
La tourelle Galopin modèle 1890 pour deux canons de 155 long
La tourelle Galopin est une tourelle pour deux pièces de gros calibre destinées à faire du tir tendu, soit dans un but d’interdiction soit pour engager la lutte d’artillerie. Elle est inventée par le Commandant Alfred Galopin en 1889, suite aux résultats des expériences du Camps de Châlon sur la tourelle Bussière. C’est une tourelle à éclipse qui abrite deux canons de 155 long de Bange sous une coupole d’acier de 5,5 mètres de diamètre et de 30 centimètres d’épaisseur. Son poids est de 200 tonnes dont 150 tonnes pour la partie mobile qui comprends une chambre de tir de 80 tonnes.
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Pour assurer la protection des embrasures, cette tourelle effectue une manœuvre complète (sortir, tirer et rentrer) en 5 secondes. Ce mouvement très rapide s’effectue grâce à un système de contrepoids qui permet le mouvement de la tourelle. Ce qui empêche l’ennemi d’avoir le temps d’envoyer un projectile sur cette dernière quand elle est en position sortie (position de batterie).
Organisation des tourelles Galopin modèle 1890
Une tourelle à éclipse Galopin modèle 1890 pour canons de 155 long est une construction métallique aménagée pour abriter deux canons de 155 long avec leurs affûts, leurs armements et leurs servants. Elle est installée dans un puits ménagé dans un massif de béton dont le bord supérieur est protégé par une avant-cuirasse ou un anneau fixe en acier moulé noyé dans le massif de béton.

Autour de la partie inférieure du puits et communiquant avec lui, règne une galerie circulaire où sont aménagés différents locaux : poste, atelier de chargement, magasin aux gargousses, magasin aux projectiles et magasin aux agrès.

La tourelle est entièrement fermée et n’offre aux coups sur l’ennemi que des surfaces courbes peu vulnérables, à l’exception de deux embrasures par lesquelles passent les bouches des canons, ces embrasures sont même obturées au moyen d’un dispositif spécial.
La tourelle se compose de deux parties, une partie fixe et une partie mobile.
La partie mobile peut prendre deux mouvements :
1° Un mouvement de rotation qui permet aux pièces qui tournent avec elle de tirer dans toutes les directions. Ce mouvement est donné à la tourelle par un pignon qui engrène avec une couronne dentée fixée au corps cylindrique.
Le pignon reçoit son mouvement, soit d’un treuil (mouvement rapide), soit d’un appareil spécial (mouvement lent) disposé sous l’index fixe d’une circulaire graduée de pointage.

2° Un mouvement d’éclipse qui lui permet de s’élever ou de s’abaisser verticalement de 55 cm environ pour cacher ses embrasures après chaque coup de canon.
Ce mouvement est obtenu à l’aide de l’appareil moteur manœuvré au moyen d’un treuil.
La tourelle est arrêtée à l’extrémité supérieure de sa course (position de batterie) par les verrous de batterie manœuvrés par le récupérateur, et à l’extrémité inférieure (position d’éclipse) par les verrous d’éclipse manœuvrés par l’appareil de déclenchement.
L’espace occupé par la tourelle et ses différents organes et mécanisme comprend :
- Le passage sous l’avant-cuirasse.
- La chambre de tir.
- L’étage intermédiaire.
- L’étage inférieur avec la galerie circulaire.
- Le sous-sol.

De l’étage inférieur, on accède à la chambre intermédiaire par un escalier en fer. La chambre intermédiaire communique avec la chambre de tir au moyen de deux échelles verticales en fer, et avec le passage sous l’avant cuirasse par une échelle verticale en fer disposée dans un puits ménagé dans le massif de béton.
Deux trappes permettent, au moyen d’une échelle placée au moment du besoin, de descendre dans le sous-sol.
Les munitions arrivent dans la chambre de tir au moyen d’un monte-charges fixe débouchant à l’étage intermédiaire et de deux monte-charges installés sur la partie mobile de la tourelle.
L’assainissement de la chambre de tir est assuré par un ventilateur, placé à l’étage inférieur, qui aspire l’air vicié au-dessus de la culasse des canons et le rejette dans une galerie ménagée à cet effet.
Un dispositif spécial sert à monter les canons de l’étage intérieur sur les affûts et à les descendre.
Deux porte-voix mettent l’étage intermédiaire en communication avec la chambre de tir et avec l’étage inférieur.
Les canons sont montés sur des affûts particuliers qui permettent de tirer de 2° 30′ au-dessous de l’horizon à 20° au-dessus. Des freins limitent le recul et un système de ressorts assure le retour automatique en batterie.
Particularités du service des canons sous tourelle Galopin modèle 1890

Le service des canons de 155 sous tourelle présente diverses particularités qui le distinguent du service des mêmes bouches à feu employées derrière un épaulement.
- 1° Le pointage en hauteur est seul donné par l’affût, le pointage en direction est donné par la tourelle elle-même (mouvement lent de rotation).
- 2° La mise de feu se fait par l’électricité avec emploi d’étoupilles électriques obturatrices
Personnel employé au service d’une tourelle Galopin modèle 1890

Le personnel nécessaire pour le service d’une tourelle est commandé par un chef de tourelle (officier) qui se tient généralement à l’étage intermédiaire. Il a à sa disposition 25 hommes qui sont répartis en 3 équipes dans les différents étages à savoir :
Equipe chambre de tir :
- Le peloton des pièces comprenant les 6 servants (3 par pièce) est formé sur deux rangs en dehors de la tourelle. Le premier rang se compose des servants de gauche et le second des servants de droite. Les files successives, en allant de la droite à la gauche, fournissent les servants dans l’ordre suivant : pourvoyeurs, pointeurs et chefs de pièce.
- Un chef de la chambre de tir (maréchal des logis ou brigadier) qui commande le peloton des pièces pour servir les bouches à feu et manœuvrer les différents appareils du mouvement d’éclipse.
Equipe de l’étage intermédiaire :
- Un pointeur en direction chargé de manœuvrer l’appareil de pointage en direction et le levier qui commande l’appareil moteur.
- Deux manœuvres, un à chacun des monte-charges pour l’approvisionnement en munitions de la chambre de tir.
Equipe de l’étage inférieur :
- Les manœuvres sont au nombre de six, ils sont placés sur le treuil de manœuvre sur deux rangs. Le premier rang de 2 personnes s’applique à la petite manivelle et le deuxième rang, de 4 personnes à la grande manivelle.
- Un brigadier-chef de manœuvre se trouvant à droite et qui supervise les manoeuvres du treuil.
- Deux manœuvres qui approvisionnent le monte-charges en munitions vers l’étage intermédiaire.
- Deux manœuvres qui assurent le fonctionnement du ventilateur qui aspire les fumées des tirs dans la chambre de tir.
Un artificier dit « artificier de la galerie circulaire » commande deux manœuvres nécessaires destinés à charger et approvisionner les pièces.
Le service du canon de 155 long sur affût de tourelle comprend :
- Le service du peloton des pièces.
- Le service spécial des pointeurs.
- Le service du pointeur en direction.
- Le service du chef de manœuvre du treuil et des manœuvres.
- Le service de l’artificier de galerie circulaire et des manœuvres des monte-charges.
- Le service des manœuvres du ventilateur.
- Le service des éxécution des feux.
Notions générales sur le matériel de la tourelle Galopin modèle 1890
Bouches à feu.

Le canon de 155 long, sous tourelle à éclipse, est destiné principalement au tir de plein fouet et accessoirement au tir plongeant à charge réduite. Dans les deux cas, il est monté sur le même affût qui permet de le pointer sous des angles compris entre -2° ½ et + 22°.

Un système de freins limite le recul et des ressorts assurent le retour automatique en batterie. Les bouches à feu sont semblables à celles montées sur affût de siège, sauf les différences suivantes :
- La plate-bande de la bouche est enlevée, sur la volée une partie cylindrique de 260 millimètres de long à partir de la bouche a été tournée au diamètre de 210 millimètres.
- L’anse et ses colliers ainsi que la frette de pointage sont enlevés, la partie inférieure de l’embase des tourillons est entaillée 10 cm environ et la culasse est munie d’un dispositif spécial pour l’emploi d’étoupilles électriques obturatrices.
Tourelle et affût de tourelle.
On distingue dans une tourelle à éclipse :
Le cuirassement, le corps de tourelle, la charpente fixe, l’appareil de mouvement d’éclipse, l’appareil de pointage en direction, l’appareil de mise de feu électrique, les monte-charges, l’appareil de ventilation et l’appareil de démontage des canons.
Le cuirassement

Il protège tout le mécanisme contre les coups venant de l’extérieur.
Il est constitué par :
Le cuirassement de muraille en acier demi-dur de 45 cm d’épaisseur formé de 4 segments égaux assemblés à feuillure dont l’un porte deux embrasures munies chacune d’un obturateur.
Cet obturateur est formé d’un anneau en acier fixe et d’un anneau en bronze mobile dont le diamètre intérieur n’est que très légèrement supérieur au diamètre de la partie cylindrique tournée de la volée de la pièce. Il est placé dans le logement d’obturateur ménagé dans l’embrasure et maintenu en place au moyen de secteurs pleins qui s’ajustent sur les secteurs pleins de son logement et à l’aide d’un taquet d’arrêt fixé par une vis. Deux cales en cuivre servent à centrer l’obturateur dans son logement. L’anneau mobile est emboîté dans l’anneau fixe suivant une surface sphérique dont le centre est le centre d’oscillation de la pièce, de sorte qu’il peut prendre toutes les inclinaisons demandées par la pièce. Il tourne autour de son diamètre horizontal aux extrémités duquel il porte deux tourillons.

Le cuirassement de toiture en fer laminé de 30 cm d’épaisseur formé de deux parties égales assemblées à feuillure. Il repose sur le cuirassement de muraille et y est fixé par 23 grosses vis. Les cuirassements sont renforcés et toutes leurs parties sont maintenues ensemble par un doublage qui se compose de feuilles de tôle d’acier assemblées au moyen de rivets et qui est fixé par des vis contre le cuirassement vertical.
Le doublage de toiture et le doublage de muraille sont réunis par une cornière en acier. Le premier comprend deux feuilles de tôle de 15 cm d’épaisseur superposées, le deuxième en comprend trois de 13 cm d’épaisseur.
La tourelle est elle-même protégée par un anneau fixe ou avant-cuirasse en acier moulé, noyé dans un massif de béton de ciment protégé lui-même par un parapet formé de rocaille et recouvert de terre.
Dans ce même massif de béton sont ménagés les logements de la tourelle et ses accessoires ainsi que les divers locaux et communications.
Corps de tourelle

Le corps de tourelle comprend :
1°Le corps cylindrique qui supporte le cuirassement et forme avec celui-ci la chambre de tir. Le cuirassement repose sur le corps cylindrique par l’intermédiaire d’une plaque d’appui en acier de 60 mm d’épaisseur, fixée sur la tranche inférieure du cuirassement de muraille au moyen de vis et assemblée par des rivets et des boulons avec les cornières du corps cylindrique.
Elle est formée de 4 segments égaux : le segment avant est en acier moulé, les trois autres sont en acier laminé.
Sur le segment avant et venus de fonte avec lui se trouvent les paliers de l’arbre du récupérateur et les attaches des tirants d’affût.
Le corps cylindrique se compose des éléments suivants :
- Le corps cylindrique proprement dit en tôle d’acier de 30 mm d’épaisseur et formé de 4 segments égaux. Au niveau de la tranche supérieure sont fixées, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, deux fortes cornières sur lesquelles vient reposer la plaque d’appui de cuirassement.
- Les 8 renforts en tôle d’acier.
- Les 8 bras de corps de tourelle en tôle d’acier auxquels est fixée la circulaire graduée de pointage.
La fonçure en tôle d’acier formée de 8 parties et dans laquelle on a pratiqué les trappes pour les échelles, pour le passage des canons et pour les monte-charges. La fonçure supporte le plancher en bois de la chambre de tir.
Toutes ces pièces sont réunies par des cornières et des rivets.
Sur le corps cylindrique sont fixés à l’extérieur :
- 2 cercles de guidage en laiton.
- 24 bandes de guidage en laiton.
- La couronne dentée du mouvement de rotation.
2° Le pivot tubulaire qui se compose des éléments suivants :
Le corps de pivot, cylindre en tôle d’acier, sur lequel sont fixées à l’extérieur la frette-support des verrous de batterie, et les bandes de guidage en bronze.
A l’intérieur et à la partie supérieure se trouve une poutre en tôle et cornières d’acier placée suivant le diamètre parallèle à l’axe des canons.

Les deux verrous de batterie en acier doux ; ils ont un profil légèrement courbe afin de leur donner un peu d’élasticité pour résister aux chocs, leur extrémité porte une pièce rapportée en acier trempé. Leur axe est disposé de telle façon qu’ils se ferment automatiquement par leur propre poids. Leur fermeture est assurée, en outre, par le contrepoids qui agit à l’extrémité du grand bras du levier triple.
Le lisoir en acier, fixé à la partie inférieure du corps de pivot.
3° La couronne de galets tronconiques en acier.
4° La sellette en acier et ses galets de guidage.
5° La tige pendante fixée au centre du lisoir et de la sellette. Elle ne participe pas au mouvement de rotation de la tourelle, mais seulement à son mouvement d’éclipse. Elle est alors guidée par le guide inférieur fixé au sol et dans lequel elle coulisse.
La tige pendante est formée de trois parties. La partie supérieure est engagée à frottement doux dans le lisoir et maintenue à son extrémité supérieure par un écrou. La partie moyenne porte en bas les épaulements d’appui des verrous d’éclipse. Elle est réunie à la partie supérieure par un manchon de réglage à vis et porte à l’autre extrémité une mortaise dans laquelle la partie inférieure est encastrée et clavetée. Cette dernière est munie à son extrémité inférieure d’une traverse à tourillon à laquelle vient s’adapter le balancier à fourche du contrepoids moteur.
Charpente fixe
La charpente fixe comprend :
1° Les poutres de l’étage intermédiaire, en tôle d’acier et cornières, qui supportent le plancher où sont ménagées deux trappes pour la descente des canons et la cuve de guidage en acier dans laquelle coulisse le pivot de la tourelle et sur laquelle reposent les verrous de batterie.
Les poutres sont supportées à l’aplomb de la cuve de guidage par 4 colonnes contre lesquelles viennent s’appuyer les galets de guidage de la sellette.
2° Les poutres de l’étage inférieur qui supportent le plancher et l’entretoise-support de verrous d’éclipse.
Les verrous d’éclipse ont à peu près le même profil que les verrous de batterie et se ferment aussi automatiquement par leur propre poids. Ils portent, à leur partie inférieure, chacun deux galets.
3° La couronne supérieure de guidage en laiton fixée contre une couronne en acier à section en U placée et solidement maintenue sur le bord supérieur du puits où est installée la tourelle.
Appareil de mouvement d’éclipse
L’appareil de mouvement d’éclipse comprend :


1° Les 2 balanciers d’équilibre formés par de fortes poutres en tôle et cornières d’acier réunies par des entretoises.
L’entretoise du milieu porte une semelle plane à rebords et les galets de guidage qui avec les rebords de la semelle plane empêchent les balanciers de glisser sur les supports de balanciers à semelle courbe. Le bâti des supports de balanciers porte les guides contre lesquels viennent s’appuyer les galets de guidage.

Une plaque de tôle de 15 mm d’épaisseur, disposée sur chaque balancier d’équilibre entre les extrémités des deux poutres, forme un caisson dans lequel on peut placer des contrepoids pesant environ 20 kg. Ces contrepoids permettent d’achever le réglage de la course de la tourelle sans avoir besoin de déplacer les gros contrepoids d’équilibre.
L’entretoise de tête donne appui aux bielles de soulèvement fixées d’autre part à la sellette et par l’intermédiaire desquelles les balanciers d’équilibre supportent la tourelle.


Les balanciers portent à l’autre extrémité les contrepoids d’équilibre formés de plaques de fonte. Les contrepoids sont maintenus par des boulons de réglage qui permettent leur réglage.
Des heurtoirs limitent, s’il y a lieu, l’amplitude des mouvements des balanciers. Mais ils ne jouent aucun rôle dans le fonctionnement normal de la tourelle.
2° L’appareil moteur qui, dans la mise en batterie, sert à donner une légère impulsion à la tourelle.

Il est constitué par :
Le levier à fourche réuni à la traverse inférieure de la tige pendante et sur lequel s’appuie l’extrémité de la tringle du cliquet d’arrêt de la grande roue du treuil.
Le levier moteur qui pivote autour du même axe que le levier à fourche et qui porte un contre poids moteur dont la position peut être réglée au moyen d’un boulon de réglage.
Il est formé de deux poutres en acier réunies par des entretoises.
Le levier moteur porte un cliquet d’enclenchement à contrepoids qui, au moment voulu, rend solidaires ou indépendants le levier moteur et le levier à fourche.
Un taquet, formé d’une lame en forme de V fixée par une de ses branches sur la tige du contrepoids du cliquet d’enclenchement, agit, par son autre branche, sur le levier à contrepoids de la tringle d’enclenchement de l’embrayage du mouvement de relevage.
A la position d’attente, le levier moteur repose sur son heurtoir et le cliquet sur sa butée.
3° L’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse qui sert à ouvrir les verrous d’éclipse.
Il est constitué par :
Le manchon à coins formé de deux cylindres concentriques, l’un extérieur en acier, l’autre intérieur en bronze. Il coulisse le long de la tige pendante et porte à sa partie supérieure deux tourillons et deux coins qui ouvrent les verrous d’éclipse en s’engageant entre leurs galets.

Dans la position d’attente le manchon à coins repose sur le bâti du guide inférieur de la tige pendante par l’intermédiaire d’un empilage de rondelles de fer et de cuir en nombre tel que les coins soient engagés entre les galets des verrous de façon à laisser un jeu de quelques millimètres seulement.

Les balanciers : L’extrémité de chacun d’eux est reliée au tourillon du manchon à coins de son côté par l’intermédiaire d’une bielle.
Le levier de déclenchement placé entre les deux balanciers pivotant autour du même axe et portant un contrepoids qui peut être déplacé au moyen du boulon de réglage. Par l’intermédiaire du cliquet double d’enclenchement à contrepoids porté par ce levier, les balanciers et le levier de déclenchement peuvent, au moment voulu, être rendus solidaires ou indépendants.
Le levier de déclenchement est maintenu dans la position où il est prêt à agir pour ouvrir les verrous par le cliquet de retenue à contrepoids qui est relié par une tringle au levier de lancement.
Dans la position d’attente, le levier de déclenchement repose sur un heurtoir et les contrepoids du cliquet double sur leurs butées.

4° Le treuil de manœuvre comprend l’ensemble des dispositifs qui permettent soit de relever le contrepoids moteur et le contrepoids de déclenchement des verrous d’éclipse, soit de donner un mouvement de rotation.
Il se compose de trois parties principales :
a. Le treuil proprement dit, il est constitué par:
- Les deux flasques.
- L’entretoise supérieure.
Les deux manivelles sur l’arbre desquelles sont montés un pignon denté et une roue à rochet qui empêche le dévirage du treuil, au moyen d’un cliquet manœuvré à la main.
Ce pignon engrène avec la grande roue dentée, sur l’axe de laquelle est calé un pignon denté qui actionne le pignon de la crémaillère de relevage par l’intermédiaire d’une roue dentée calée sur le même axe.
Le mouvement de relevage peut être embrayé et débrayé en agissant sur la tringle d’embrayage du mouvement de relevage.

b. L’appareil de relevage est constitué par:
La crémaillère de relevage qui engrène avec le pignon du treuil. Un arc denté à contrepoids, dit secteur d’équilibre, assure le contact du pignon et de la crémaillère et règle le mouvement de descente de cette dernière.
Le cadre de relevage, fixé à l’extrémité inférieure de la crémaillère. Il est formé par deux montants réunis par deux traverses qui portent des galets en bronze à leurs deux extrémités. La traverse inférieure porte deux galets d’appui du levier moteur en bronze. La traverse supérieure porte un galet d’appui du levier de déclenchement des verrous d’éclipse en bronze.
Le timbre avertisseur actionné par le cadre de relevage. Il est destiné à donner le signal pour l’arrêt du treuil, lorsque les cliquets ont fonctionné.
Les deux guides formés chacun d’une bande de tôle d’acier fixée d’une part sous le plancher de l’étage inférieur et, d’autre part, sur une semelle en bois fixée sur le sol et dans laquelle sont ménagées deux rainures dans lesquelles sont engagés les galets des extrémités des traverses du cadre de relevage.
Quand l’appareil de relevage est dans la position d’attente, le levier moteur et le levier de déclenchement des verrous d’éclipse reposant sur leur heurtoir, il doit exister un jeu de 10 cm entre ces leviers et leurs galets d’appui. Il doit également exister un léger jeu entre le fond des rainures des guides et les traverses. Le cadre de relevage repose par la traverse inférieure sur une traverse en bois qui sert de heurtoir.

c. L’appareil de mouvement de rotation qui permet de faire tourner assez rapidement la tourelle lorsque le pointage en direction demande de grands déplacements où lorsqu’on veut faire fonctionner la tourelle comme tourelle tournante.
Il est constitué par un pignon conique denté, monté sur l’arbre des manivelles, qui engrène avec une roue conique dentée calée sur un arbre vertical portant à son extrémité le long pignon de couronne dentée de mouvement de rotation.
Ce mouvement peut être embrayé ou débrayé en agissant, convenablement sur le levier d’embrayage du mouvement de rotation.
5° L’appareil d’ouverture des verrous de batterie.

Quand la tourelle repose sur ses verrous de batterie, elle exerce une pression d’environ 35 tonnes qui rend la manœuvre de ces organes assez difficile.
Leur ouverture est obtenue au moyen d’un appareil spécial qui utilise le mouvement du recul des canons et qui comprend les parties suivantes :
Le levier triple à contrepoids agit sur les verrous de batterie par l’intermédiaire de deux bielles.
La tringle oblique de manœuvre des verrous de batterie, son extrémité inférieure est réunie à coulisse à la branche du levier triple portant le contrepoids. Son extrémité supérieure est réunie aux balanciers du récupérateur au moyen d’un boulon et porte une échancrure où vient s’appuyer le bec du cliquet de retenue du récupérateur.
Le récupérateur qui, joue le rôle d’appareil moteur. Il comprend :
Les bielles d’armement fixées à l’une des extrémités aux cylindres de frein des affûts et réunies à coulisse à l’autre extrémité aux boutons des manivelles de l’arbre du récupérateur.
L’arbre à manivelles en acier forgé, coudé pour le passage de la volée des canons.
Le bâti, formé de colonnes réunies à leur partie supérieure par une traverse et solidement boulonnées sur une plaque d’acier fixée sur la fonçure en dessous de laquelle elles se prolongent d’environ 20 centimètres.
A l’extrémité de ces prolongements est fixé le cylindre de frein hydraulique.
Immédiatement au-dessus de la plaque de fondation du bâti sont placées les butées en bronze des cliquets à ressort.
Dans chacune des colonnes sont enfilés cinq ressorts (du modèle des ressorts de tampons des locomotives) et dont la compression emmagasine une partie du travail produit par le recul des canons.

La tige centrale filetée, sur une partie de sa longueur, un manchon à vis en bronze porte le plateau de compression servant de point d’appui aux empilages de ressorts. Ce dispositif permet le réglage de ce plateau et par suite celui de la tension des ressorts.
L’extrémité supérieure de la tige centrale est réunie par une bielle double à l’une des manivelles de l’arbre. L’extrémité inférieure porte un piston qui plonge dans le cylindre de frein.
Un manchon fixé par une clavette à la partie inférieure du filetage porte les cliquets à ressorts. Un écrou, d’une forme particulière, maintient les ressorts en place et permet leur démontage facile.
Un manchon à tourillons, sur lequel viennent s’appuyer les becs des cliquets à ressort quand le récupérateur est armé, est situé au-dessous du précédent et peut glisser le long de la tige centrale.
Une butée, contre laquelle viennent s’appuyer les ressorts Belleville empilés sur la tige centrale et supportés par la traverse supérieure du bâti pour limiter la détente des ressorts d’armement, est ménagée à la partie supérieure de la tige centrale. Cette butée est réglée de façon que les ressorts arrivent à fin de course aussitôt que les cliquets à ressorts sont ouverts.
Les deux balanciers reliés d’une part aux tourillons de manchon à tourillons au moyen de bielles, et d’autre part à l’extrémité supérieure de la tringle oblique.
Le cliquet de retenue à contrepoids dont le bec vient s’appuyer sur l’échancrure de la tringle oblique. Le contrepoids est empêché de basculer en avant au moyen d’une lame de fer en forme de U renversé fixée au plancher et placée au-dessus du contrepoids.
Le verrou horizontal de retenue des balanciers, manœuvré, par l’intermédiaire d’un levier double et de la tringle de commande autour de laquelle est placé un ressort à boudin, par un doigt placé sur l’axe du levier d’éclipse.
Le levier d’éclipse et son axe.
L’amplitude des mouvements du levier est limitée en avant par les butées des verrous des appareils d’enclenchement contre les tringles à contrepoids, et en arrière par les taquets à ressort des appareils d’enclenchement compriment leurs ressorts à boudin. Les positions extrêmes du levier d’éclipse sont d’ailleurs bien déterminées par les butées du guide de levier d’éclipse.
L’axe porte le doigt qui manœuvre le cliquet de retenue en soulevant son contrepoids, le doigt qui commande le verrou horizontal et le bras de commande de l’appareil d’enclenchement du levier d’éclipse.

La pompe d’armement du récupérateur manœuvrée au moyen d’un levier est mise en communication par un tuyau en cuivre de grand diamètre avec le cylindre de frein de la tige centrale du récupérateur. Un pointeau placé sur le tuyau permet de le mettre en communication avec l’extérieur par un orifice de petit diamètre.
Cette pompe a un double effet : 1° quand le pointeau est fermé, elle permet de refouler le liquide sous le piston de la tige centrale et par suite d’armer le récupérateur en soulevant cette tige 2°quand le pointeau est ouvert, le piston de la tige centrale forme frein. La résistance est produite par l’écoulement du liquide par le petit orifice du pointeau.

Les appareils d’enclenchement du levier d’éclipse.
Il y en a un pour chaque canon, ils ont pour but d’empêcher de manœuvrer le levier d’éclipse et par suite d’éclipser la tourelle avant que les deux canons ne soient partis.
Chaque appareil comprend :
Un verrou horizontal, formé par une tringle rectangulaire en forme d’équerre, réuni par une bielle à un bras calé sur l’axe du levier d’éclipse. La branche verticale porte un œil, la branche horizontale ou verrou proprement dit porte une encoche et coulisse dans un bloc d’acier.
Un taquet, support de tringle à contrepoids, placé dans un logement pratiqué dans le bloc d’acier et actionné soit par un ressort à boudin, soit en même temps que le verrou horizontal par le bras de l’axe du levier d’éclipsé. A cet effet, il peut coulisser dans l’œil de la branche verticale du verrou horizontal. Une tringle à contrepoids, reliée à l’arbre du récupérateur par une série de pièces comportant une bielle à coulisse, est traversée par le verrou horizontal et présente un évidement dans lequel se loge le taquet support quand le verrou ne peut pas jouer et que par suite on ne peut pas éclipser.
Appareil de pointage en direction

L’appareil de pointage en direction sert pour donner de petits déplacements à la tourelle et terminer le pointage en direction.
Il est placé à l’étage intermédiaire près du levier de lancement et comprend :
- Une roue dentée à friction folle sur l’arbre du grand pignon de couronne dentée.
- Une vis sans fin, manœuvrée par le volant de manœuvre à manettes.
- Un plateau de friction en bronze manœuvré par le volant d’embrayage à manettes verticales et monté à frottement doux sur un carré de l’arbre du grand pignon.

Au-dessus de cet appareil est placé l’index de pointage qui peut être déplacé au moyen d’une vis sans fin portant un tambour gradué à son extrémité.
Monte-charges.

Les monte-charges sont au nombre de trois : un monte-charge double de l’étage inférieur à l’étage intermédiaire, deux monte-charges simples de l’étage intermédiaire à la chambre de tir.
Chacun des monte-charges comprend :
Deux guides verticaux.
Une cage à deux étages portant 4 galets, deux de chaque côté, qui s’engagent dans les rainures des guides. A l’étage inférieur se placent les gargousses et à l’étage supérieur les projectiles. La gargousse est placée dans un gargoussier métallique.

Une chaîne de Gall dont les extrémités sont fixées à la traverse supérieure de la cage, directement pour l’une et par l’intermédiaire d’une bielle pour l’autre. Cette chaîne passe sur deux roues dentées placées l’une à la partie supérieure et l’autre à la partie inférieure des guides. Une manivelle commande la chaîne par une petite roue dentée placée à environ i mètre du sol.
Appareil de ventilation

L’appareil de ventilation a pour but d’assurer l’assainissement de la chambre de tir et comprend :
Le ventilateur placé à l’étage inférieur qui aspire l’air de la chambre de tir par des tuyaux disposés de manière à permettre les mouvements d’éclipse et de rotation de la tourelle et débouche au-dessus de la culasse des pièces.

Des tuyaux fixes débouchent dans le tambour annulaire à couvercle à joint d’eau placé sur le plancher de l’étage intermédiaire autour de la cuve de guidage. Le couvercle du tambour roule sur des galets et est entraîné dans le mouvement de rotation de la tourelle par l’intermédiaire du raccord télescopique.

Le raccord télescopique est formé de deux tuyaux en cuivre qui pénètrent l’un dans l’autre à frottement doux. Le tuyau supérieur est fixé au plancher de la chambre de tir et se prolonge par les tuyaux de la chambre de tir. Le tuyau inférieur est fixé sur le couvercle du tambour annulaire.
Les joints d’eau peuvent être remplis par deux trous de remplissage pratiqués sur le couvercle et fermes par une vis.
Appareil de démontage des canons

L’appareil de démontage des canons comprend : le mécanisme, les agrès fixes, les agrès mobiles, mis en place au moment du besoin.
Le mécanisme est constitué par :
L’arbre à manivelles porté par deux paliers fixés au pivot de la tourelle et sur lequel est calé un pignon conique en bronze. Une manivelle peut être fixée à chacune des extrémités.
L’arbre à vis sans fin porté par deux paliers fixés au pivot de la tourelle, le palier inférieur est garni d’un manchon en bronze dont la partie supérieure a la forme d’un godet destiné au graissage. L’extrémité supérieure de l’arbre à vis sans fin est terminée par une vis sans fin. L’extrémité inférieure porte un pignon conique en bronze qui engrène avec le pignon de l’arbre à manivelles.
L’arbre à barbotins, porté par quatre paliers à manchons en bronze fixés en dessous du plancher de la chambre de tir.
Sur cet arbre sont calés :
1° Une roue dentée en bronze qui reçoit son mouvement de la vis sans fin.
2° Quatre barbotins, deux pour chaque canon. Les chaînes sont guidées à leur entrée et à leur sortie de chaque barbotin par deux poulies à gorge en bronze portées par le palier.
Les agréés fixes comprennent :
- Les quatres guides fixes formés par des poutres en acier en U convenablement courbées.
- Les huit poulies de renvoi fixes, quatre pour chaque canon en bronze portées par les bras du corps de tourelle.
Les agrès mobiles comprennent :
- Deux chaînes de suspension calibrées.
- Deux poulies de renvoi en bronze, suspendues à l’entretoise d’avant de l’affût.
- Deux colliers à galets, formés chacun de deux demi-colliers à charnières réunis par une clavette. Le collier avant porte les attaches de chaînes qui comportent un petit tendeur.
- Le collier-support de culasse, son crochet, sa tringle de suspension à tendeur qui peut être fixée au cuirassement de toiture par un piton à vis qui s’engage dans un trou fileté pratiqué dans le doublage.
- Le collier de volée formé de deux demi-colliers à oreilles réunis par des boulons, vers l’extrémité de chaque oreille est ménagée une ouverture pour le passage des chaînes.
Les deux prolongements inférieurs des guides qui s’adaptent à l’extrémité inférieure des guides auxquels ils sont fixés par des boulons.
Les deux prolongements supérieurs des guides qui s’encastrent avec les guides fixes au niveau du plancher de la chambre de tir et reposent vers leur milieu sur le berceau de l’affût sur lequel ils sont boulonnés.
Le madrier sur lequel peut glisser le chariot en bois.
Affûts de tourelle Galopin modèle 1890

Les deux affûts sont complètement indépendants l’un de l’autre et permettent aux canons de prendre les inclinaisons voulues en pivotant autour d’un axe fictif situé au milieu de chaque embrasure.
Ils comprennent : la plaque de fondation, les flasques, le berceau, les freins hydrauliques, les ressorts de retour en batterie, le système de pointage en hauteur, l’appareil de contrôle de départ des coups et de retour en batterie.
La plaque de fondation est en acier moulé et a 40 mm d’épaisseur. Elle porte, venus de fonte avec elle :
- 1° deux rebords d’environ 120 mm de hauteur contre lesquels viennent s’appuyer les flasques.
- 2° les paliers du pignon et de la poulie de renvoi de chaîne-support de contrepoids.
Les flasques sont en tôle d’acier laminé de 100 mm d’épaisseur ; ils sont reliés par deux entretoises, d’avant et d’arrière, placées à la partie supérieure et sont solidement fixés sur la plaque de fondation par des boulons.
Chacun d’eux est relié par un tirant à la plaque d’appui de cuirassement de muraille.
On remarque sur les flasques : les rainures-guides circulaires au nombre de trois, l’arc gradué de pointage, sur le flasque droit de la pièce de droite et sur le flasque gauche de la pièce de gauche. La graduation est de deux en deux minutes.
Le réglage de la graduation se fait de la façon suivante : donner un certain angle à la pièce avec un niveau et régler la position de l’aiguille de pointage par de légers coups de marteau, de façon qu’elle indique le même angle que le niveau.

Le berceau, dont la forme générale est rappelée par le nom, est formé par deux demi-berceaux en acier moulé d’une seule pièce, réunis par huit boulons.
Chaque demi-berceau comprend :
Le flasque portant les coulisseaux qui s’engagent dans les rainures-guides des flasques de l’affût et le guide de cylindre de frein en bronze.
Le corps de berceau sur lequel on remarque la corne avant et la corne-arrière. Il est formé par deux plaques supérieure et inférieure réunies par une entretoise longitudinale.
La plaque supérieure porte deux glissières en bronze.
Les quatre entretoises circulaires, avant-supérieure et avant-inférieure, arrière-supérieure et arrière-inférieure.
La plaque d’assemblage des demi-berceaux qui porte la femelle du boulon de charnière de la crémaillère de pointage.
Les freins hydrauliques, deux pour chaque affût, ont pour objet de limiter le recul des canons, qui, grâce à eux, est sensiblement le même pour toutes les charges usuelles et sensiblement égal à 15 cm.
Chaque frein comprend :
Deux cylindres de frein, avant et arrière, à rainures de section variable, forés dans un même bloc d’acier dans lequel est creusé le logement de tourillon.
Ce bloc d’acier repose sur le berceau par l’intermédiaire de glissières en bronze et y est maintenu par les guides, en bronze, des flasques du berceau.
Les deux cylindres de frein sont en communication permanente et constituent ainsi une capacité de volume constant. Pour la visite et le remplissage des cylindres de frein un trou de remplissage est pratiqué sur la face supérieure du cylindre-avant.
Le remplissage des cylindres se fait en amenant le canon à l’angle de 22 degrés, dévissant la vis-bouchon et versant le liquide jusqu’à ce qu’il arrive au niveau de l’ouverture du trou de remplissage.
Les cylindres sont fermés par un fond de cylindre, en bronze, et un presse-étoupes, en bronze, de la forme générale.

Entre les cylindres de frein de chaque affût sont fixés, au moyen de boulons, deux demi-colliers en acier : avant et arrière, qui ont pour objet d’empêcher le canon de basculer sur ses tourillons et de venir s’appuyer par sa volée sur l’obturateur d’embrasure.
Deux pistons avant, arrière et leurs tiges. Les tiges des pistons sont fixées au corps de berceau chacune de son côté, de façon à permettre leur démontage.
Les susbandes, en acier, fixés par quatre vis sur le bloc d’acier des cylindres de frein.
Les ressorts de retour en batterie sont des ressorts en spirale du modèle des ressorts des tampons de wagon. Il y en a trois couples sur chaque tige-avant des cylindres de frein.
Ils sont comprimés pendant le recul entre la corne-avant du berceau et une traverse de compression qui coulisse sur la tige du piston et qui est réunie par ses extrémités aux cylindres de frein au moyen de deux tringles de compression.
Un empilage de rondelles de cuir et de rondelles en fer placé sur la tige du piston avant, entre le presse-étoupes et la corne du berceau, limite la détente des ressorts.
Le système de pointage en hauteur comprend :
Le treuil, la crémaillère, la chaîne de suspension du contrepoids, le contrepoids.
Le treuil se compose d’un volant de pointage à manivelle et à manettes. L’axe de ce volant, qui peut être immobilisé au moyen d’une vis-frein, porte un pignon qui engrène avec la grande roue dentée sur l’axe de laquelle est calé un pignon qui engrène avec un pignon de même diamètre calé sur l’axe du pignon de crémaillère.
La crémaillère en acier est réunie par des boulons-charnières, d’une part au berceau et d’autre part à l’extrémité de la chaîne de suspension du contrepoids.
La chaîne de suspension du contrepoids est une double chaîne de Gall. Elle passe de part et d’autre de la crémaillère sur les poulies qui sont montées sur l’axe du pignon de commande de la crémaillère, mais sont folles sur cet axe.
Le contre poids en fonte, en quatre parties maintenues ensemble par un gros boulon qui les traverse et auquel vient se fixer la chaîne de suspension.
Le contrepoids est placé dans l’intérieur du pivot de la tourelle. Il porte deux rainures dans lesquelles viennent s’engager deux cornières-guides fixées contre la paroi intérieure du pivot.
Son poids est calculé de façon à équilibrer sensiblement, au moins dans sa position moyenne, le système du berceau de l’affût et du canon.
Dans le pointage, il n’y a donc pour ainsi dire à vaincre que le frottement des coulisseaux du berceau dans leurs rainures-guides.
Un goujon d’arrêt placé immédiatement au-dessus de la frotte-support de verrous de batterie permet d’immobiliser le contrepoids à sa position supérieure au moment du besoin.
L’appareil de contrôle de départ des coups et de rentrée en batterie, un pour chaque affût, indique :
- 1° Que la pièce est partie.
- 2° Que la pièce est rentrée en batterie à un centimètre près.

Il comprend:
- Une pile dont le pôle positif est relié à la masse de la tourelle.
- Une sonnerie électrique (le timbre est différent pour les deux affûts).
- Une vis de contact isolée, portée par le berceau et reliée au pôle positif de la pile par l’intermédiaire de la sonnerie.
- Un levier double ou levier de sonnette porté également par le berceau. Sur l’une des branches est fixée une lame-ressort de contact. A l’extrémité de l’autre branche est fixée par une charnière une tige de manœuvre terminée par un bouton en bois et soumise à l’action d’un ressort à boudin.
- Une lame-ressort fixée sur la tranche arrière de l’un des cylindres de frein de l’affût.
Pointage de la tourelle Galopin
VAUBOURG Julie
Le pointage est indirect.
Le pointage en hauteur est donné par l’affût. On donne à la pièce des angles compris entre – 2°,5 et + 22° en agissant sur la crémaillère de pointage.
Le pointage en direction est donné par la tourelle au moyen de l’une des deux dispositions suivantes:
Premier cas.
Dans le fonctionnement de la tourelle comme tourelle a éclipse, on donne de grands déplacements angulaires au moyen du treuil placé à l’étage inférieur. Cet appareil fait tourner un grand pignon qui engrène sur une couronne dentée fixée au corps cylindrique.
Ce pignon est assez long pour ne jamais s’échapper de la couronne dentée dans ses mouvements verticaux.
Pour achever le pointage, on embraye sur l’arbre commandant le pignon un appareil de pointage placé à l’étage intermédiaire et donnant au moyen d’une vis sans fin de petits déplacements angulaires. On lit l’orientement sur une circulaire de pointage fixée au corps cylindrique et passant devant un index fixe.
On remarquera que l’embrayage de l’appareil de pointage se fait au moyen d’un plateau de friction.
On a choisi ce mode d’embrayage pour la raison suivante :
Si la tourelle reçoit un choc dont la direction ne rencontre pas son axe vertical, elle aura une tendance à tourner et le choc se transmettra finalement aux organes qui s’opposent à ce mouvement, c’est à-dire aux parties du grand pignon et de la couronne dentée qui sont en prise. Les surfaces en contact pourront être détériorées, si l’intensité du choc dépasse une certaine valeur. Grâce au plateau de friction, cet accident ne se produit pas, car cet appareil se desserre de lui-même avant que le choc devienne dangereux et la tourelle peut tourner librement.
On remarquera également que l’appareil de pointage est commandé par une vis sans fin. On a choisi ce mode de transmission parce qu’il n’est pas réversible.
Un choc modéré, comme celui produit par le tir d’un seul des canons, ne peut donc dépointer la tourelle.
Deuxième cas
Dans le fonctionnement de la tourelle comme tourelle tournante, c’est-à-dire quand l’éclipse n’a pas lieu après chaque salve, on dispose sur la circulaire graduée un commutateur et au-dessus de l’index de pointage une butée, qui communiquent le feu aux pièces comme dans la tourelle Mougin en fonte dure. On doit donc donner à la tourelle un mouvement de rotation continu.
Appareils de mise de feu de la tourelle Galopin modèle 1890.
Mise de feu par l’électricité.
Le feu est mis à la composition fulminante de l’étoupille par un fil de platine qui rougit au passage d’un courant électrique.
Il existe des étoupilles électriques à 2 fils et des étoupilles à 1 fil. Dans les premières, les deux extrémités du fil de platine sont réunies à 2 fils, dont les bouts libres peuvent être reliés aux 2 conducteurs d’un circuit électrique. Dans les secondes, l’une des extrémités du fil de platine est reliée à une tige centrale isolée qui sort au centre du culot de l’étoupille. L’autre extrémité du fil de platine est reliée au corps de l’étoupille. Le courant électrique arrive alors par le fil unique qu’on fixe à la tige centrale, et le retour du courant se fait par le corps de l’étoupille, le canon et la masse métallique de la tourelle.
Les appareils de mise de feu sont différents, suivant qu’on emploie l’un ou l’autre de ces modèles d’étoupille.
Détail de l’appareil de mise de feu pour l’étoupille à 2 fils.

L’appareil de mise de feu pour l’étoupille à 2 fils comprend :
Une pile, une boîte de résistance, les conducteurs fixes et les câbles souples, les commutateurs de verrou de batterie et le commutateur de cliquet, le tableau de mise de feu, et le commutateur de mise de feu par rotation.
Il comprend, en outre, l’appareil de sûreté dont chaque canon est muni et l’étoupille électrique.
Pile.
La pile est placée sur le plancher de la chambre de tir, contre la paroi du corps cylindrique et près du levier d’éclipse. Elle est formée par 12 éléments Leclanché-Godwin placés dans une boite.
Boîte de résistance.
Les pôles de la pile sont reliés aux 2 bornes d’une boîte de résistance de 1000 ohms, un commutateur est placé sur le trajet de l’un des fils.
Cette résistance a pour but d’amorcer la pile sans l’user sensiblement, il suffit, pour cela, de placer la cheville du commutateur entre les plots du commutateur un peu avant de commencer le tir. La cheville est retirée dès que le tir est terminé.
Conducteurs fixes et câbles souples.
Les conducteurs fixes, formés d’un fil de cuivre entouré d’une matière isolante, relient les pôles de la pile aux prises de courant des câbles souples. Ceux-ci, formés de fils de cuivre très fins tressés ensemble et recouverts d’une matière isolante, servent, comme il est expliqué plus loin, à réunir les conducteurs fixes aux bornes des appareils de sûreté des canons ou aux fils des étoupilles et, éventuellement, au commutateur de mise de feu par rotation.
Commutateurs de verrou de batterie et commutateur de cliquet.
Ces commutateurs, placés sur le trajet des conducteurs fixes, ont pour but de rompre le circuit et par suite d’empêcher la mise de feu toutes les fois que la tourelle n’est pas à sa position de batterie.
Les deux commutateurs de verrou de batterie, l’un sur le fil +, l’autre sur le fil -, sont formés chacun par une bande métallique polie, isolée et fixée sur l’un des verrous. Cette bande ferme le circuit lorsqu’elle s’appuie sur les deux bornes d’interruption de circuit placées sur le trajet du conducteur fixe, mais ce fait ne peut se produire que lorsque les verrous sont complètement fermés, c’est-à-dire lorsque la tourelle ne peut plus redescendre.
Le commutateur du cliquet est constitué d’une manière analogue, la plaque fixée sous le contrepoids du cliquet ne peut fermer le circuit, en venant s’appuyer sur les deux bornes d’interruption de circuit, que lorsque le cliquet est convenablement placé pour empêcher le récupérateur d’ouvrir les verrous de batterie.
Tableau de mise de feu.
Le tableau de mise de feu comporte 2 compartiments, devant lesquels coulisse un volet.
L’un des compartiments contient un commutateur et le bouton de mise de feu pour le tir en salve, l’autre les 2 boutons de mise de feu pour le tir par pièce.
Les dimensions du volet sont telles qu’il ne peut découvrir à la fois qu’un seul compartiment. Lorsqu’il est arrêté au milieu de sa course, il masque tous les boutons de mise de feu. En outre, lorsque la cheville du commutateur est en place, le volet ne peut pas démasquer les boutons de mise de feu par pièce.
Commutateur de mise de feu par rotation
Le commutateur de mise de feu par rotation comprend le curseur et la bande de frottement. Le curseur se fixe, au moyen d’une vis de pression, sur la circulaire et porte deux petites bornes à chacune desquelles est fixé un câble souple. Les extrémités libres des câbles souples sont terminées par des crochets qu’on accroche aux bornes de la prise de courant, après avoir enlevé la plaque métallique qui les relie. Ces bornes sont d’ailleurs disposées de telle manière que les crochets ne peuvent pas s’y adapter quand la plaque métallique n’est pas enlevée.
La bande de frottement est fixée sur une plaque isolante placée au-dessus de l’index de pointage. Cette plaque peut être légèrement déplacée à droite ou à gauche, de façon à éviter les déplacements du curseur.
Dans le mouvement de rotation, les bornes du curseur viennent à un certain moment s’appuyer sur la bande de frottement, le circuit se trouve alors fermé.
Appareils de sûreté.
Chaque canon est muni d’un appareil de sûreté dont les organes principaux sont :
- a) Un interrupteur double placé dans le levier-poignée et actionné par le levier de l’appareil obturateur de l’étoupille.
- b) Deux bornes fixées dans les frettes de la pièce, qui forment un second interrupteur double à l’aide de deux contacts en cuivre rouge placés à la partie inférieure du levier-poignée.
Cet appareil a pour but d’interrompre le courant toutes les fois que la culasse de la pièce ou l’appareil obturateur de l’étoupille ne sont pas complètement fermés.
L’appareil de sûreté des canons porte 2 bornes, dans lesquelles on engage les petites tiges tronconiques en cuivre qui terminent les câbles souples.
Étoupille électrique à 2 fils.
Les 2 fils de l’étoupille, enveloppés d’une matière isolante, se terminent par des manchons, au moyen desquels on peut mettre ces fils en communication avec l’appareil de sûreté du canon. Le levier poignée porte, à cet effet, 2 tiges qui peuvent être engagées dans les manchons de l’étoupille.
Manoeuvre de la tourelle

Fonctionnant comme tourelle à éclipse tirant à la volée.
Supposons la tourelle dans sa position d’éclipse et voyons ce qui doit se passer quand elle doit fonctionner comme tourelle à éclipse tirant à la volée.
On relève d’abord au moyen d’un cadre de relevage actionné par le treuil de manœuvre le contrepoids moteur et celui de déclanchement. Ceci fait, le premier agit effectivement sur la tige pendante, le second au contraire n’actionne pas le manchon à coins car il est supporté par le cliquet de retenue.
Pendant ce temps, on charge et on pointe les pièces. Tout est prêt alors pour la mise en batterie.
On la provoque en agissant sur le levier de lancement. Celui-ci fait tomber le cliquet de retenue. Le contrepoids de déclanchement agit alors à l’extrémité du balancier qui relève le manchon à coins. Celui-ci écarte les verrous d’éclipse, et la tourelle libérée monte en batterie sous l’action de ses deux contrepoids d’équilibre et du contrepoids moteur.
Lorsqu’elle est arrivée en haut de sa course, les verrous de batterie viennent en prise et la maintiennent dans cette position. Ce mouvement des verrous ferme un commutateur placé dans le circuit de mise de feu des pièces et les deux canons partent en même temps.
Ce résultat obtenu, il faut faire éclipser la tourelle au plus vite. On agit pour cela sur un levier dit levier d’éclipse disposé dans la chambre de tir et celui-ci, au moyen de l’appareil d’ouverture des verrous de batterie.
A ce moment, les deux contrepoids que nous avions remontés avec le cadre de relevage sont au bas de leur course et des butoirs convenablement disposés les ont dégagés, l’un du balancier, l’autre du levier à fourche.
La tourelle libérée de ses verrous redescend et vient s’accrocher aux verrous d’éclipse.
La durée de la manœuvre complète n’est que de 4,5 à 5 secondes.
Fonctionnant comme tourelle à éclipse tirant en décomposant
Le tir à la volée « dit le règlement sur la tourelle Galopin, » ne doit être employé qu’exceptionnellement, par exemple quand on est exposé à un tir très intense. Hors ce cas, on aura généralement intérêt à ne pas éclipser la tourelle immédiatement après le tir des canons, mais seulement après le commandement du Chef de tourelle.
Ce genre de tir est dit en décomposant. Il ne ralentit guère la vitesse de tir et donne une sécurité absolue contre les longs feux.
Fonctionnement comme tourelle tournante
On peut être amené à se servir de la tourelle Galopin comme tourelle simplement tournante, c’est-à-dire sans la faire éclipser après chaque coup, dans les cas suivants :
- 1° Lorsque l’ennemi ne tire pas sur la tourelle. On économise alors la montée au contrepoids moteur et on évite une manœuvre délicate.
- 2° Lorsque le cuirassement de la tourelle est tellement déformé par les projectiles que l’éclipse, même réduite, est impossible.
Le fonctionnement de la tourelle comme tourelle tournante se fait, ainsi que nous l’avons vu à propos du pointage des canons, en donnant à l’ensemble un mouvement de rotation continu. Mais ce mouvement est rendu très difficile par suite du frottement considérable des verrous de batterie sur la cuve de guidage.
Pour donner un tour en deux minutes, il faudrait employer 17 hommes sans soulager les verrous de batterie. Pour que le mouvement puisse être produit par les six hommes du treuil de rotation rapide, il faut soulever la tourelle de quelques millimètres de manière que les verrous de batterie ne soient plus en prise. On exécute cette manœuvre en agissant sur des poulies disposées au-dessus des balanciers d’équilibre.
Position d’éclipse.

La position de tir de la tourelle est fixée d’une manière invariable à quelques millimètres près. Il n’en est pas de même de la position d’éclipse : si le cuirassement de la tourelle est déformé par les projectiles et empêche l’éclipse complète, on peut élever la position d’éclipse : il suffit, en vissant plus ou moins la tige pendante dans la sellette, d’éloigner de cette pièce le renfort où s’appuient les verrous d’éclipse.
Réglage.
Pour que la tourelle fonctionne bien, il faut exécuter un certain nombre de réglages. Nous ne nous occuperons que de celui des contrepoids d’équilibre.
Ces contrepoids doivent être placés de telle façon que non seulement la tourelle puisse arriver à sa position de tir, mais encore qu’elle dépasse légèrement cette position. On est certain alors qu’un frottement accidentel n’empêchera pas la tourelle d’atteindre sa position en batterie. Le règlement sur le service de la tourelle fixe à 8 mm l’excès de course qu’elle doit normalement posséder. On voit que, dans ces conditions, la force vive de la partie mobile n’est pas vigoureusement nulle au moment de l’arrêt par les verrous de batterie, ainsi que nous l’avions admis jusque-là, toutefois cette perte de travail n’est pas considérable.
Eclairage et électrification des tourelles Galopin de 155 long modèle 1890
Eclairage à la bougie et au pétrole

L’éclairage des différentes parties de la tourelle est assuré par des lanternes à bougie et au pétrole placée aux différents niveaux à savoir :
Sous-sol.
- 1 lampe fixe à bougie du type lanternes de voiture, placées dans des supports à collier en arrière du contrepoids moteur.
Etage inférieur.
- Etage inférieur. 4 lampes à bougie fixes du type lanternes de voiture, placées dans des supports à collier réparties le long de la paroi circulaire.
Etage intermédiaire.
- 4 lampes fixes à bougie du type lanternes de voiture, placées dans des supports à collier réparties le long de la paroi et 1 lampe à bougie du type lanterne de voiture éclairant l’index d’orientation.
Chambre de tir.
- 4 lampes fixes à bougie du type lanternes de voiture, placées dans des supports à collier fixées à la paroi de la chambre de tir.
Sans emplacement
- 2 de rechange à bougie du type lanternes de voiture.
- 4 lanternes à main modèle 1898 portatives dont une de rechange.
L’éclairage électrique
Dans certains forts équipés d’une usine électrique, l’éclairage électrique des tourelles après 1912 est assuré grâce à 14 lampes qui sont réparties dans les différents niveaux de la tourelle. Les lanternes à bougie sont conservées en cas de défaillance de l’alimentation électrique.
Les lampes électriques sont placées en applique sur les supports actuels des lanternes à bougie. Elles sont munies dans ce but à leur partie inférieure d’une douille de même forme et de mêmes dimensions que les lanternes actuelles pouvant recevoir une ampoule de type courant de 10 bougies à filament de carbone et fixation à baïonnette.
Le circuit d’éclairage électrique de chaque tourelle comprend deux parties, l’une correspondant aux lampes fixes, l’autre aux lampes solidaires des parties mobiles. Ces deux parties étant reliées par un dispositif permettant le passage du courant des parties fixes aux parties mobiles. Dans certains ouvrages électrifiés par manque de temps, seule la partie fixe sera installée avant la Grande Guerre.
Parties fixes. 10 lampes ainsi réparties :
- Sous-sol. 1 lampe en arrière du contrepoids moteur.
- Etage inférieur. 4 lampes réparties le long de la paroi circulaire.
- Etage intermédiaire. 4 lampes réparties le long de la paroi et 1 lampe éclairant l’index d’orientation..
Parties mobiles. 4 lampes fixées à la paroi de la chambre de tir.
Dispositif de passage du courant des parties fixes aux parties mobiles. Le dispositif comprend deux cercles de contact fixés à l’intérieur du conduit circulaire de ventilation (étage intermédiaire) et deux frotteurs fixés sur la pièce mobile formant couvercle de ce conduit. Le Service local du Génie était chargé d’amener les fils de la partie fixe du circuit sous le plancher de l’étage intermédiaire à l’endroit où il est traversé par le tuyau de ventilation, en laissant un excédent de longueur de 1,5m en fil sous plomb.
Manoeuvre électrique de la tourelle Galopin de 155 long modèle 1890
Un projet de 1912, prévoyait d’électrifier certaines manœuvres de la tourelle, en installant un électromoteur de 7000 watts pour remplacer les hommes au treuil de manœuvre, en plaçant un électromoteur de 300 watts à chacun des monte-charges pour l’approvisionnement des munitions et en équipant le ventilateur d’un électromoteur de 300 watts pour faciliter l’aspiration des gaz de tir. Mais ce projet ne sera pas réalisé à la déclaration de guerre.
Installation et fabrication des tourelles Galopin doubles

Il y aura 5 tourelles construites par la firme Schneider. Elles sont toutes installées en Lorraine dans des forts d’arrêts. Quatre tourelles viendront doubler dans trois forts (Manonviller, Frouard et Pont Saint-Vincent) quatre vieilles Mougin déjà en place. La tourelle du fort d’Arches sera la dernière installée. Le coût de revient de cette tourelle est de 850.000 Frs, c’est quatre fois plus élevé qu’une tourelle Mougin.
Projet daté d’après 1890 non réalisé d’installation de tourelle Galopin de 155L
La tourelle Galopin modèle 1890 aurait dû être installée dans d’autres forts en France, mais elle sera remplacée par un modèle plus petit et surtout moins coûteux mis au point après 1900, la tourelle Galopin de 155R 07.

| Place forte | Forts ou ouvrages | Nombre | Date du projet |
|---|---|---|---|
| Verdun | Fort de Douaumont | 1 | 1900 |
| Verdun | Fort de Moulainville | 1 | 1900 |
| Verdun | Fort du Rozelier | 1 | 1900 |
| Toul | Fort de Lucey | 2 | 1900 |
| Epinal | Fort de Longchamp | 1 | 1900 |
| Epinal | Fort d’Uxegney | 1 | 1900 |
| Belfort | Fort du Bois d’Oye | 1 | 1900 |
| Belfort | Fort du Salbert | 1 | 1900 |
| Belfort | Fort de Roppe | 1 | 1900 |
| Bourg Saint-Maurice | Fort du Truc | 1 | 1890 |
| Bourg Saint-Maurice | Batterie de Vulmix | 1 | 1890 |
| Briançon | Fort du Janus | 1 | 1899 |
| Avancée de Nice | Fort du Barbonnet | 1 | 1899 |
Inventaire des tourelles Galopin modèle 1890

Tourelles fabriquées par la Compagnie Schneider dans les usines du Creusot
| N° de série de la tourelle | Site d’installation | Place forte | Construction | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|---|
| A | Fort de Manonviller | Trouée de Charmes | 1892-1894 | Endommagée par les combats d’aout 1914 et détruite volontairement par les allemands |
| B | Fort de Manonviller | Trouée de Charmes | 1892-1894 | Endommagée par les combats d’aout 1914 et détruite volontairement par les allemands |
| C | Batterie de l’Eperon | Trouée de Charmes | 1894-1895 | En place avec affûts et canons |
| D | Fort de Pont-Saint-Vincent | Trouée de Charmes | 1893-1896 | La tourelle ouvrira le feu en juin 1940, puis elle sera ferraillée par les allemands en 1943 |
| E | Fort d’Arches | Epinal | 1896-1897 | Ferraillée par les allemands en 1943 |
Epreuve du feu des tourelles Galopin modèle 1890
Dans le premier mois de la Grande Guerre, les tourelles du fort de Manonviller ouvriront le feu à plusieurs reprises, mais elles ne pourront pas atteindre les pièces de siège ennemies qui étaient hors de leur portée de tir. Les tourelles seront violemment bombardées pendant les 54 heures du bombardement du fort. A la fin de la bataille, la première tourelle A a subi plusieurs avaries, elle est bloquée par des morceaux de béton et la deuxième tourelle B reste opérationnelle. Dès la prise du fort, les Allemands saboteront les cuirassements avant de les faire exploser avec une importante quantité d’explosifs qui provoquera de gros cratères à la place des tourelles.
Pendant le reste de la Grande Guerre, les autres tourelles qui sont dans des ouvrages éloignés du front ne connaîtront pas l’épreuve du feu.
Il faudra attendre juin 1940, pour que la tourelle du fort de Pont-Saint-Vincent ouvre le feu sur les ponts de la Moselle. La tourelle du fort d’Arches ne sera pas utilisée car elle était bloquée à cause de la chaleur et du manque d’entretien, et celle de la batterie de l’Éperon n’a pas été utilisée.
Sur les 5 tourelles construites, seule la tourelle de la batterie de l’Éperon existe encore, elle est sur le point d’être restaurée par une association. Les autres tourelles ont été détruites volontairement par les allemands avant d’être féraillées.





