Le retranchement Nord avec masques métalliques fixes du fort de Roppe à Belfort. VAUBOURG Cédric

Les retranchements d’infanterie

Les retranchements d’infanterie se situent sur la crête de feu pour protéger les soldats qui assurent la défense rapprochée d’un ouvrage ou d’un secteur. Ils ne sont utilisés que lorsque l’infanterie ennemie effectue ou prépare son assaut.

En 1914, on trouve trois types de retranchements dans les fortifications du système de défense (les retranchements ordinaires, les retranchements avec masques métalliques fixes et les retranchements avec masques métalliques à rabattement).

Les retranchements d’infanterie ordinaires

Les retranchements ordinaires consistent en des éléments de tranchée ayant un profil analogue au plan ci-dessus. On s’efforcera de les rendre aussi peu visibles que possible. C’est ainsi qu’il y a intérêt à prolonger la plongée jusqu’au terrain naturel et qu’on doit raccorder les parapets avec le sol à leurs extrémités par des pentes douces.

Si les tranchées sont construites à l’avance, elles s’harmonisent généralement avec les terrains voisins.

Si on les établit au moment du besoin, on use d’artifices pour obtenir ce résultat.

Le retranchement de Laufremont à Epinal. VAUBOURG Julie
Le retranchement de Laufremont à Epinal. VAUBOURG Julie
Vestige d'un retranchement en maçonnerie dans le secteur de Lenlon à Briançon. VAUBOURG Julie
Vestige d’un retranchement en maçonnerie dans le secteur de Lenlon à Briançon.
VAUBOURG Julie

Pour améliorer la situation du défenseur, on a dans un certain nombre de retranchements, placé des boucliers ou masques métalliques fixes ou à rabattement, des abris de combat, des abris pour mitrailleuses portatives.

Un retranchement d'infanterie proche de Vaux début 1916. Lionel PRACHT
Un retranchement d’infanterie avec abris bétonnés proche de Vaux début 1916. Lionel PRACHT

Les retranchements avec masques métalliques fixes

Le talus intérieur est revêtu d’une murette en béton de 0,2 à 0,3 mètre d’épaisseur, surmontée d’une tablette dont la partie supérieure forme plongée durcie et dont la partie inférieure, renforcée par une armature métallique, se prolonge en forme d’appuie coudé.

Le retranchement Nord avec masques métalliques fixes du fort de Roppe à Belfort. VAUBOURG Cédric
Le retranchement Nord avec masques métalliques fixes du fort de Roppe à Belfort. VAUBOURG Cédric

La tablette est en outre soutenue tous les 3 mètres par des contreforts en béton armé qui la dépassent.

Le masque est une tôle d’acier de 1,2 cm d’épaisseur, de 3 à 6 mètres de longueur, dont les bords sont repliés et qui est percée de créneaux espacés de 0,65 mètre d’axe en axe.

Plan d'un retranchement avec masques métalliques fixes. VAUBOURG Cédric
Plan d’un retranchement avec masques métalliques fixes. VAUBOURG Cédric

Le masque repose par son propre poids et sans scellement sur la tablette et sur 3 contreforts consécutifs.

Les retranchements avec masques métalliques à rabattement

Dans les retranchements munis de masques à rabattement, les contreforts sont arrêtés au niveau de l’appuie coude et les boucliers portent vers leur bord inférieur, 2 tiges qui s’engagent dans 2 pentures fixées dans la murette. Ils peuvent ainsi être plus ou moins inclinés.

Plan d'un retranchement avec masques métalliques à rabattement - VAUBOURG Cédric
Plan d’un retranchement avec masques métalliques à rabattement. VAUBOURG Cédric

Ils sont soutenus dans la position horizontale par des taquets et dans la position favorable au tir par des tiges à fourche qui embrassent ces mêmes taquets.

Emplacement des retranchements à masques métalliques

Les retranchements à masques métalliques se retrouvent dans les intervalles, mais aussi dans certains forts, ouvrages intermédiaires et ouvrages d’infanterie des 4 places de l’Est (Verdun, Toul, Epinal et Belfort).

Avantages et inconvénients des retranchements avec masques

Dans les 2 types, le défenseur en position d’attente trouve une très grande sécurité en s’asseyant sous la tablette ou sous le masque rabattu.

Lorsqu’il fait usage de son arme, le bouclier s’oppose à sa neutralisation par un tir à mitraille. Enfin l’expérience a montré que les tranchées avaient peu à souffrir du canon de campagne et que le réglage du tir sur elles était assez difficile si on prenait certaines précautions pour les dissimuler.

Le défaut qu’on peut leur reprocher résulte de ce que la forme rectiligne du masque peut appeler l’attention de l’observateur ennemi.

On y remédie en implantant ces tranchées en des points échappant aux vues lointaines, en leur donnant des longueurs assez courtes qui permettent de les plier aux formes du terrain, en recouvrant les parties métalliques et le béton de mottes de gazon, en masquant les embrasures avec des herbes, etc.