106 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied dont 1 gardien de batterie et 46 auxiliaires de place forte. Génie et services divers : 2 télégraphistes . Soit un effectif de 273 hommes. |

Pascal DURAND
Armement et cuirassement du fort en 1914 (29 pièces d’artillerie)
Pièces de rempart du fort
- 8 canons de 90 sur affût de campagne
- 1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches.
- 1 tourelle de Galopin de 155R 07 armée d’un canon de 155R approvisionnée à 2000 coups. Elle possède un observatoire cuirassé et un tube de rechange.
- 1 tourelle de 75R 05 armée de 2 canons de 75 approvisionnée à 2000 coups/pièce. Elle possède un observatoire cuirassé et un tube de rechange.
- 2 casemates de Bourges armées chacune de 2 pièces de 75 sur affût de casemate approvisionnées à 500 coups/pièce. Elles possèdent chacune un tube de rechange
- 2 tourelles de mitrailleuses GF4 chacune armées de 2 mitrailleuses Hotchkiss approvisionnées de 57600 cartouches/tourelle. Elles possèdent chacune une mitrailleuse de rechange.
- 1 observatoire cuirassé de commandement.
- 4 guérites blindées de rempart.




- 1 coffre simple de contrescarpe armés d’un canon révolver de 40 mm approvisionné à 1800 coups et d’un canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.
- 1 coffre double de contrescarpe armé de 2 canons révolver de 40 mm approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.
- 1 caponnière double renforcée armée de 2 canons révolver de 40 mm approvisionnés à 1800 coups/pièce.
Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

- La batterie d’artillerie M32 est une batterie de crête type 1885 armée de 4 canons de 120L sur affût de Siège et Place qui est construite en 1889.
- La batterie d’artillerie M33 est une batterie bétonnée modèle 1907 armée de 4 canons de 155L sur affût de Siège et Place qui est construite de 1910 à 1911.
- La batterie d’artillerie M34 est une batterie de crête type 1885 armée de 4 canons de 120L sur affût de Siège et Place qui est construite en 1889.
- La batterie d’artillerie M35 est une batterie de crête type 1885 armée de 4 canons de 155L sur affût de Siège et Place qui est construite en 1889.
Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie
- L’ouvrage d’infanterie d’Uxegney Sud est un ouvrage terrassé construit en 1889-90 qui sera modernisé de 1899 à 1900 avec la construction d’un abri de combat ayant une capacité de 114 places assises et 24 places couchées.
- L’ouvrage d’infanterie d’Uxegney Nord est un ouvrage terrassé construit en 1887-88 qui sera modernisé de 1899 à 1900 avec la construction d’un abri de combat ayant une capacité de 220 places assises et 48 places couchées.
Abris de combat et abris cavernes
- Les abris de combat sont construits dans les deux ouvrages d’infanterie.
- Aucun
- Aucun
Le fort pendant la Grande Guerre

Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.
En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction du fort en cas d’approche de l’ennemi.
En 1917, le fort est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées de l’ouvrage se voient équipées de chicanes montées avec des sacs de terre et des rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades.
| Effectif maximum en 1916 – 117 soldats – 6 sous officiers et 3 officiers | Armement du fort fin 1915 – 1 tourelle Galopin de 155R 07 armée sans munition. – 1 tourelle de 75R 05 armée sans munition. – 2 casemates de Bourges déarmées sans munition. – 2 tourelles de mitrailleuses GF4 armées sans munition. – 2 coffres de contrescarpe et une caponnière double renforcée armées de 5 canons révolver de 40 mm et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions. – 2 canons de 75 contre aéronefs sur plate-forme modèle 1911 à l’extérieur du fort | Armement du fort fin 1917 – 1 tourelle Galopin de 155R 07 armée possédant 200 obus. – 1 tourelle de 75R 05 armée possédant 4000 obus. – 2 tourelles de mitrailleuses GF4 armées et équipées de 736800 cartouches. – 2 casemates de Bourges armées chacune de 1 pièce de 75 sur affût de casemate et de 1 pièce de 75 sur affût de campagne sur butoir circulaire en bois. Elles possèdent de 2000 coups/pièce. – 2 coffres de contrescarpe et une caponnière double renforcée armés de 5 canons révolver de 40 mm et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions. On y installe 8 mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur. Elles servent à remplacer une pièce défectueuse de flanquement. – Quelques mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée. |
Le fort d’Uxegney après la Grande Guerre
Pendant la Grande Guerre ou pendant l’entre deux guerres, certaines pièces du casernement bétonné du fort seront équipées d’un chaufage central et un des magasins à munitions de la tourelle de 75 sera aménagé en infirmerie.
Après la Grande Guerre, le fort restera entretenu comme les autres ouvrages modernisés de la place et les tourelles effecturont différents tirs d’exercices comme en 1924, 1925 et 1928.
En juin 1940, lors de l’approche des Allemands, la garnison du fort d’Uxegney est renforcée avec celle du fort d’Arches, car la tourelle de ce dernier était bloquée du fait de la chaleur et du mauvais entretien. Pendant la bataille d’Épinal, le fort est en retrait par rapport à celui de Longchamp et de Dogneville. Il ne participera pas aux combats et sera pris par les Allemands qui menaçaient de s’en prendre à la population du village.








Puis le fort sera utilisé pendant le restant de la guerre, comme dépôt de matériels et de munitions. Il est l’un des rares forts du Nord-Est de la France à avoir été complètement épargné par l’organisation Todt, ce qui lui permet d’avoir traversé les deux conflits mondiaux sans aucun dégât.
Abandonné comme les autres forts dans les années 60, où il tomba dans l’oubli pendant plus d’une vingtaine d’années.



Aujourd’hui, le fort est un patrimoine exceptionnel inscrit aux monuments historiques depuis 2002, c’est l’un des seuls ouvrages modernisés du système à avoir été en grande partie épargné des ferrailleurs.
C’est un ouvrage visitable est géré depuis 1989 par l’association ARFUPE qui l’ouvre au public à à la belle saison ou sur demande pour les groupes. N’hésitez pas à les contacter directement sur le lien ci-dessus.
Galerie photos du fort































































































































































































































VAUBOURG Cédric














Galopin de 155R 07. VAUBOURG Cédric


































