
La tourelle Galopin modèle 1907
pour un canon de 155 réduit
La tourelle Galopin modèle 1890, armée de deux canons de 155 long, est d’un prix de revient très élevé. On n’en a installé que cinq exemplaires sur la frontière de l’Est, il faut donc trouver un cuirassement aussi performant mais moins coûteux.
Ce travail est confié à la section technique du Génie qui propose en 1903, une tourelle à éclipse d’un coût moins élevé, gardant le principe de la tourelle Galopin modèle 1890. Elle est équipée d’un nouveau canon à tir rapide. Deux projets seront présentés avec 1 ou 2 pièces, ce qui ouvra une polémique jusqu’en 1905, où l’on donna un avis favorable à une tourelle équipée d’un seul canon. Il faudra attendre 1907 pour qu’elle soit reconnue et adoptée par l’armée.
A partir de 1907, on construit ces nouvelles tourelles qui sont d’un prix moins élevé, par suite de la substitution d’un canon de 155 raccourci au canon de 155 long. La nouvelle pièce étudiée spécialement pour la tourelle, possède les mêmes propriétés balistiques que l’ancienne, mais elle est beaucoup plus courte. La tourelle peut être plus petite et par suite moins coûteuse.
Notice sommaire sur la tourelle à éclipse pour un canon de 155R modèle 1907

La tourelle à éclipse pour un canon de 155 racourcci est destinée à protéger l’armement, en général assez restreint qui dans certain cas particulier peut être installé dans les ouvrages principaux en vue de l’action éloignée et qu’il conviendra de protéger jusqu’au dernier moment de la lutte. Elle peut aussi servir à constituer des batteries cuirassées en dehors des ouvrages.
La tourelle est à éclipse du système Galopin. Elle se compose d’un corps cylindrique en tôle d’acier constituant la chambre de tir surmonté d’une muraille verticale en acier demi dur de 30 cm d’épaisseur et recouvert d’une toiture sphérique en acier spécial de 30 cm d’épaisseur. La muraille et la toiture sont en outre doublés de tôle d’acier doux sur une épaisseur de 15 mm pour la première et de 30 mm pour la seconde. Le corps cylindrique est porté par un pivot tubulaire qui repose sur une sellette par l’intermédiaire de galets coniques. Cette sellette est elle-même supportée par deux bielles qui prennent chacune appuis à l’une des extrémités de deux balanciers placés à l’étage inférieur et disposés symétriquement dans un même plan vertical. Deux contre poids suspendus à l’autre extrémité équilibrent l’ensemble.
L’engin est installé dans un puits ménagé à l’intérieur d’un massif de béton armé. La partie supérieure du puits est protégée par une avant cuirasse moulée de 40 cm d’épaisseur moyenne. Le puits est partagé en deux étages intermédiaire et inférieur par un plancher métallique.
Deux guidages fixes assurent la verticalité de l’axe de la tourelle dans ces mouvements d’ascension et éclipse. Le guidage supérieur scellé dans la maçonnerie de l’avant cuirasse embrasse le corps de la tourelle. Le guidage inférieur fixé au plancher de l’étage intermédiaire embrasse le pivot.
Le système est retenu dans ses positions de batterie et éclipse au moyen de verrous dont la fermeture est automatique. Dans ces deux positions, la tourelle peut recevoir un double mouvement de rotation lent ou rapide.
La course verticale est de 55 cm. En position de batterie le sommet de la toiture est à un mètre au-dessus de l’avant cuirasse. Les cuirassements résistent aux effets des projectiles explosifs de gros calibres.
La tourelle est armée d’un canon à tir rapide de 155 raccourci modèle 1907 ayant une portée de tir de 7200 mètres. Il est équipé d’une culasse de type Canet, spécifique à la marine analogue à celle du canon de 240TR modèle 1903, afin d’être utilisé dans une tourelle où il n’y a pas beaucoup de place. La volée de la bouche à feu ne fait pas saillie hors du cuirassement de muraille et l’embrasure ménagée dans ce cuirassement est complètement obturée.
Le tir rapproché peut être exécuté soit en laissant la tourelle un certain temps en batterie, soit en l’éclipsant après chaque coup. La durée du mouvement d’éclipse (montée et descente) est inférieure à 5 secondes.
La tourelle est approvisionnée normalement à 2000 coups, mais les dimensions des magasins permettent éventuellement 3000 coups.
Améliorations de la tourelle Galopin modèle 1890 avec la tourelle modèle 1907


Les nouvelles tourelles Galopin de 155R 07 diffèrent des tourelles Galopin modèle 1890 sur les points suivants :
1° Il n’y a qu’un canon par engin cuirassé. Les tourelles à un canon présentent au point de vue de la facilité du service, et par suite au point de vue de la rapidité du tir, un certain avantage sur les tourelles à deux canons. De plus, le diamètre plus réduit de l’engin les rend moins vulnérables aux projectiles, tandis que la réduction du poids et la simplification du mécanisme qui en résulte diminuent les chances d’avarie à l’intérieur.
Par contre, la surface occupée par deux tourelles Galopin de 155R 07 à un canon est plus considérable que celle nécessaire a une tourelle unique armée de deux canons. Ces dernières seraient donc parfois plus aisées à installer dans un fort où l’espace est mesuré mais cet avantage n’existe pas, s’il s’agit de constituer des batteries cuirassées en dehors des points d’appui.
2° Le canon de 155 raccourci est muni d’une culasse avec percuteur mécanique. Il n’y a donc plus de mise de feu électrique, et cette cause de raté n’existe plus.
Dans le tir à la volée ou en decomposant, un servant fait partir la pièce à la main au moment voulu. Un dispositif de sécurité empêche cette manœuvre avant que les verrous de batterie ne soient en prise.
Quand la tourelle fonctionne comme tourelle simplement tournante, elle ne prend pas un mouvement de rotation continu. Ce mouvement offre moins d’avantages qu’autrefois, car les éclats des obus torpilles ne sont pas seulement à craindre du coté de la batterie d’attaque. Il n’y a pas lieu de s’occuper des coups directs, car s’ils étaient a craindre, on devrait éclipser la tourelle après chaque coup et non pas s’en servir comme tourelle simplement tournante. D’autre part, la rotation continue a l’inconvénient de limiter notablement la vitesse du tir.

3° Le canon employé est une piece à tir rapide tirant deux coups et demi par minute. Cette vitesse est plus considérable que celle permise par la nécessité de remonter le contrepoids moteur après chaque manoeuvre de la tourelle. Le règlement sur la tourelle Galopin modèle 1890 fixait l’intervalle entre deux salves à deux minutes. On aura donc intérêt, au point de vue de la rapidité du tir, à se servir de la tourelle comme tourelle simplement tournante, toutes les fois que le tir de l’ennemi le permettra.
4° Ce dernier mode d’emploi exige, dans la tourelle Galopin modèle 1890, une certaine manoeuvre pour soulever légèrement la coupole de manière à dégager les verrous de batterie.
On a cherché dans les nouveaux engins à éviter cette perte de temps. A cet effet, les verrous de batterie ne sont pas placés contre le pivot tubulaire, mais sont fixes et prennent appui sur un nouveau renfort de la tige pendante c’est-à-dire sur une pièce qui ne prend pas part au mouvement de rotation de la tourelle. Celle-ci peut tourner librement sans être gênée par le frottement des verrous sur la cuve de guidage
5° On a évité l’emploi du récupérateur dont le mécanisme est délicat. L’ouverture des verrous de batterie se fait au moyen d’un dispositif qui est commandé par un contrepoids maintenu par un cliquet que l’on abat en agissant sur le levier d’éclipse. Ce nouveau contrepoids est remonté par la tourelle elle-même dans son mouvement descendant.
6° Tous les organes de pointage sont réunis à l’étage intermédiaire. Le pointage en direction est le même que dans le type primitif.
Le pointage en hauteur se fait en donnant séparément l’angle de site et l’angle correspondant à la distance. Les servants placés dans la chambre de tir ne font qu’amener la pièce à sa position de chargement (manoeuvre indépendante du pointage),charger et faire partir le coup.
Grâce à ces dispositions, la surveillance du pointage est plus facile, le personnel dans la chambre de tir est moins nombreux et n’a plus à exécuter que des manoeuvres mécaniques.
7° L’obturateur d’embrasure a été modifié. On emploie un appareil qui peut être déformé sans que l’obturateur ait à souffrir
8° L’épaisseur du cuirassement de muraille a été réduite de 45 cm à 30 cm. Cette diminution est une conséquence de la réduction du diamètre de la tourelle et des améliorations que l’on a apporté à la nature du métal.

La fabrication de l’acier a en effet progressé considérablement depuis 1888.
- En 1889, l’usine de Montluçon parvient à fabriquer des blindages en acier contenant du chrome. Ce métal durcit l’acier comme le ferait le carbone mais sans le rendre aussi cassant. Vers la même époque cette usine imagine la trempe au plomb qui assure une grande homogénéité à l’acier et prévient la formation de tensions intérieures pouvant amener la rupture des cuirassements.
- En 1890, le Creusot présente au polygone d’Annapolis aux Etats-Unis une plaque en acier nickel qui l’emporte sur toutes les autres et dont l’absence de fragilité est très remarquée. Cet alliage est adopté bientôt par toutes les usines françaises.
- En 1892, l’usine de Saint-Chamond réussit à employer simultanément le chrome et le nickel.
- Quelques années apres, l’usine Krupp imagine un procédé spécial de traitement métallurgique qui prévient la formation des fentes dans les plaques d’acier. Ce procédé (ou d’autres analogues) s’est bientôt introduit dans toutes les usines françaises.
Ces différents perfectionnements appliqués à la fabrication de l’acier augmentent jusqu’à 30 cm la vitesse de perforation. Avec l’acier spécial mis au point après 1900, cette épaisseur n’est plus que de 11 cm.
Comme conséquence de toutes les modifications que nous venons d’indiquer, le poids de la partie mobile des nouvelles tourelles Galopin n’est plus que de 70 tonnes.
Prix de revient
La tourelle de 155 raccourci modèle 1907 coûte environ 300 000 francs pour les cuirassements et 200 000 francs pour les substructions au lieu des 850 000 francs pour une tourelle Galopin double modèle 1890.
Service de la tourelle Galopin de 155R 07

La tourelle est en principe commandée par un officier (commandant de tourelle) qui se tient pendant le tir dans un observatoire cuirassé relié à la tourelle par une communication acoustique ou téléphonique si l’observatoire se situe à plus de 70 mètres. Le personnel nécessaire au service comprend 19 hommes qui sont répartis en trois équipes, à savoir :
Equipe de chambre de tir (1 Sous-officier et 3 servants)
- 1 Brigadier, Chef de pièce. Il manœuvre le levier d’éclipse, surveille la manœuvre et les sécurités dans la chambre de tir et commande le feu.
- 1 tireur. Il ouvre et ferme la culasse, aide au chargement, de tir, met le feu et évacue les douilles tirées.
- 1 chargeur. Il reçoit les munitions et charge la pièce.
- 1 manœuvre. Il met la pièce en position de chargement et à la position de tir.
Equipe de l’étage intermédiaire (1 Sous-officier et 7 servants)
- 1 Maréchal des logis, Chef de tourelle. Il reçoit et transmet les ordres du Commandant de tourelle, commande et surveille la manœuvre.
- 1 pointeur. Il donne la hausse et l’angle de site.
- 1 pointeur-servant. Il donne la direction et manœuvre le levier de lancement.
- 1 déboucheur. Il débouche la fusée des obus à mitraille.
- 2 pourvoyeurs. Ils approvisionnent le débouchoir et le monte-charges.
- 2 manœuvres du monte-charges.
Equipe de l’étage inférieur (1 Sous-officier et 6 servants)
- 1 Brigadier, Chef d’équipe. Il embraie et débraie les mouvements de relevage et de rotation et surveille la manœuvre à l’étage inférieur.
- 4 manœuvres au treuil. Ils forment l’équipe de relevage et de rotation rapide.
- 2 auxiliaires. Ils manœuvrent le ventilateur.
Le personnel comprend en outre 2 canonniers chargés de la préparation des charges et de l’amorçage des obus explosifs, suivant les ordres du commandant de tourelle. Ces opérations sont effectuées dans les magasins de l’artillerie de la tourelle.
Notions générales sur le matériel de la tourelle Galopin de 155R modèle 1907
La tourelle à éclipse pour un canon de 155 raccourci comprend une partie mobile et une partie fixe.
Partie mobile.

La partie mobile comprend des organes ayant les uns un double mouvement de rotation et de translation verticale, les autres un mouvement de translation verticale seulement.
Les organes participant aux mouvements de rotation et de translation verticale sont le corps cylindrique et le pivot.
Le corps cylindrique, dont l’intérieur forme chambre de tir, supporte les cuirassements de toiture et de muraille, il renferme le canon, l’affût, le levier d’éclipse. Il porte extérieurement une couronne dentée qui, engrenant avec un long pignon commandé par un treuil fixe, permet d’imprimer le mouvement de rotation à la tourelle.
Le pivot est assemblé à sa partie inférieure avec le lisoir ou chemin supérieur de roulement. Les organes qui ne peuvent prendre qu’un mouvement de translation verticale sont la sellette ou chemin inférieur de roulement et la tige pendante. La rotation s’exécute sur une couronne de galets coniques interposés entre la sellette et le lisoir.
Sur la tige pendante coulissent les manchons à coins inférieur et supérieur. Cette tige présente deux épaulements inférieurs et deux épaulements supérieurs. La sellette repose sur deux bielles de soulèvement articulées chacune à l’extrémité d’un des deux balanciers d’équilibre.

Les mouvements de rotation, de mise en batterie et d’éclipse sont commandés à l’aide d’organes fixés sur le bâti, à savoir :
1º) Les verrous de batterie, servant à retenir la tourelle dans sa position de batterie. Ces verrous se ferment automatiquement en prenant appui sur les épaulements supérieurs de la tige pendante, ils sont ouverts par le manchon à coins supérieur.
2°) Les verrous d’éclipse, servant à retenir la tourelle dans sa position d’éclipse. Ces verrous se ferment automatiquement en prenant appui sur les épaulements inférieurs de la tige pendante, ils sont ouverts par le manchon à coins inférieur.
3°) L’appareil de soulèvement et d’éclipse comprenant :
- a) Les deux balanciers d’équilibre, roulant sur des supports à semelles planes et réglés de manière à faire équilibre à la tourelle. Ils sont articulés à la sellette par l’intermédiaire des bielles de soulèvement et oscillent dans un plan vertical perpendiculaire au plan d’oscillation des leviers moteurs et du levier de déclenchement.
- b) L’appareil moteur, dont l’action s’ajoutant à celle des balanciers d’équilibre permet à la tourelle éclipsée de remonter à sa position de batterie.
- c) L’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse, commandé de l’étage intermédiaire par le levier de lancement. Il assure le dégagement des verrous d’éclipse et provoque le lancement de la tourelle, c’est à dire le mouvement ascensionnel par lequel elle se met en batterie.
- d) L’appareil d’ouverture des verrous de batterie, commandé de la chambre de tir par le levier d’éclipse. Il assure le dégagement des verrous de batterie et provoque l’éclipse de la tourelle, c’est à dire le mouvement de descente qui permet de masquer l’embrasure.
A chacun de ces organes correspond un certain nombre de contrepoids, de cliquets et de heurtoirs, qui en provoquent ou en arrêtent le mouvement.
- e) Un treuil, qui sert à armer l’appareil moteur et l’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse par l’intermédiaire d’un cadre de relevage. Un embrayage permet d’utiliser ce treuil pour donner un mouvement de rotation rapide à la tourelle.
- f) Un appareil enregistreur des excès de course.
4°) L’appareil de pointage en direction, permettant de terminer par un mouvement lent le pointage en direction de la tourelle commencé à l’aide du treuil de relevage.
Partie fixe.

La tourelle est installée dans un puits ménagé au milieu d’un massif de béton. La partie supérieure du puits est protégée par une avant cuirasse ou anneau fixe en acier , noyée dans du béton armé.
Deux guidages fixes assurent la verticalité de l’axe de la tourelle dans ses mouvements d’ascension ou d’éclipse.
Disposition intérieure du puits.

A la partie supérieure du puits, une galerie forme un passage sous l’avant cuirasse. On utilise ce passage pour aller dégager les éclats ou objets accidentellement coincés entre la tourelle et l’avant cuirasse, pour procéder à l’entretien des guidages, et pour accéder à l’embrasure quand la tourelle est éclipsée. Au-dessous se trouve le logement cylindrique dans lequel prend place le corps de la tourelle.
Le puits est partagé en deux étages, intermédiaire et inférieur, par un plancher métallique.
- L’étage intermédiaire ou chambre de pointage contient le pivot de la tourelle, les appareils de pointage en direction et en hauteur et le levier de mise en batterie.
- L’étage inférieur ou chambre de manœuvre, avec sous-sol, renferme les appareils de soulèvement et d’éclipse, l’appareil de commande du mouvement de rotation rapide et le ventilateur.
Autour de la partie inférieure du puits et communiquant avec lui, règne une galerie circulaire où sont aménagés différents locaux : poste, magasin aux projectiles, niche aux agrès, niche pour le canon de rechange. D’autres locaux sont aménagés à proximité de la tourelle : magasins aux projectiles complémentaires, magasins aux gargousses, atelier d’amorçage des obus, atelier de modification des charges, niches aux détonateurs et accessoires, débarras.
Locaux et organes accessoires des étages intermédiaire et inférieur.

De la galerie circulaire de l’étage inférieur, on accède à l’étage intermédiaire par un escalier en fer, l’étage intermédiaire communique avec la chambre de tir au moyen d’une échelle verticale en fer appliquée contre le pivot, et avec le passage sous l’avant cuirasse par une porte à charnières à laquelle on accède au moyen d’une échelle en fer disposée dans une cheminée verticale ménagée dans le massif de béton.
Deux trappes et deux échelles verticales, en fer, permettent de descendre de l’étage inférieur dans le sous-sol.
Un dépôt de munitions est organisé à l’étage intermédiaire, il comprend quatre niches ménagées sur le pourtour des maçonneries. Les munitions y sont amenées depuis l’étage inférieur au moyen d’un monte charges à double benne fixe. Du dépôt de l’étage intermédiaire, les munitions arrivent à la chambre de tir au moyen d’un monte charges simple fixé au pivot. Une cinquième niche, à l’opposé du palier qui donne accès à l’étage intermédiaire, est aménagée pour l’installation du débouchoir et de son support.
L’assainissement de la chambre de tir est assuré par un ventilateur placé à l’étage inférieur. Le ventilateur aspire l’air vicié au-dessus de la culasse du canon et le rejette dans une conduite d’évacuation ménagée sous le dallage de la galerie d’accès.
Un dispositif spécial sert à monter le canon de l’étage inférieur sur l’affût et à le redescendre.
Communication à l’intérieur de la tourelle

Les communications à l’intérieur de la tourelle s’effectuent par tube acoustique, à savoir :
- L’étage intermédiaire est mis en communication avec la chambre de tir par 2 porte-voix avec l’étage inférieur, par 1 porte voix avec l’observatoire cuirassé de la tourelle, si la tourelle est isolée, ou par 1 porte voix avec le poste du Commandant de batterie si la tourelle fait partie d’une batterie cuirassée (ou par téléphone, si la distance est supérieure à 70 mètres).

- Les porte-voix sont reliés chacun par des tuyaux acoustiques aboutissant depuis l’étage intermédiaire dans la chambre de tir, l’un à une embouchure placée près du pointeur, l’autre à une embouchure placée près du chef de pièce.
- Le porte-voix assurant la communication avec l’étage inférieur par un tuyau acoustique débouche dans un pavillon fixé sur le mur près du treuil de manoeuvre.
Artillerie de la tourelle Galopin de 155R 07.

L’artillerie de la tourelle comprend une pièce de 155 raccourci modèle 1907 sur un affût spécial. La mise de feu se fait par percussion.
L’affût se compose d’un bâti et d’un berceau qui participe avec le canon au déplacement nécessité par le pointage en hauteur. Le recul est limité par des freins hydrauliques au nombre de deux. Le retour en batterie est provoqué par des ressorts de retour en batterie et amorti par deux freins hydrauliques dits « freins de retour en batterie ».
Le déplacement de la pièce en hauteur se fait par rotation de l’ensemble canon-berceau autour de la bouche de la pièce engagée dans l’alvéole d’embrasure. Un mécanisme, manœuvré de la chambre de tir, permet, soit de rendre la pièce indépendante du système de pointage en hauteur pour l’amener à sa position de chargement, soit d’enclencher la pièce avec le système de pointage en hauteur pour la faire passer rapidement de la position de chargement à la position de tir. La hausse et l’angle de site sont donnés au moyen d’un mécanisme spécial, manœuvré de l’étage intermédiaire.
Un contrepoids en fonte, relié par un système de poulie, de bielle et de chaîne à l’ensemble du canon et du berceau, équilibre cet ensemble pendant les déplacements de la pièce en hauteur.
Le pointage en direction est obtenu par rotation de la tourelle au moyen des organes déjà signalés.
Bouche à feu

VAUBOURG Cédric
Canon. Le canon du calibre de 155mm, se compose d’un tube fretté et d’un écrou de culasse. Une frette d’attelage, vissée sur la frette de culasse, sert à relier le canon aux tiges des pistons des freins de recul et aux tiges des ressorts de retour en batterie.
Les deux frettes de renfort arrière portent deux nervures ou côtes qui s’engagent dans des rainures correspondantes du berceau, de manière à fixer la position du canon dans le berceau et à le guider pendant les mouvements de recul et de retour en batterie.

La frette d’attelage est arrêtée à sa position de façon que, les tiges des freins étant dans un plan horizontal, l’axe des tourillons du bloc de culasse soit incliné de 32° sur l’horizontale. Cette disposition a été adoptée pour faciliter la mise en place du système de mise de feu.
Culasse. La culasse du type Canet est à filets concentriques. Elle comprend : le bloc de culasse, l’appareil de percussion et l’extracteur.
Le bloc de culasse a la forme générale d’une demi-sphère coupée par deux plans latéraux perpendiculaires au plan de base.

Les deux plans latéraux présentent une série de filets concentriques qui s’engagent dans des filets analogues, portés par l’écrou de culasse. Une échancrure demi-cylindrique, pratiquée dans le plan de base, prolonge la chambre lorsque la culasse est ouverte, et forme ainsi planchette de chargement. Au milieu de la partie sphérique débouche le trou de percuteur.
Le bloc est supporté par deux tourillons reposant dans des logements ad hoc, pratiqués dans l’écrou et dans la frette de culasse.

Le tourillon droit porte une manivelle, formant poignée. Dans la manivelle sont logés les organes de sécurité contre les longs feux, le linguet, avec son ressort, et le verrou, avec son ressort. Le tourillon gauche porte un butoir élastique formé d’un bâti et d’un piston avec son ressort.

L’appareil de percussion comprend :
- le percuteur, avec son ressort, et le marteau, avec son axe et son ressort d’axe, portés par le bloc de culasse.
- le piston de percussion, avec son ressort, et la came d’armement, actionnée par une manivelle, ces deux organes sont fixés sur un support en bronze solidaire du berceau.
La came est munie d’une rampe d’armement, susceptible de venir en prise avec un tenon qui termine le piston de percussion à l’avant. Elle porte elle-même un tenon destiné à limiter, le cas échéant, sa rotation par butée contre un tenon de sûreté faisant partie intégrante d’une réglette qui peut coulisser dans une rainure du support de mise de feu et dont la position varie suivant que le canon est enclenché ou non avec le système de pointage en hauteur et que la tourelle est en position d’éclipse ou de batterie. Cette disposition a pour but d’empêcher, la mise de feu tant que le pointage en hauteur n’est pas achevé et tant que la tourelle n’est pas en position de batterie.
L’extracteur est formé de 2 branches identiques, mobiles autour d’un axe parallèle aux tourillons et comportant chacune une griffe, un talon et un ressort plat, qui tend à les décoller de leur logement dans la tranche arrière du tube.

Fonctionnement. La culasse étant fermée, la partie sphérique du bloc est au contact du culot de la douille, le talon du linguet est engagé dans une mortaise pratiquée dans la frette d’attelage. Le verrou est poussé à fond vers l’avant et son bec prend appui sur la face supérieure d’un goujon de verrou, porté par la frette d’attelage. Le bec du levier de verrou, porté par le support de mise de feu, est soulevé par le verrou, le ressort du piston du butoir élastique est débandé.
Pour mettre le feu, on tire légèrement vers soi la manivelle de la came pour la dégager de son arrêt et on la fait tourner d’un tour complet dans le sens des aiguilles d’une montre, la rampe d’armement de la came accroche au passage le tenon du levier de percussion et l’entraîne vers l’avant en comprimant son ressort. Vers la fin du mouvement, le tenon échappe à la rampe et le ressort, en se détendant, provoque la percussion du levier contre le talon du marteau, qui, oscillant autour de son axe, frappe lui-même le percuteur. Le marteau et le percuteur reprennent ensuite leur position initiale, sous l’action de leurs ressorts.
Lorsque le coup part, le verrou, entraîné avec la manivelle par le canon, abandonne le goujon, sur lequel le levier de verrou sollicité par son ressort, vient prendre sa place. A ce moment la culasse n’est plus maintenue fermée que par le linguet. Le canon rentrant en batterie, le verrou, dont le bec se présente normalement au levier de verrou, ne peut soulever celui-ci et reste en arrière du goujon, son ressort bandé. Il suffit alors de dégager le talon du linguet de sa mortaise, par une simple pression sur le poussoir, pour pouvoir, ouvrir la culasse en appuyant sur la manivelle.
Lorsqu’on abaisse la manivelle, la culasse tourne autour de son axe, guidée par les filets concentriques. Dans ce mouvement, les rampes portées par la partie sphérique appuient sur les talons de l’extracteur et le font basculer : les griffes de l’extracteur se portent en arrière, décollant et entraînant avec elles la douille, qui est éjectée si le mouvement d’ouverture est exécuté avec vigueur.
A la fin du mouvement, les talons de l’extracteur accrochent la partie antérieure de l’échancrure du bloc et maintiennent la culasse ouverte. Le mouvement d’ouverture de la culasse amène le piston du butoir élastique au contact d’une butée fixe sur laquelle il prend appui en comprimant son ressort.
Lorsqu’on charge la pièce, l’introduction de la douille provoque, par pression de son bourrelet sur les griffes de l’extracteur, le basculement de cet organe vers l’avant. Les talons de l’extracteur cessant d’accrocher la culasse, celle-ci est libérée et commence aussitôt son mouvement de fermeture sous l’action du ressort du butoir élastique, ce mouvement est achevé à la main, en relevant la manivelle. A la fin du mouvement, le talon du linguet rentre dans sa mortaise et le bec du verrou, soulevant le levier de verrou, reprend, sous l’action de son ressort, sa place sur le goujon.
Lorsqu’on ne charge pas la pièce, on repousse à la main les griffes des extracteurs en appuyant en même temps sur les manivelles pour le décrochage des talons.
Affût.

L’affut permet au canon de prendre les inclinaisons voulues, en pivotant autour de l’axe horizontal de l’alvéole d’embrasure.
Il comprend : le bâti, le berceau, les freins de recul, les ressorts et les freins de retour en batterie, le système de pointage en hauteur.
Bâti. Le bâti est constitué par une plaque de fondation et deux flasques.
- La plaque de fondation est en acier moulé. Elle est boulonnée sur le plancher de la chambre de tir.
- Les flasques sont en acier moulé, ils sont entretoisés à la partie supérieure et solidement fixés sur la plaque de fondation par des boulons. Chacun d’eux est relié par un tirant en acier laminé à la platebande d’appui du cuirassement de muraille. On remarque à l’avant des flasques les portées circulaires dressées qui servent d’appuis aux patins du berceau.

Berceau. Le berceau est en acier moulé, il supporte le canon qui recule suivant son axe. Il comprend 3 parties assemblées entre elles : le corps de berceau, le manchon à rotule et le chapeau.
- Le corps de berceau est muni latéralement dans sa partie moyenne de deux patins qui prennent appui sur les flasques et transmettent à ces derniers les efforts de recul. Il porte latéralement, venus de fonte, les logements des cylindres des freins de recul et à sa partie inférieure, trois nervures transversales.
- Le manchon à rotule prolonge à l’avant le corps de berceau, la rotule sphérique qui le termine est logée dans une alvéole du cuirassement de muraille qui constitue l’embrasure. Un évidement cylindrique pratiqué dans cette rotule constitue le guidage avant du canon. Aux extrémités du diamètre horizontal de la rotule perpendiculaire à l’axe de la bouche à feu sont aménagés deux logements dans chacun desquels s’engage un tourillon porté par un montant vertical, monté lui-même sur un bâti-support solidaire du corps de tourelle. Ces deux tourillons constituent l’axe d’oscillation du manchon à rotule. Dans une rainure de l’alvéole d’embrasure est disposé un anneau obturateur, en bronze, à l’intérieur duquel se déplace la rotule dans son mouvement d’oscillation. Ce dispositif réalise l’obturation de l’embrasure sans faire perdre au berceau le contact des flasques.
- Le chapeau recouvre la partie arrière du corps de berceau avec laquelle il constitue le guidage arrière du canon. Sur le côté droit du chapeau est ménagé le support de l’appareil de mise de feu.

Les surfaces d’appui du canon dans ses guidages avant et arrière sont munies de garnitures en bronze formant glissières. Deux rainures ménagées sur la glissière arrière servent de guides à 2 côtés diamétralement opposées, disposées sur le renfort du canon de façon à l’empêcher de tourner autour de son axe pendant le recul.
Freins de recul. Les freins de recul, au nombre de 2 placés symétriquement par rapport à l’axe du berceau, sont des freins hydrauliques à résistance constante. Le liquide employé est l’huile oléonaphte. L’amplitude normale maximum du recul est de 290mm.

Chaque frein comprend :
Un corps de frein, en acier forgé, solidaire du berceau, et un piston en bronze, dont la tige, en acier forgé, fixée à la frette du récupérateur comprime les ressorts. Le piston mobile s’applique par inertie contre l’épaulement de la contre tige du frein de retour en batterie et les orifices ouverts n’opposent qu’une résistance insignifiante au passage du liquide. Lorsque la pièce rentre en batterie sous l’action des ressorts, le piston mobile vient s’appliquer au contraire contre l’épaulement de la tige de frein, qui bouche les orifices. Le liquide ne peut plus dès lors circuler que par les rainures du piston mobile, la résistance à l’écoulement ralentit et amortit le mouvement.
Système de pointage en hauteur. Le système de pointage en hauteur comporte deux mécanismes distincts :
- le mécanisme d’inclinaison rapide du canon, manœuvré de la chambre de tir.
- le mécanisme de hausse et de site, manœuvré de l’étage intermédiaire. Un dispositif d’enclanchement permet soit de relier la pièce au mécanisme de hausse et de site soit de l’en rendre indépendante.

Le mécanisme d’inclinaison rapide du canon comprend :
- 1°) Le treuil de manœuvre qui se compose d’un volant à manivelle disposé sur le côté extérieur du flasque gauche de l’affut actionnant par l’intermédiaire d’un système d’engrenages une poulie calée sur un arbre horizontal.
- 2) La bielle support de berceau qui est articulée à son extrémité supérieure au-dessous du corps de berceau. Son extrémité supérieure sert d’attache à une chaine de Galle (chaîne de suspension du contrepoids), reposant sur la poulie de l’arbre du treuil, à laquelle elle est fixée en un de ses points et supportant le contrepoids d’équilibre du canon.
- 3°) Le contrepoids en fonte, d’une seule pièce qui se déplace à l’intérieur du pivot. Il porte deux rainures verticales dans lesquelles viennent s’engager deux cornières guides fixées sur la paroi intérieure du pivot. Son poids est calculé de façon à équilibrer dans sa position moyenne le système du berceau et du canon. Dans le pointage, il n’y a donc pour ainsi dire à vaincre que le frottement des patins du berceau sur les flasques. Le contrepoids porte à sa partie inférieure deux taquets d’arrêt articulés qui servent à l’immobiliser à sa position supérieure, au moment du besoin. Ces taquets prennent alors appui sur les têtes de vis verticales fixées à la paroi intérieure du pivot, à l’aide desquelles on peut régler la hauteur du plan d’appui.
- 4°) Le verrou de chargement, placé sur le flasque gauche de l’affût est destiné à immobiliser automatiquement le berceau à l’angle de 10º (position de chargement).
- 5°) L’index et le repère de chargement portés, le premier par le berceau, le second, par le flasque gauche de l’affut, et indiquant par leur coïncidence que la pièce est exactement à la position de chargement.

Le mécanisme de hausse et de site comprend :
1º) Le bâti fixé au pivot de la tourelle et portant, d’une part le support des arcs gradués de site et de hausse, d’autre part le support tourillons de la vis de pointage, et de son volant de commande.
2°) Les arcs gradués de sites et de hausse constitués par des bandes circulaires en maillechort.
L’arc de sites est fixé sur un coulisseau qui peut se déplacer dans une rainure circulaire du support. La graduation en millièmes est disposée du côté de la tranche convexe. Un index, se déplaçant sur une rainure circulaire du coulisseau, le long de la tranche concave, peut être immobilisé par une vis de pression vis à vis de la graduation convenable.
Les arcs de hausse sont au nombre de 6, correspondant respectivement à l’emploi de l’obus allongé ou de l’obus à mitraille avec l’une des 3 charges réglementaires.

Chaque arc peut être fixé sur son support à côté de l’arc de sites, au moyen d’une vis pénétrant dans un œil ménagé à sa partie supérieure. On peut l’enlever en le faisant coulisser légèrement vers le haut, après avoir desserré suffisamment la vis. La graduation en portées, est disposée du côté de la tranche concave, un index se déplaçant dans une rainure circulaire du support, le long de la tranche convexe, peut être immobilisé par une vis de pression vis à vis de la graduation convenable.
3º) La vis de pointage constituée par une tige filetée à sa partie inférieure. Elle est actionnée par le volant de pointage en hauteur par l’intermédiaire de deux pignons d’angle et se place dans le support oscillant formant écrou. La tige se termine à sa partie supérieure par une fourche dont les deux branches sont reliées par un arbre horizontal.
4°) La bielle de pointage, prolongeant la tige de la vis de pointage, est articulée à sa partie inférieure sur l’arbre horizontal de la fourche. Elle porte deux rainures longitudinales, interrompues chacune à la partie supérieure par une saillie à laquelle elles se raccordent par 2 rampes symétriques. Un évidement cylindrique est ménagé dans la partie médiane de la bielle entre les rainures.
5) Les deux leviers coudés, identiques, articulés à l’horizontal de leurs extrémités sur l’arbre de la fourche, de part et d’autre de la bielle de pointage, et à l’autre extrémité sur un arbre horizon tel disposé sur un support fixé à la paroi de la chambre de tir. L’un de ces leviers est relié par une bielle au coulisseau de l’arc de site, de telle sorte que tout mouvement donné à la vis de pointage entraine le déplacement de l’arc de site.

6) L’indicateur de pointage, constitué par un arc en laiton fixé sur le côté gauche du berceau, portant un repère de part à d’autre duquel sont inscrites les indications « Monter, » et « Descendre, » et par une aiguille pivotant autour d’un axe fixé à la partie inférieure du berceau et reliée par bielle et manivelle aux leviers coudés. La pointe de l’aiguille coïncide approximativement avec le repère quand le berceau est enclenché avec le mécanisme de hausse et de site. Sa position indique le sens dans lequel il convient d’actionner le volant à manivelle pour amener le canon à la position de tir quand le pointage en hauteur est terminé à l’étage intermédiaire.
Le dispositif d’enclenchement comprend :
1) La glissière en bronze articulée à son extrémité supérieure au-dessous du corps de berceau et dans laquelle coulisse la bielle de pointage.
2) Le verrou d’enclanchement au berceau à la position de tir disposé dans un logement venu de fonderie à la partie inférieure de la glissière.
Sous l’action d’un ressort antagoniste, ce verrou pénètre automatiquement dans l’évidement cylindrique de la bielle de pointage, quand cet évidement vient se placer vis à vis. Il peut en être dégagé à l’aide d’un système de bielles et manivelles articulées à la queue du verrou et actionnées d’autre part par l’intermédiaire d’un levier à galet prenant appui sur un guide circulaire porté par un levier courbe. Ce levier disposé sur le flasque gauche de l’affût est muni d’une manette à sa partie inférieure et peut être soulevé légèrement en pivotant à sa partie supérieure autour d’un axe solidaire du flasque. Au-dessous de l’axe d’articulation, le levier porte un taquet dont le bec peut s’engager entre le flasque et le talon de la poignée du verrou de chargement.
3°) L’amortisseur destiné à supprimer toute oscillation du canon au moment où le verrou d’enclanchement pénètre dans son logement, et à assurer par suite l’invariabilité de l’angle de tir. Il est fixé à la partie supérieure de la glissière, il comprend 2 cylindres superposés communiquant entre eux et remplis d’huile. Dans le cylindre supérieur se déplace un piston plein relié par un levier à came et deux bielles à un taquet à 2 branches, dont les extrémités se déplacent le long des rainures longitudinales de la bielle de pointage. Dans le cylindre inférieur se trouve un piston à ressort. Le cylindre supérieur communique avec le cylindre inférieur d’une part, par un évidement rectiligne de très faible section ménagé sur la surface du piston plein, évidement qui se prolonge jusqu’à un orifice pratiqué dans la paroi du cylindre et communiquant avec le canal de remplissage du cylindre inférieur, d’autre part, par un orifice partiellement obturé par une bille.

Fonctionnement du système de pointage en hauteur. Quand le verrou d’enclanchement pénètre dans l’évidement de la bielle de pointage, le berceau est solidaire du mécanisme de hausse et de site. Pour rendre le berceau indépendant de ce mécanisme, on soulève légèrement le levier courbe en agissant sur sa manette. Ce soulèvement actionne le levier à galet, par l’intermédiaire du guide circulaire, et provoque par l’intermédiaire des renvois le dégagement du verrou d’enclanchement. Le berceau peut alors être amené à la position de chargement.
En même temps, le bec du taquet du levier courbe est dégagé et le verrou de chargement se porte en avant sous l’action de son ressort pour enclencher le berceau quand ce dernier arrive à la position de chargement. Le bec du taquet du levier courbe s’appuie alors contre le talon du verrou de chargement, et maintient le levier courbe soulevé. Pour ramener le berceau à sa position primitive, on tire à soi la poignée du verrou de chargement, ce verrou est dégagé et le berceau libéré. Le bec du taquet du levier courbe s’engage alors entre le flasque et le talon du verrou de chargement, empêche ce dernier de se porter en avant. Le berceau est ainsi libèré. On actionne ensuite le volant à manivelle dans le sens indiqué par l’indicateur de pointage. Le verrou d’enclanchement du berceau à la position de tir glisse le long de la bielle de pointage, lorsqu’il arrive à proximité de son logement, les deux branches du taquet de l’amortisseur sont repoussées par l’une des rampes, ce mouvement est transmis par les bielles et le levier à came au piston plein qui s’enfonce dans le cylindre supérieur en chassant l’huile par son évidement dans le cylindre inférieur. Cet évidement ne laissant passer que très difficilement le liquide, la résistance qui en résulte amortit le mouvement jusqu’à ce que le verrou tombe dans son logement. Le liquide chassé dans le cylindre inférieur provoque le déplacement du piston de ce cylindre et la compression, de son ressort.
Lorsque le berceau est de nouveau rendu indépendant du mécanisme de hausse et de site, on agit sur le volant à manivelle du mécanisme d’inclinaison rapide ou sur le volant de pointage, les deux branches de l’amortisseur quittent les saillies de la bielle, le ressort du piston du cylindre inférieur déplace se piston vers l’avant et repousse l’huile dans le cylindre inférieur en soulevant la bille, le piston plein est déplacé vers l’arrière et par les renvois repousse les branches du taquet dans les rainures longitudinales de la bielle de pointage.
Dans le pointage, l’index de hausse reste immobile sur l’arc de hausse également fixe, tandis que l’index de site est entrainé avec l’arc de site. C’est au moment où les 2 index sont placés vis à vis que la bielle de pointage occupe la position voulue pour que le berceau étant enclenché avec elle, la pièce ait l’inclinaison correspondant à le hausse et à l’angle de site ordonnés, inclinaison qui peut varier de -2°30 + 20°.
Appareil de démontage du canon

D’après la notice descriptive de 1912 de la tourelle Galopin de 155R 07. VAUBOURG Cédric
Les appareils et agrès nécessaires pour effectuer l’armement et le désarmement de la tourelle comprennent : le mécanisme du treuil, les organes fixes et les agrès mobiles.
Le mécanisme du treuil est placé à l’étage intermédiaire, il est constitué par les organes suivants :
L’arbre à manivelles en acier forgé porté par deux paliers en fonte fixés au pivot de la tourelle et sur lequel est calé un pignon conique en bronze. Une manivelle peut être fixée à chaque extrémité.
L’arbre vertical à vis sans fin en acier forgé porté par trois paliers fixés au pivot de la tourelle (1 à la partie inférieure et 2 à la partie supérieure de l’arbre). L’extrémité inférieure de l’arbre porte un pignon conique en acier forgé qui engrène avec celui de l’arbre à manivelles. A l’extrémité supérieure est calée une vis sans fin en acier forgé. Les deux paliers supérieurs font partie d’un même support en acier moulé. Ils sont situés de part et d’autre de la vis sans fin. L’arbre horizontal à barbotins en acier forgé porté par trois paliers en fonte fixés au-dessous du plancher de la chambre de tir. Sur cet arbre sont calés une roue en bronze à denture hélicoïdale qui reçoit son mouvement de la vis sans fin et deux noix à empreintes en fonte. La partie inférieure de la roue dentée plonge constamment dans un bain d’huile (Une cuvette à huile en tôle d’acier est disposée à cet effet au-dessous de la roue.) Les chaînes du treuil sont maintenues en prise avec les noix au moyen de quatre poulies à gorge en fonte disposées deux à deux en avant et au-dessous de chaque noix sur des axes fixés au palier correspondant de l’arbre à barbotins. Un chapeau à profil en forme de U est en outre fixé sur chaque palier de façon à compléter le guidage de chaque chaîne dans l’intervalle des deux poulies.

Les organes fixes comprennent :
Dans la chambre de tir, une chaînette fixée au doublage de toiture par un piton de suspension, deux consoles d’appui, constituées par deux cornières fixées à la partie postérieure des flasques d’affût et destinées à soutenir les extrémités supérieures des guides en fer à U.
A l’étage intermédiaire : deux consoles d’appui des mêmes fers à U fixées aux deux bras du corps de tourelle, de chaque côté de la trappe ménagée pour le passage du canon.
A l’étage inférieur : un coussinet en chêne fixé sur le fer cintré de la travure de l’étage intermédiaire qui se trouve au-dessus du treuil de relevage. Un étrier scellé au plafond en avant de la niche du pointeur en direction.
Les agrès mobiles comprennent :
a) Dans la chambre de tir:
Deux chaînes calibrées engagées en temps ordinaire dans les noix à empreintes et dont les brins libres supérieurs sont placés dans le coffre de la chambre de tir. Chaque chaîne porte un maillon repéré par un étançon en bronze.
Deux tendeurs des chaînes, chaque tendeur se compose de deux tiges filetées engagées dans un même écrou de forme allongée. Ces tiges sont susceptibles d’être écartées ou rapprochées à volonté l’une de l’autre par le jeu de cet écrou. La partie non filetée de l’autre est constituée par une fourchette dans laquelle s’engage le premier maillon de la chaîne calibrée. La liaison de ces deux organes se fait à l’aide d’un boulon qui traverse la fourchette.
Six pitons à vis qui s’engagent dans les trous taraudés pratiqués dans le doublage de toiture.
Quatre poulies en fonte avec chape à crochet, susceptibles d’être suspendues aux pitons à vis, deux d’entre elles sont munies de poignées.
La vis de rappel du canon constituée par une tige d’acier forgé portant à l’une de ses extrémités un filetage de section carrée. Un écrou en bronze avec ergot, se déplace le long de la vis, l’autre extrémité de la tige reçoit une manivelle.
Entre l’écrou et la manivelle se trouve une rondelle à tenons en bronze susceptible de se déplacer dans l’intervalle compris entre l’écrou et un épaulement circulaire porté par la tige.
La cale des contre-écrous des récupérateurs constituée par une bande d’acier laminé dont les extrémités forment crochet et sont garnies intérieurement d’une fourrure en laiton. Cette cale est destinée à limiter à 8 mm le desserrage des contre-écrous d’attelage des tiges des récupérateurs de façon à empêcher le dégagement complet des tenons des rondelles qui s’opposent à la rotation des tiges des récupérateurs quand on agit sur leurs écrous.
Deux pièces d’attache des chaînes, ces pièces s’introduisent dans les lunettes supérieures de la frette d’attelage pour en former la liaison avec les tirants des chaînes calibrées. Elles sont en acier forgé, elles comprennent : à l’avant une partie cylindrique à segments évidés prolongée par une fourchette percée à la demande d’une clavette, au milieu, un épaulement circulaire, et, à l’arrière, un axe muni d’une clavette fixe et percé d’un trou ovalisé pour le passage d’une clavette mobile.
Deux supports de galets en acier forgé, constitués chacun par un axe porteur d’un galet en acier. A l’extrémité opposée au galet, l’axe porte un épanouissement de métal formant douille. La douille présente à l’intérieur une rainure destinée au logement d’une clavette. Elle est percée d’un trou ovalisé dans lequel s’introduit une clavette mobile reliée au support de galet à l’aide d’une chaînette.
Un collier de volée constitué par une pièce annulaire en acier forgé garnie intérieurement d’une garniture en laiton. Ce collier porte venues de fonte deux oreilles susceptibles de s’ouvrir ou de se fermer chacune à volonté à l’aide d’un chapeau à charnière. On emprisonne dans ces oreilles le maillon des chaînes calibrées, porteur d’un étançon. Le chapeau une fois rabattu est maintenu au moyen d’une broche d’arrêt, aux oreilles de ce collier sont fixées les chaînettes d’attache de la traverse support de collier qui prend appui sur la tranche de la bouche.
Tous les agrès suivants sont placés dans le coffre de la chambre de tir :
- Deux cordes en chanvre avec boucles.
- Une clé double spéciale pour les écrous d’attelage du canon.
- Une clé double ordinaire pour les contre-écrous du canon.
- Deux clés doubles légères pour les contre-écrous du canon.
b) A l’étage intermédiaire, sur le côté droit de la niche du pointeur en direction :
Deux guides formés par des poutres en acier à profil en U convenablement courbées qui se fixent au moyen de broches d’arrêt sur les consoles d’appui portées par les bras du corps de tourelle et par les flasques d’affût, les manivelles du treuil.
c) A l’étage inférieur :
Une double chaîne en acier doux avec anneau d’assemblage et pièces d’attaché, une élingue en chanvre, une broche pour les taquets du contrepoids d’affût, une clé double à écrans (16-20), une clé double à écrous (8-12), dans l’armoire de l’outillage.

VAUBOURG Cédric
Un palan de 3000 kilogrammes avec chaînes accroché à côté de l’armoire de l’outillage.
La manœuvre complète du remplacement du tube de 2400 kg demandait un minimum de 45 minutes à une équipe bien entrainée. Chaque personne conservait son emplacement dans les différents étages de la tourelle pour le montage et le démontage du canon comme pendant le service normal de la tourelle.
Tourelle.
On distingue dans la tourelle :
Le cuirassement, le corps de tourelle, la charpente fixe, l’appareil du mouvement d’éclipse, l’appareil de pointage en direction, l’appareil de ventilation, le tube d’évacuation des douilles, les monte-charges, l’appareil de démontage du canon, l’appareil enregistreur des excès de course et le support de débouchoir.
Cuirassement.

Le cuirassement comprend 3 parties :
1) Le cuirassement de muraille, en acier demi dur, de 30 cm d’épaisseur. Il a la forme d’un cylindre vertical constitué par la juxtaposition de 5 segments égaux assemblés à rainure et languette et dont l’un est percé d’une embrasure. Une tôle, dite parapluie, disposée sur tout le pourtour de la muraille, obture, à la position d’éclipse l’intervalle qui sépare le cuirassement de muraille du cuirassement fixe. Un des segments de cette tôle, situé au-dessus de l’embrasure est amovible, il doit être enlevé au moment au tir.
2) Le cuirassement de toiture, en acier spécial de 30 cm d’épaisseur, il a la forme d’une calotte sphérique, constituée par deux plaques égales assemblées à rainure et languette. Il repose sur le cuirassement de muraille et y est fixé par de grosses vis. Aucune ouverture n’y est pratiquée.
Les cuirassements de toiture et de muraille sont renforcés par un doublage qui se compose de feuilles de tôle d’acier assemblées au moyen de rivets. Le doublage est fixé par des vis au cuirassement vertical.
Le doublage de toiture et le doublage de muraille sont réunis par une cornière en acier; le premier comprend deux feuilles de tôle superposées de 15cm d’épaisseur, le deuxième en comprend 3 de 15 mm d’épaisseur.
Des trous filetés sont ménagés dans le doublage de toiture pour la fixation des poulies de suspension nécessaires pour l’exécution des manœuvres de force.

3) Le cuirassement fixe ou avant cuirasse. Il est constitué par 5 voussoirs identiques en acier assemblés au moyen de brides et de boulons, et scellés à la partie supérieure du massif de béton qui entoure la tourelle. Ce massif est armé à sa partie supérieure. Il est lui-même protégé par un parapet formé de rocaille et recouvert de terre.
Dans ce même massif de béton sont ménagés les logements de la tourelle et de ses accessoires, ainsi que les divers locaux et communications.
Une rigole circulaire, ménagée au pied de l’avant cuirasse recueille les eaux qui suintent à l’intérieur de ce cuirassement. Les eaux sont dirigées ensuite sur l’étage inférieur au moyen d’un tuyau de descente noyé dans le béton.
Corps de tourelle.

Le corps de tourelle comprend le corps cylindrique, le pivot tubulaire, le lisoir, la couronne de galets, la sellette et la tige pendante.
Corps cylindrique. Le corps cylindrique supporte le cuirassement et forme avec celui ci la chambre de tir.
Le cuirassement repose sur le corps cylindrique par l’intermédiaire d’une platebande d’appui en acier fixée sur la tranche inférieure du cuirassement de muraille au moyen de vis et assemblée par des rivets avec les cornières du corps cylindrique. Cette platebande est formée de 2 couronnes plates superposées comprenant chacun 6 segments égaux en tôle d’acier de 30mm d’épaisseur. Les joints des segments de ces deux couronnes sont recroisés. Le segment supérieur ayant porté deux pattes auxquelles sont fixés les organes d’attache des deux tirants d’affût.
Le corps cylindrique se compose des éléments suivants : le corps cylindrique proprement dit constitué par une virole en tôle d’acier d’une seule pièce, au niveau de la tranche supérieure de la virole sont fixées l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, deux fortes cornières sur lesquelles vient reposer la platebande d’appui du cuirassement.
Les 6 bras du corps de tourelle ou consoles en tôle d’acier qui relient le corps de tourelle au pivot et sur lesquels est fixée la circulaire de pointage, graduée en grades.
La fonçure, en tôle d’acier, assemblée avec la virole et les consoles, qui supporte l’affût. Elle est traversée par le monte-charges et les tubulures d’évacuation des douilles vides et de ventilation. Elle est recouverte par le plancher en bois de la chambre de tir. Deux trappes y sont disposées : l’une donne accès à la chambre de tir, l’autre est utilisée pour le démontage du canon.
Toutes ces pièces sont assemblées par des cornières et des rivets.
Sur le corps cylindrique et à l’extérieur sont fixés : à la partie supérieure, une tôle pare éclats, qui protège le guidage supérieur de la tourelle contre l’introduction des éclats de projectiles et débris de toute espèce. A mi-hauteur, le cercle de guidage en acier, qui assure le centrage précis de la tourelle dans son guidage supérieur et lui sert d’appui sur ce guidage tant à la position d’éclipse qu’à la position de batterie. Un trou est ménagé dans la virole à la base de ce cercle, pour la visite de la cuve de guidage, il est muni d’une fermeture autoclave, à la base la couronne dentée du mouvement de rotation.
Pivot tubulaire. Le pivot tubulaire comprend un corps de pivot cylindrique en tôle d’acier, à la partie inférieure auquel est fixé extérieurement un cercle de guidage, en acier, qui assure le centrage précis de la tourelle dans son guidage inférieur. Un trou d’homme est ménagé sur la paroi du pivot pour la visite et l’entretien des mécanismes placés à l’intérieur.
Lisoir. Le lisoir, en acier moulé, constitue la base du corps de pivot auquel il est assemblé et forme en même temps chemin supérieur de roulement.
Couronne de galets. La couronne de galets est formée de 12 galets tronconiques en acier, maintenus à leurs distances respectives par une couronne entretoise.
Sellette. La sellette en acier moulé, forme chemin inférieur de roulement. Elle ne participe qu’au mouvement de translation vertical de la tourelle. Elle porte aux extrémités d’un même diamètre deux guides à galets qui, dans ce mouvement, se déplacent de long de deux des colonnes supports du plancher de l’étage intermédiaire.
Tige pendante. La tige pendante ne participe également qu’au mouvement de translation verticale de la tourelle. Elle coulisse à sa partie inférieure dans un support guide scellé dans les maçonneries.
La tige pendante est formée de trois parties. La partie supérieure est creuse, elle est engagée à frottement doux dans la sellette et maintenue à son extrémité supérieure par un collier. La partie moyenne porte les épaulements d’appui des verrous de batterie et d’éclipse. Elle est réunie à la partie supérieure par un manchon de réglage à vis et perte à l’autre extrémité une mortaise dans laquelle la partie inférieure est encastrée et clavetée. Cette dernière est munie à son extrémité inférieure d’une traverse à tourillons à laquelle vient s’adapter le balancier à fourche du contrepoids moteur.
Charpente fixe.
La charpente fixe comprend :
1º) La couronne du guidage supérieur constituée par 4 segments en acier moulé scellés dans la maçonnerie à la partie supérieure du puits de la tourelle. Elle est munie intérieurement d’une garniture de friction en bronze, en huit segments amovibles, sur laquelle prend appui le cercle de guidage du corps de tourelle. Des vis de décollement servent au démontage de cette garniture.
2°) La travure de l’étage intermédiaire, constituée par des fers scellés d’une part dans les maçonneries du puits de la tourelle et supportés d’autre part par quatre colonnes verticales en fonte.
Ces colonnes s’appuient sur des plaques de fondation scellées dans le sol de l’étage inférieur. La travure supporte le plancher de l’étage intermédiaire, dans lequel est ménagée une trappe pour la descente du canon, et le guidage inférieur, constitué par une couronne en acier moulé, dans laquelle coulisse le pivot de la tourelle. Cette couronne est munie intérieurement d’une garniture de friction en bronze, en trois segments amovibles, sur laquelle prend appui le cercle de guidage du pivot. Des vis de décollement servent au démontage de cette garniture en acier moulé.
3º) Les deux poutres de l’étage inférieur, en tôles et cornières d’acier, aux extrémités desquelles sont disposés les supports à semelles planes des balanciers. Ces poutres sont réunies à chaque extrémité par 2 entretoises en tôle d’acier et dans leur milieu, par l’entretoise support des verrous de batterie et d’éclipse, en acier moulé.
4°) Les deux verrous de batterie en acier doux. Ils ont un profil légèrement courbe, qui leur donne l’élasticité nécessaire pour résister aux chocs. L’extrémité supérieure de chacun d’eux porte un grain rapporté, en acier trempé, qui prend appui, à la position de batterie sur l’épaulement supérieur de la tige pendante, et deux galets à axe horizontal disposés de part et d’autre du verrou.

Les verrous de batterie sont maintenus constamment appuyés contre la tige pendante par deux ressorts à boudin disposés sur deux traverses horizontales en fer I, portées par les colonnes de l’étage inférieur. Ils se ferment automatiquement sous l’action de ces ressorts. Leur ouverture est assurée par le manchon à coins supérieur.
L’un des verrous de batterie sort un butoir qui, lorsque les verrous sont fermés, agit, par l’intermédiaire d’un jeu de leviers et de bielles, sur la tringle de sécurité de l’appareil de mise de feu, de manière à permettre le fonctionnement de ce dernier.
5°) Les deux verrous d’éclipse en acier doux, ont le même profil que les verrous de batterie. Ils sont disposés en sens inverse. L’extrémité inférieure de chacun d’eux porte un grain rapporté, en acier trempé, qui prend appui à la position d’éclipse, sur l’épaulement inférieur de la tige pendante et deux galets à axe horizontal disposés de part et d’autre du verrou.
Leur ouverture est assurée par le manchon à coins inférieur ils se ferment automatiquement sous l’action de leur propre poids.
Des tampons à ressorts limitent l’amplitude des mouvements d’ouverture des verrous d’éclipse et de batterie.
Appareils de mouvement d’éclipse.

L’appareil du mouvement d’éclipse comprend :
1º) les 2 balanciers d’équilibre identiques et disposés symétriquement par rapport à l’axe de la tourelle. Chacun d’eux est formé par 2 fortes poutres en tôles et cornières réunies par quatre entretoises.


VAUBOURG Julie
L’entretoise de tête, en acier moulé, est articulée à une bielle d’appui fixée d’autre part au-dessous de la sellette. C’est par l’intermédiaire des bielles d’appui que les balanciers d’équilibre supportent la tourelle.
L’entretoise du milieu, en acier moulé, porte une semelle courbe, en acier spécial, et deux galets de guidage munis de boudins latéraux. La semelle courbe repose sur la semelle plane du support de balancier en acier spécial, et roule sur cette semelle dans le mouvement d’oscillation du balancier. Pendant le même mouvement les galets roulent sur des guides solidaires du support de balancier, leurs boudins embrassant des guides de manière à empêcher le déplacement transversal du balancier.
La 3ème entretoise, également en acier moulé, sert d’attache au contrepoids d’équilibre formé de 7 plaques de fonte (5 grandes et 2 petites). Les contrepoids sont maintenus par des boulons qui permettent de les immobiliser à l’emplacement convenable. Le réglage de la course de la tourelle, commencé à l’aide des grandes plaques, est achevé au moyen des petites.
Enfin la 4ème entretoise, dite entretoise de queue, en fonte, porte 2 flasques spéciaux pour les manœuvres de force. Des heurtoirs limitent l’amplitude des mouvements des balanciers
2°) L’appareil moteur qui, dans la mise en batterie, sert à donner l’impulsion à la tourelle.

VAUBOURG Cédric
Il est disposé dans le sous-sol et comprend :
Le levier à fourche réuni par deux bielles à la traverse à tourillons de l’extrémité inférieure de la tige pendante. Ce levier oscille autour d’un axe horizontal fixe, dont le support repose sur le dallage du sous-sol.
Le levier moteur, qui pivote à l’une de ses extrémités autour du même axe que le levier à fourche et qui porte à l’autre extrémité un contrepoids, dit contrepoids moteur dont la position peut être réglée au moyen d’un boulon de réglage. Il est formé de deux poutres en acier réunies par des entretoises.
Le cliquet d’enclanchement à contrepoids oscillant autour d’un axe porté par le levier moteur et qui, au moment voulu, rend solidaires le levier moteur et le levier à fourche en s’engageant dans une encoche ménagée à l’extrémité de ce dernier.
Un taquet, formé d’une lame en forme de V, dont l’une des branches est fixée sur la tige du contrepoids du cliquet d’enclenchement et dont l’autre branche vient agir quand le levier moteur est relevé sur le levier à contrepoids de la tringle d’enclenchement du manchon d’embrayage du mécanisme de relevage.
A la position d’attente, le levier moteur repose sur un heurtoir et le cliquet sur une butée.

3°) L’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse, qui provoque l’ouverture de ses verrous est également disposé dans le sous-sol et comprend :
Le manchon à coins inférieur, formé de deux cylindres concentriques l’un extérieur en acier, l’autre intérieur en bronze. Il coulisse le long de la tige pendante et porte à sa partie supérieure deux tourillons et deux coins qui ouvrent les verrous d’éclipse en s’engageant entre leurs galets. Dans la position d’attente le manchon repose sur le bâti du guide inférieur de la tige pendante par l’intermédiaire d’un empilage de rondelles d’acier et de cuir en nombre tel que les coins sont engagés entre les galets des verrous de façon à laisser un jeu de quelques millimètres.
Les balanciers, dont chacun est relié par l’intermédiaire d’une bielle au tourillon correspondant du manchon à coins. Ces balanciers oscillent autour d’un axe horizontal fixe situé au-dessous des poutres supports des balanciers.
Le levier de déclenchement, placé entre les deux balanciers, dont l’une des extrémités pivote autour du même axe et dont l’autre extrémité porte un contrepoids qui peut être déplacé au moyen du boulon de réglage.
Le cliquet double d’enclanchement à contrepoids porté par le levier de déclenchement et qui, au moment voulu, rend solidaires ce levier et les balanciers en s’engageant dans des encoches ménagées à l’extrémité de ces derniers.
Le cliquet de retenue qui maintient le levier de déclenchement dans la position où il est prêt à agir pour ouvrir les verrous d’éclipse. Ce cliquet est relié par une tringle verticale au levier de lancement, situé à l’étage intermédiaire.
Dans la position d’attente le levier de déclenchement repose sur un heurtoir et les contrepoids du cliquet double sur leurs butées.
4°) Le treuil de manœuvre. Cet appareil comprend l’ensemble des dispositifs ci-après qui permettent soit de relever le contrepoids moteur et le contrepoids de déclenchement des verrous d’éclipse, soit de donner un mouvement de rotation rapide à la tourelle (environ 60 secondes pour un tour). On y distingue :

a) Le treuil proprement dit, constitué par :
- L’arbre à manivelles sur lequel sont montés : un manchon à griffes coulissant sur l’arbre au moyen d’un levier de façon à embrayer soit avec un pignon conique fou sur l’arbre et qui engrène lui-même avec un grand pignon conique horizontal calé sur l’arbre vertical du long pignon, soit avec un pignon cylindrique également fou sur l’arbre et muni d’une roue à rochet. Un cliquet à contrepoids empêche le dévirage de la roue à rochet.
- L’arbre intermédiaire, sur lequel sont calés une grande roue, engrenant avec le pignon cylindrique de l’arbre à manivelles, et un pignon. Cet arbre porte également un arc denté à contrepoids, ou secteur d’équilibre, fou sur l’arbre.
- L’arbre principal, sur lequel est calée une grande roue engrenant avec le pignon de l’arbre intermédiaire. L’arbre principal porte en outre un manchon d’embrayage à griffes qui coulisse le long de l’arbre au moyen d’un levier à fourche, de façon à embrayer avec un pignon fou sur l’arbre.
- Un cliquet d’arrêt, qui, oscillant autour d’un axe horizontal fixe, peut empêcher la rotation de la grande roue de l’arbre principal.
- Une tringle oblique, articulée sur un levier à contrepoids disposé au dessous du treuil et qui empêche, lorsqu’elle est relevée, le débrayage du manchon de l’arbre principal.

b) L’appareil de relevage, est constitué par :
La crémaillère de relevage à double denture qui engrène d’une part avec le pignon de l’arbre principal, d’autre part avec la denture du secteur d’équilibre qui assure le contact du pignon avec la crémaillère.
Le cadre de relevage, fixé à l’extrémité inférieure de la crémaillère, il est formé par deux montants réunis par deux traverses qui portent à leurs deux extrémités des galets en bronze guidés par un cadre fixe. En outre, la traverse inférieure porte deux galets d’appui pour le levier moteur et la traverse supérieure porte en son milieu un galet d’appui pour le levier de déclenchement des verrous d’éclipse.
Les deux guides formés chacun d’une bande de tôle d’acier fixée d’une part sous le plancher de l’étage inférieur et d’autre part sur une semelle en acier fixée sur le sol. Ces guides portent chacun deux rainures dans lesquelles sont engagées les galets des extrémités des traverses du cadre de relevage.
Lorsque l’appareil de relevage est dans la position d’attente, et que le levier moteur à le levier de déclenchement des verrous d’éclipse reposent sur leurs heurtoirs, il doit exister un jeu de 1 cm entre ces leviers et leurs galets d’appui. Il doit également exister un léger jeu entre le fond des rainures des guides et les galets d’extrémité des traverses. Le cadre de relevage repose par la traverse inférieure sur une traverse en bois qui sert de heurtoir.
Pour donner à la tourelle un mouvement de rotation rapide, on embraye le manchon de l’arbre à manivelles avec le pignon conique du même arbre. En agissant sur les manivelles, on entraine alors successivement l’arbre à manivelles, le manchon, le pignon conique vertical, le pignon conique horizontal de l’arbre du long pignon, le long pignon.
Pour relever la crémaillère, on embraye le manchon de l’arbre à manivelles avec le pignon cylindrique du même arbre, puis on embraye le manchon de l’arbre principal avec son pignon. En agissant alors sur les manivelles, on entraîne alors successivement : l’arbre à manivelles, le manchon de cet arbre, son pignon cylindrique, la grande roue et le pignon de l’arbre intermédiaire, la grande roue, le manchon et le pignon de l’arbre principal, la crémaillère et le cadre.

5º) L’appareil d’ouverture des verrous de batterie, constitué par :
- Le balancier oscillant autour d’un axe horizontal supporté par une poutre en fer I fixée sur deux des colonnes de l’étage inférieur. Il porte à l’une de ses extrémités une encoche qui sert de logement au bec d’un cliquet de retenue à contrepoids oscillant autour d’un axe horizontal, à l’autre extrémité il porte les tourillons des bielles de suspension du manchon à coins supérieur.
- Le manchon à coins supérieur, organisé de la même façon que le manchon à coins inférieur de l’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse. Il coulisse au-dessus de ce dernier le long de la tige pendante et ouvre les verrous de batterie en s’engageant entre leurs galets. Il est suspendu par deux bielles à l’une des extrémités du balancier.
- Le contrepoids, suspendu à l’autre extrémité du balancier par l’intermédiaire d’une tige articulée. Il se déplace dans le sous-sol de l’étage inférieur.
- Le levier d’éclipse, actionné de la chambre de tir. Il agit par l’intermédiaire de tiges, bielles et renvois de mouvements, sur la tige de déclenchement du cliquet de retenue à contrepoids. Dans la position d’attente, le bec de ce cliquet qui oscille autour d’un axe horizontal fixe s’engage dans l’encoche du balancier qu’il immobilise.
- Le cliquet de sureté de la tige de déclenchement, placé à l’étage inférieur. Il immobilise le levier d’éclipse tant que la tourelle n’est pas à sa position de batterie.
- L’appareil d’enclenchement du levier d’éclipse, situé dans la chambre de tir et comprenant un cliquet à crochet pouvant s’engager dans une encoche pratiquée sur un plateau circulaire salé sur l’axe du levier d’éclipse. Le cliquet, mobile autour d’un axe horizontal, est sollicité dans un sens par un contrepoids qui tend à le dégager de l’encoche, et, dans l’autre sens, par une tringle qui l’y maintient engagé tant que le canon n’a pas reculé.
Appareil de pointage en direction.
L’appareil de pointage en direction permet de donner de petits déplacements à la tourelle et de terminer le pointage en direction.

Il est placé à l’étage intermédiaire près du levier de lancement et comprend :
Un engrenage à vis tangente commandé par un volant à poignée et dont la roue hélicoïdale est normalement folle sur l’arbre vertical du long pignon. Elle peut être rendue solidaire de cet arbre au moyen d’un cône de friction en acier, commandé par un volant d’embrayage à manettes verticales, monté à frottement doux sur un six pans de l’arbre du grand pignon.

L’engrenage à vis tangente n’étant pas réversible forme frein pour caler la tourelle en direction. La friction protège les dentures du long pignon ou de la couronne dentée dans le cas où la tourelle recevrait un choc violent tendant à la faire tourner.

Au-dessus de cet appareil est placé l’index de pointage qui permet de lire l’orientation de la tourelle sur la circulaire graduée en maillechort poli, fixée aux consoles du corps de tourelle.
La circulaire graduée est divisée en grades (0 à 400), dans le sens des aiguilles d’une montre.

L’index de pointage peut être déplacé sur son support, en sens inverse de la graduation de la circulaire, au moyen d’une vis sans fin portant un bouton moleté à son extrémité. Un tambour gradué indique les déplacements de l’index jusqu’à 9 décigrades.
Monte-charges

Les monte-charges sont au nombre de deux :
- Le monte charges double, de l’étage inférieur à l’étage intermédiaire (ravitaillement du dépôt de munitions de l’étage intermédiaire)
- Le monte charges simple, de l’étage intermédiaire à la chambre de tir (approvisionnement de la chambre de tir).
Le monte charges double permet d’élever simultanément deux charges complètes, il comprend :
1º) Le double bâti formé par 4 directrices en fer, accolées deux à deux et entretoisées.
2°) Les deux bennes, sortant chacune 8 galets de guidage (4 de chaque côté) qui s’engagent dans les rainures des directrices. Chaque benne comporte deux étages : à l’étage inférieur se placent les douilles, à l’étage supérieur les projectiles. Les deux bennes sont suspendues aux extrémités d’une même chaîne de Galle qui s’enroule sur une poulie à axe horizontal, supportée par l’entretoise supérieure du double bâti.
3°) Le treuil de manœuvre, commandé à l’étage inférieur par une manivelle et qui actionne par l’intermédiaire d’une roue dentée et d’un pignon une noix sur laquelle s’enroule une deuxième chaîne de Galle dont les extrémités sont fixées à des pattes d’attache boulonnées sur les corps des bennes.
Une came excentrée montée sur l’arbre de la manivelle et un galet calé sur l’arbre de la noix, permettent d’abandonner en tout temps la manivelle sans danger.
4°) Le dispositif d’arrêt automatique, destiné à immobiliser le treuil quand l’une des bennes arrive à sa position supérieure. Il comprend :
- deux crochets fixés au-dessus des corps de benne (1 par benne).
- deux verrous à ressort portés par un coulisseau mobile dans une glissière ménagée dans la partie inférieure de l’entretoise supérieure du bâti.
- une tringle de commande, disposée le long du bâti et convenablement guidée. L’extrémité supérieure de cette tringle est articulée à l’une des branches d’un levier coudé disposé sur l’entretoise supérieure du bâti et dont l’autre branche est reliée au coulisseau.
L’une des bennes étant à sa position supérieure et accrochée au verrou à ressort correspondant, la tringle de commande vient buter contre la came excentrée et l’immobilise. Le déplacement du coulisseau, effectué à l’étage intermédiaire à l’aide d’une tige de commande déverrouille le crochet de la benne et soulève la tringle de commande par l’intermédiaire du levier coudé. La came peut alors être tournée de 180º et le treuil actionné en sens inverse pour l’élévation de la deuxième benne.
Le monte charges simple permet d’élever une charge complète de l’étage intermédiaire à la chambre de tir. Il comprend :
1º) un bâti, constitué par 4 directrices en fer, légèrement inclinées sur la verticale et reliées par des entretoises, de manière à former 2 châssis juxtaposés. Le bâti est fixé au pivot du corps de tourelle. Il traverse le plancher de la chambre de tir à proximité de la culasse du canon.
2°) deux bennes simples, qui sortent chacune 8 galets de guidage s’engageant dans les rainures des directrices. Chacun des châssis sert de guide à une benne. Chaque benne comporte 2 étages : à l’étage inférieur se place la douille, à l’étage supérieur, le projectile, maintenu en place par une coupelle à bascule.
3°) deux chaines de Galle, servant à produire le mouvement de va et vient des bennes dans les châssis. Chacune d’elles s’enroule sur une poulie de suspension portée par la glissière entretoise supérieure du bâti et sur un galet de renvoi inférieur.
4°) Un treuil de manœuvre, commandé à l’étage intermédiaire par une manivelle double et actionnant les chaines de Galle par l’intermédiaire de 2 noix, calées sur l’arbre commun des manivelles. Deux galets de renvoi maintiennent chacune des chaînes au contact de la noix correspondante. L’enroulement des chaines sur les noix est combiné de façon que l’une des bennes descend quand l’autre monte. Des butoirs fixés sur le bâti limitent la course des bennes.
5º) Un dispositif d’arrêt automatique, destiné à immobiliser le treuil quand l’une des bennes est en haut de sa course. Il comporte :
- Un crochet fixé au-dessus de chaque benne, deux verrous à ressort, portés par un coulisseau mobile dans une glissière ménagée sur la face inférieure de l’entretoise supérieure du bâti.
- Deux tiges de commande du coulisseau, avec leurs ressorts.
Lorsque l’une des bennes arrive en haut de sa course, elle s’accroche au verrou à ressort correspondant et ne peut être dégagée qu’en agissant en sens convenable sur l’une des tiges de commande du coulisseau. Un galet de friction, calé sur l’arbre des manivelles, est placé en regard d’une came excentrée, qui freine sur le galet dans un sens tel que la réversibilité du mouvement des manivelles ne peut se produire tant que la benne montante n’est pas parvenue en haut de sa course et n’a pas été libérée de son verrou. Le sens du freinage est interverti automatiquement par le déverrouillage. A cet effet, le déverrouillage produit le renversement d’un contrepoids oscillant qui entraine avec lui la came tout en la maintenant au contact du galet de friction. Les tiges de commande du coulisseau sont, dans ce but, reliées à un balancier à axe horizontal fixé à l’entretoise supérieur du bâti. Le déplacement du balancier provoque le renversement du contrepoids par l’intermédiaire de renvois.
Appareil de ventillation.
L’appareil de ventilation a pour objet l’aspiration de l’air vicié et de la fumée de la chambre de tir et leur évacuation à l’extérieur.
Il se compose d’un ventilateur actionné par une manivelle double à l’étage inférieur et de conduites d’évacuation partant de la chambre de tir pour déboucher à l’extérieur des locaux.
Pour permettre la ventilation quelle que soit l’orientation de la tourelle, tant à la position d’éclipse qu’à la position de batterie, la tuyauterie solidaire de la partie mobile est reliée à la tuyauterie fixe par un raccord télescopique et un tambour annulaire, installé autour du pivot et muni d’un couvercle à joints hydrauliques.
Le raccord télescopique est formé de 2 tuyaux, l’un en acier fixé au plancher de la chambre de tir, l’autre en cuivre, fixé sur le couvercle du tambour annulaire, coulissant l’un dans l’autre.
Le tambour annulaire, disposé à l’étage intermédiaire, se compose d’un fond fixe, en acier, constitué par la couronne de guidage inférieure et d’un couvercle mobile en acier qui roule sur le bord extérieur de la couronne par l’intermédiaire de galets en bronze. La tuyauterie fixe aboutit au fond de la cuve. Le couvercle est entrainé dans le mouvement de rotation de la tourelle par l’intermédiaire du raccord télescopique.
Le joint hydraulique est constitué par un liquide (huile ou mélangé d’eau et de glycérine) introduit dans les rainures de la cuve du guidage inférieur. Le liquide est versé directement dans les rainures : à cet effet, la tourelle étant en batterie, on soulève par ses poignées l’une des moitiés du couvercle mobile.
Le sens de la rotation à imprimer au ventilateur est indiqué par une flèche. La vitesse de rotation est d’environ 45 tours à la minute.
Malgré cette ventilation, plusieurs cas d’intoxication seront recensés lors de la bataille de Verdun, comme au fort de Vacherauville ou l’on évitera de dépasser les 30 coups à l’heure afin de faciliter le renouvellement de l’air dans la chambre de tir.
Tube d’évacuation des douilles.
Le tube d’évacuation des douilles, destiné à évacuer sur l’étage intermédiaire les douilles tirées, est fixé au plancher de la chambre et au pivot. Le tube se termine à sa partie supérieure, dans la chambre de tir par un entonnoir où l’on jette les douilles tirées, et à sa partie inférieure, dans l’étage intermédiaire, par un fond garni d’une matière élastique pour amortir la chute des douilles : une échancrure latérale permet de retirer les douilles évacuées.
Deux demi-clapets d’obturation disposés à la base de l’entonnoir empêchent la fumée contenue dans le tube d’évacuation de se répandre dans la chambre de tir. Cette fumée est aspirée par une conduite raccordant le tube d’évacuation à la tuyauterie mobile de l’appareil de ventilation.
Appareil indicateur des excès de course.
Dans chacune de ses oscillations, soit ascendante, soit descendante, la tourelle dépasse ses positions d’arrêt de 8 mm environ. Cet excès de course assure l’accrochage de la tourelle à ses positions d’éclipse et de batterie et permet de modifier légèrement le chargement de la tourelle en cours de service (de faire varier, par exemple, le personnel de la chambre de tir) sans être obligé de refaire son réglage.
L’appareil indicateur permet de constater si les excès de course restent dans les limites acceptables.
Il se compose :
- 1º) d’un cadre vertical évidé, solidaire de l’un des guides à galets de la sellette et qui se déplace, dans le mouvement de la tourelle, en avant de la colonne de l’étage inférieur correspondante.
- 2°) d’une réglette verticale coulissant à frottement dans un support fixé par un collier sur la colonne et disposée à l’intérieur du cadre évidé dont les extrémités inférieure et supérieure forment butées. Le support fixe porte un repère. La réglette porte en son milieu un zéro médian et de part et d’autre une graduation en millimètres.
La hauteur de l’évidement du cadre est égale à la course verticale de la tourelle augmentée de la longueur de la réglette. La lecture de la réglette après le lancer ou l’éclipse de la tourelle donne immédiatement la valeur de l’excès de course correspondant.
Support de débouchoir.

Le support de débouchoir devait être installé, à l’étage intermédiaire, dans une niche située à l’opposé du palier d’accès, mais on le retrouve le plus souvent à l’étage inférieur, à proximité du monte-charge. Nous ignorons si cette modification a été réalisée pendant l’installation des tourelles ou après la Grande Guerre.
Il se compose d’un arbre vertical, en acier, portant 4 flasques 2 supérieurs, 2 inférieurs, placés en potence. Un câble, terminé à l’une de ses extrémités par un crochet et à l’autre par un contrepoids s’engage dans 2 poulies de renvoi supportées par les flasques supérieurs. Le débouchoir s’accroche au crochet et s’équilibre avec le contrepoids.
A l’aplomb du crochet est disposée une cuvette en bronze pivotant autour d’un axe vertical, en acier, logé dans un support fixé aux flasques inférieurs. Un guide en bronze, également fixé aux flasques inférieurs assure la verticalité du projectile placé sur la cuvette.
Une crapaudine et un collier, dont la vis de serrage est commandée par une manette permettent à l’ensemble du support de pivoter autour de l’arbre vertical. L’appareil peut être immobilisé dans un azimut quelconque au moyen de la manette.
Une lanterne disposée dans un support fixé à l’arbre vertical éclaire les graduations du débouchoir.
La tourelle dispose de 6 débouchoirs dont 3 de rechange correspondant à l’emploi de chacune des 3 charges usuelles.
Fonctionnement de la tourelle et de ses différents organes.
(Facebook association batterie de l’Eperon)
1. Principe du fonctionnement.
Le principe du fonctionnement de la tourelle réside essentiellement dans l’emploi des balanciers d’équilibre avec point d’appui variable, les semelles courbes des balanciers roulant sur les semelles planes de leurs supports.
Il résulte de ce dispositif que le rapport des longueurs des bras de levier des balanciers d’équilibre varie suivant la position de ces balanciers et, par suite, que la tourelle et ses deux balanciers d’équilibre forment un ensemble qui peut être animé d’un mouvement oscillatoire analogue à celui d’un pendule.
Les contrepoids d’équilibre sont tels que la tourelle étant complètement libre se place naturellement en position d’équilibre stable dans une position où ses balanciers sont à peu près horizontaux. Elle ne reviendra à cette position, lorsqu’elle en est écartée, qu’après une série d’oscillations dont l’amplitude ira progressivement en décroissant par suite des frottements, comme il arrive pour un pendule. C’est ce mouvement oscillatoire qui est utilisé pour produire les mouvements d’éclipse, ou de mise en batterie de la tourelle.
Si la tourelle, amenée à sa position de batterie par un moyen quelconque, est abandonnée à elle-même, elle accomplira une oscillation descendante à la fin de laquelle elle sera arrêtée par les verrous d’éclipse qui se fermeront automatiquement à ce moment.
La tourelle est alors à sa position d’éclipse. Mais, par suite des frottements cette position n’est pas tout à fait symétrique de la position de batterie par rapport à la position d’équilibre. Il en résulte que la tourelle abandonnée à elle-même à la position d’éclipse par l’ouverture des verrous d’éclipse, ne reviendra pas, dans son oscillation ascendante, à sa position de batterie.
Elle n’y reviendra que par suite de la légère impulsion que lui donne le contrepoids moteur, elle y sera alors arrêtée par les verrous de batterie qui se ferment automatiquement.
Par suite de la disposition des organes, le levier à l’extrémité duquel agit le contrepoids moteur abandonne la tige pendante au moment où la tourelle arrive à sa position de batterie. Il s’en suit que l’ensemble de la tourelle et de ses balanciers d’équilibre se retrouve dans les conditions premières et qu’en ouvrant les verrous de batterie, la tourelle ira s’accrocher de nouveau à sa position d’éclipse. Le contrepoids moteur ayant été relevé, en ouvrant les verrous d’éclipse, la tourelle remontera à sa position de batterie et ainsi de suite.
Dans chacune de ces oscillations, soit ascendante, soit descendante la tourelle dépasse ses positions d’arrêt de 8 millimètres environ. Cet excès de course assure l’accrochage de la tourelle à ses positions d’éclipse et de batterie et permet de modifier légèrement le chargement de la tourelle en cours de service (de faire varier, par exemple, le personnel de la chambre de tir) sans être obligé de refaire son réglage.
L’appareil enregistreur permet de constater si les excès de course restent dans les limites acceptables.

2. Fonctionnement de l’appareil moteur et de l’appareil de déclenchement des verrous d’éclipse.
Lorsque la tourelle vient d’être éclipsée, l’ensemble des deux appareils se trouve à la position d’attente : le levier à fourche et les balanciers du contrepoids de déclenchement des verrous d’éclipse sont descendus, le premier par la descente de la tige pendante, les seconds par le manchon à coins qui est venu reposer sur le guide inférieur, le levier moteur et le levier de déclenchement des verrous d’éclipse reposent sur leurs butées. Le cadre de relevage est descendu à fond de course et repose sur son heurtoir par sa traverse inférieure. Le mécanisme de relevage du treuil est débrayé, le cliquet d’arrêt du treuil est dégagé, la tringle verticale qui le commande étant maintenue soulevée par la queue du levier à fourche. Le mouvement de rotation du treuil est débrayé.
Pour mettre la tourelle en batterie, on relève d’abord les contrepoids du levier moteur et du levier de déclenchement des verrous d’éclipse de façon à mettre ces leviers en position d’agir le premier à l’extrémité du levier à fourche, le second à l’extrémité des balanciers de déclenchement. On lance ensuite la tourelle.
Relevage des contrepoids. On embraye le mécanisme de relevage du treuil, la tringle oblique d’enclenchement de ce mécanisme sollicité par son levier à contrepoids remonte immédiatement et empêche le débrayage pendant le relevage.
On actionne ensuite le treuil. Le levier moteur et le levier de déclenchement des verrous d’éclipse viennent se reposer sur les galets des traverses du cadre de relevage et sont alors soulevés.
On continue le mouvement jusqu’à ce que les galets des traverses au cadre de relevage soient à fin de course. Un peu avant la fin de ce mouvement, les cliquets fonctionnent sous l’effet de leur contre-poids, c’est à dire que leurs becs se placent de façon à pouvoir venir s’appuyer sur les encoches ménagées à l’extrémité des leviers. Le cliquet de retenue du levier de déclenchement des verrous d’éclipse fonctionne le premier, ensuite le cliquet double d’enclenchement de ce levier avec le balancier et enfin le cliquet d’enclenchement du levier moteur avec le levier à fourche. Ce dernier cliquet en se fermant actionne par son taquet la tringle oblique d’enclenchement du mécanisme de relevage.
Cet ordre est forcé pour éviter que la tourelle puisse être lancée sans contrepoids moteur, auquel cas elle n’arriverait pas à sa position de batterie.
En effet, si le cliquet double du levier de déclenchement des verrous d’éclipse fonctionnait le premier, il pourrait arriver qu’on dévirât le treuil avant le fonctionnement du cliquet de retenue, les verrous seraient ouverts par la chute du contrepoids de déclenchement et la tourelle pourrait être lancée sans son contrepoids moteur.
On arrête le mouvement, puis on dévire lentement le treuil, après avoir soulevé, à la main, le déclic de la roue à rochet jusqu’à ce qu’on n’éprouve plus de résistance. Le bec du cliquet du levier moteur vient s’appuyer sur la queue du levier à fourche, les becs du cliquet double du levier de déclenchement viennent s’appuyer sur les extrémités des balanciers et le bec du cliquet de retenue se place dans l’encoche ménagée sous la queue du levier de déclenchement. Il en résulte, d’une part, que les contrepoids sont immobilisés et en position d’agir et d’autre part que le cadre de relevage ne supporte plus rien.
Dès qu’on n’éprouve plus de résistance dans le dévirage du treuil, on débraye le mouvement de relevage (opération qui peut être alors exécutée, la tringle d’enclenchement de l’embrayage ayant été descendue par le fonctionnement du cliquet du levier moteur). Le cadre de relevage redescend sous l’action de son propre poids et vient reposer sur son heurtoir sans trop de choc, grâce au secteur d’équilibre dont le contrepoids peut être réglé en conséquence.
Lancement de la tourelle. On manœuvre le levier de lancement en le tirant à soi, le bec du cliquet de retenue du levier de déclenchement des verrous d’éclipse est dégagé, le contrepoids devient libre et tombe en entrainant le levier, les balanciers et les manchons à coins inférieur qui ouvre les verrous d’éclipse.

Les verrous ouverts, le levier de déclenchement vient reposer sur son heurtoir, le cliquet double rencontrant sa butée fixe fonctionne, c’est à dire que son bec quitte les balanciers qui, redevenus libres sont entrainés en sens inverse par le poids du manchon à coins et reprennent leur position d’attente.
L’ouverture des verrous rend libre la tourelle, elle s’élève alors par l’effet des contrepoids d’équilibre et du contrepoids moteur jusqu’à sa position de batterie où elle est maintenue par les verrous de batterie qui se ferment automatiquement.
La tringle verticale du cliquet d’arrêt du treuil descend par son propre poids et relève le cliquet qui s’engage dans la denture de la grande roue et l’immobilise.
Le treuil ne peut donc fonctionner lorsque la tourelle est en batterie. C’est une condition importante, car il pourrait arriver qu’on éclipsât la tourelle en même temps qu’on relève les contrepoids. Alors dans le mouvement d’éclipse le levier à fourche rencontrerait le cliquet du levier moteur, qui serait soulevé avec son contrepoids, et la tourelle ne pourrait venir jusqu’à sa position d’éclipse.
Au moment où la tourelle arrive à la position de batterie, le contrepoids du cliquet du levier moteur rencontre sa butée fixe qui le soulève. Le bec du cliquet cesse alors d’appuyer sur la queue du levier à fourche, par suite, le levier moteur devient libre et vient reposer sur son heurtoir à sa position d’attente.
Il ne doit pas se produire de choc, si le heurtoir et la butée du cliquet sont convenablement réglés.
3. Fonctionnement du mécanisme d’éclipse.
La tourelle étant en batterie, la contre tige de déclenchement des verrous de batterie se trouve en face du plateau de la tige de déclenchement. Le balancier à contrepoids est maintenu par son cliquet et le manchon à coins est à sa position inférieure.
Pour éclipser la tourelle, on tire à soi le levier d’éclipse. Par le jeu des renvois, et des tringles, la contretige de déclenchement repousse la tige de déclenchement, qui dégage le cliquet de retenue du balancier à contrepoids et libère le balancier. Le contrepoids tombe et sa chute provoque l’ascension du manchon à coins qui, en s’engageant entre les galets des verrous de batterie, écarte ceux-ci et permet à la tourelle de descendre.
Pendant le mouvement de descente de la tourelle, les deux butées de la tige pendante entraînent le manchon à coins et l’obligent à redescendre. Le balancier d’ouverture, solidaire du manchon à coins, bascule et s’accroche à nouveau à son cliquet de retenue. Le mécanisme de mise en batterie est ainsi réarmé automatiquement.
4. Dispositifs de sécurité de mise de feu.
Ces dispositifs ont pour but :
- a) d’empêcher la mise de feu lorsque le canon n’est pas revenu complètement en batterie.
- b) d’empêcher la mise de feu tant que le canon n’est pas à la position de tir.
- c ) d’empêcher la mise de feu tant que la tourelle n’est pas arrivée à sa position de batterie et que les verrous ne sont pas fermés.
- d) d’empêcher l’éclipse de la tourelle avant le départ du coup.
a) Sécurité relative au retour du canon en batterie.
Cette sécurité est réalisée par la construction même de l’appareil de mise de feu. Tant que le canon n’est pas rentré en batterie le piston de percussion porté par le berceau ne peut arriver à toucher l’extrémité du marteau porté par la culasse.
b et c) Sécurités relatives à la liaison du canon avec le système de pointage en hauteur et à la fermeture des verrous de batterie.
Le fonctionnement de ces deux sécurités est lié à la position du tenon de sûreté de l’appareil de mise de feu.
On a vu que le feu ne pouvait être mis à la pièce tant que le tenon était repoussé vers l’arrière. La réglette qui porte le tenon est reliée à une tige de sécurité articulée à l’extrémité d’un levier dont l’autre extrémité se termine par 2 tourillons s’engageant dans les 2 trous ovalisés de 2 tringles horizontales juxtaposées. L’une de ces tringles est reliée au mécanisme de hausse, l’autre au mécanisme de fermeture des verrous de batterie.
La tige de sécurité, et par suite le tenon de la réglette, sont constamment sollicités vers l’arrière par un ressort prenant appui sur le berceau. Il en résulte que les tourillons du levier sont sollicités vers l’avant, mouvement qui est contrarié par les fonds antérieurs des trous ovalisés des 2 tringles. Il est donc nécessaire pour que la règlette et son tenon puissent obéir à l’action du ressort que l’une et l’autre tringles soient déplacées vers l’avant de manièr à débloquer le levier.
La tringle de sécurité correspondant au système de pointage en hauteur est articulée au moyen d’un renvoi avec le verrou d’enclenchement du berceau à la position de tir, de façon que, tant que le verrou n’est pas tombé dans son logement, l’extrémité postérieure de la tringle soit poussée vers l’arrière. Quand le verrou tombe dans son logement, la tringle est tirée vers l’avant et cesse de s’opposer au mouvement du tourillon correspondant du levier de sécurité.
La tringle de sécurité correspondant au mécanisme de fermeture des verrous de batterie est reliée par l’intermédiaire d’un levier oscillant et de renvois à une tringle verticale logée à l’intérieur de la tige pendante. Cette tringle est elle même commandée par l’une des branches d’un levier coudé, dont l’autre branche est heurtée par un butoir porté par l’un des verrous de batterie lorsque ces verrous sont complètement fermés. Le butoir en agissant sur le levier relève la tringle verticale et provoque le déplacement de la tringle de sécurité vers l’avant. Cette dernière tringle cesse alors de s’opposer au mouvement du tourillon correspondant du levier de sécurité.
d) Sécurité relative à l’éclipse.
Cette sécurité est réalisée par un dispositif empêchant la manœuvre du levier d’éclipse à partir du moment où la pièce est à la position de chargement, jusqu’à ce qu’elle ait reculé, Elle offre ainsi une garantie contre les longs feux.
A cet effet, sur l’axe du levier d’éclipse est calé un plateau portant une encoche, dans laquelle peut s’engager le bec d’un verrou à contrepoids relié par une tringle oblique à un arc ayant son centre sur l’axe de rotation de la pièce et fixé au tirant de droite de l’affût. Contre cet arc s’appuie normalement l’extrémité d’un tampon à ressort logé dans la contretige du frein de retour en batterie de droite.
Sur la plaque de fondation est monté un cliquet à ressort, dont le bec arrière peut accrocher le bec du verrou à contrepoids, et dont le talon avant peut être repoussé par une rampe portée par la roue dentée qui supporte la chaîne de contrepoids d’équilibre du canon.
Lorsque le coup part, la pièce en reculant, entraîne la contre-tige du frein et le tampon à ressort. L’arc n’étant plus appuyé vers l’arrière, le contrepoids du verrou tombe et dégage le bec du verrou de l’encoche du plateau porté par le levier d’éclipse. Le verrou est accroché au passage par le bec du cliquet à ressort et l’on peut manœuvrer le levier d’éclipse.
Le coup parti, on amène la pièce à la position de chargement, la rampe de la roue dentée repousse le talon du cliquet en dégageant le verrou, comme d’ailleurs la pièce en rentrant en batterie a reporté vers l’avant l’arc auquel est reliée la tringle oblique, le bec du verrou repoussé par cette tringle vient tomber dans l’encoche du plateau et la sécurité est rétablie jusqu’au départ d’un nouveau coup.
Pour éclipser la tourelle, soit au cours d’une manœuvre à blanc, soit à la suite d’un tir sous l’angle de 10º (position de chargement), il est nécessaire d’appuyer sur le contrepoids du verrou en même temps qu’on tire sur le levier d’éclipse.
Munitions et débouchoir.
A. Munitions.

La tourelle de 155 raccourci possède une portée maximale de tir de 7200 m, elle est approvisionnée en obus explosifs et en obus à mitraille.
Les obus explosifs sont des obus allongés modèle 1890 munis de détonateurs modèle 1895 ou modèle 1895 modifié 1904 avec retard amovible. Il sont armés en principe de la fusée de siège de 30/45 modèle 1892 ou à défaut de la fusée de 30mm SM modèle 1878 ou modèle 1892. Les obus à mitraille sont munis d’une fusée à tenon (fusée à D E de 30/55 Modèle 1889T) avec coiffe vernie.

La charge complète (Charge 0) se compose de 5 sachets annulaires remplis de poudre BSP, à savoir :
- 3 centraux de 0,725 kg de poudre BSP (A1, A2, A3)
- 1 périphérique de 0,425 kg de poudre BSP (B)
- 1 périphérique de 0,875kg de poudre BSP (C)
Et de 2 boudins d’allumage D1, D2 renfermant chacun 6 lames de poudre BSP disposées en triangle et contenant à l’intérieur 15g de poudre C1.
Les 6 lames de l’un des boudins sont prélevées sur le fagôt périphérique de 0,425kg et les 6 lames de l’autre boudin sur le fagot périphérique de 0,875kg.
- La charge 0 comporte ainsi en total 3,475 kg BSP + 30gr C₁
- En enlevant le sachet A₁ on obtient la charge 1 (2,475 kg BSP + 30 gr C₁. ).
- En enlevant les sachets A₁, A2 & B, on obtient la charge 2 (1,6kg BSP + 30 gr C₁.)

La charge est partiellement contenue dans une douille en acier à culot sphérique concave, surmontée d’une collerette à griffes, en laiton. La douille est munie à sa partie centrale d’un tube porte amorce analogue à celui des douilles de 75. La douille en acier a été remplacée par une douille en laiton après 1912.
B. Débouchoir.
Le débouchoir, suspendu à un support spécial, décrit ci-après, comprend une cloche destinée à coiffer l’obus à déboucher et un levier de manoeuvre.
La cloche comporte : une boîte d’ogive, un écrou du correcteur, un écrou porte lame, un cylindre gradué, une boîte de fusée et un chariot porte lame avec son support.
La boîte d’ogive, cylindro tronconique, est intérieurement munie, à sa partie inférieure, d’une coiffe ayant le profil de l’obus à déboucher et, à sa partie supérieure, d’un fond présentant une mortaise pour le logement du tenon de la fusée du projectile. Elle s’engage à vis dans l’écrou du correcteur, fileté lui-même extérieurement pour être vissé dans l’écrou porte lame. Ce dernier est cerclé par le cylindre gradué, dont les divisions correspondent aux distances de tir, de 50 en 50 mètres.
Eclairage des tourelles Galopin modèle 1907
Eclairage au pétrole et à bougie

L’éclairage des différents locaux de la tourelle est assuré par des lanternes d’Artillerie placées aux différents niveaux :
Dans la chambre de tir :
- 3 lanternes fixes, à réflecteur bi-angulaire à bougie, placées dans des supports à collier.
- 1 lanterne à main, portative au pétole, accrochée à la gaine de ventilation, face au chargeur.
Etage intermédiaire :
- 4 lanternes fixes, à réflecteur bi-angulaire à bougie (une par trumeau), placées dans des supports à collier.
- 1 lanterne fixe, à réflecteur parabolique à bougie, pour éclairer la circulaire graduée et son index.
- 1 lanterne fixe, à réflecteur parabolique à bougie, pour éclairer les graduations des secteurs de hausse et de site.
- 1 lanterne fixe, à réflecteur parabolique à bougie, pour éclairer le débouchoir.
Etage inférieur :
- 4 lanternes fixes, à réflecteur bi-angulaire à bougie, placées dans des supports à collier dont deux près du monte-charges.
Lanternes de rechange :
- 1 lanterne à main, portative au pétole.
- 2 lanternes fixes, à réflecteur bi-angulaire à bougie.
- 1 lanterne fixe, à réflecteur parabolique à bougie.
L’approvisionnement normal de la tourelle comporte 200 kilogrammes de bougies, soit 3200 bougies. Cet approvisionnement ne permettrait l’éclairage complet et continu de la tourelle que pendant 30 journées de 24 heures environ.
La tourelle ne sera éclairée entièrement que pour le combat et lors des périodes de siège. Il conviendra, en général, de s’abstenir d’allumer aucune bougie à l’intérieur de la tourelle, en dehors de ses périodes afin d’économiser les bougies
Le service de l’Intendance est chargé de réunir et de conserver le pétrole nécessaire au remplissage des deux lanternes à main en temps de guerre.
L’éclairage électrique
Dans certains forts équipés d’une usine électrique, l’éclairage électrique des tourelles est assuré grâce à 15 lampes qui sont réparties dans les différents niveaux de la tourelle. Les lanternes à bougie sont conservées en cas de défaillance de l’alimentation électrique.
Les lampes électriques sont placées en applique sur les supports actuels des lanternes à bougie. Elles sont munies dans ce but à leur partie inférieure d’une douille de même forme et de mêmes dimensions que les lanternes actuelles pouvant recevoir une ampoule de type courant de 10 bougies à filament de carbone et fixation à baïonnette.
Le circuit d’éclairage électrique de chaque tourelle comprend deux parties, l’une correspondant aux lampes fixes, l’autre aux lampes solidaires des parties mobiles. Ces deux parties étant reliées par un dispositif permettant le passage du courant des parties fixes aux parties mobiles. Dans certains ouvrages électrifiés par manque de temps, seule la partie fixe sera installée avant la Grande Guerre.
Parties fixes. 11 lampes réparties de la façon suivante :
- Sous-sol. 1 lampe en arrière du contrepoids moteur.
- Etage inférieur. 4 lampes réparties le long de la paroi circulaire.
- Etage intermédiaire. 4 lampes réparties le long de la paroi circulaire, 1 lampe éclairant le débouchoir et 1 lampe éclairant l’index d’orientation.
Parties mobiles. 4 lampes réparties de la façon suivante :
- Etage intermédiaire. 1 lampe éclairant les arcs de pointage en hauteur.
- Chambre de tir. 3 lampes fixées à la paroi.
Dispositif de passage du courant des parties fixes aux parties mobiles. Ce dispositif se compose de deux cercles de contact fixés à l’intérieur du conduit circulaire de ventilation (étage intermédiaire) et deux frotteurs solidaires de la pièce mobile formant couvercle de ce conduit. Le Service local du Génie était chargé d’amener les fils de la partie fixe du circuit sous le plancher de l’étage intermédiaire à l’endroit où il est traversé par le tuyau de ventilation laissant un excédent de 1,5m de longueur en fil sous plomb.
Manoeuvre électrique de la tourelle Galopin de 155R 07
Un projet de 1912 prévoyait d’électrifier certaines manœuvres de la tourelle, en installant un électromoteur de 4000 watts pour remplacer les hommes au treuil de manœuvres, en plaçant un électromoteur de 300 watts à chacun des monte-charges pour l’approvisionnement des munitions et en équipant le ventilateur d’un électromoteur de 300 watts pour faciliter l’aspiration des gaz de tir.

du fort de Vacherauville à Verdun. Service Historique de la Défense Vincennes GR9NN 4/163
La première tourelle qui aurait dû recevoir ces améliorations est la tourelle Galopin N°12 du fort de Vacherauville à Verdun qui était en fin d’installation à la déclaration de guerre. Le système de levage de la marque Chatillon et Commentry comprenant, un électromoteur de 5 à 6 chevaux, un panneau de distribution portant un démarreur, un ampèremètre, une lampe applique et un coupe circuit a été commandé d’après un marché le 15 janvier 1914. L’installation d’un coût de 6775 frs avec le transport et le montage devait être placé sur la trappe en bois qui recouvre la fosse du contrepoids moteur. Les travaux étaient prévus lors de l’installation de la tourelle, mais ils n’ont pas été réalisés. Cette électrification aurait permis de réduire le temps de relevage du contrepoids moteur à une dizaine de secondes.
Installation et coût des tourelles Galopin de 155R 07
Le coût de fabrication d’une tourelle de 155R07 sortie d’usine avoisine les 500 000 Frs en 1912. Ce prix comprend la fourniture, le transport, le montage, l’armement et les substructions du massif protecteur considéré isolément. Il ne tient pas en compte des installations accessoires : magasin aux munitions, ateliers divers, postes de commandement et d’observations dont l’importance varie avec les circonstances locales ou avec le regroupement des engins.
Délais d’exécution prévus
Ces cuirassements sont fabriqués par différents constructeurs après avoir remportés différents marchés de gré à gré, passés en fonction des renforcements ou de la construction des forts. Les tourelles doivent être installées dans les 15 à 24 mois après leur commande. Cette dernière étaient effectuée par l’armée parfois deux ans après les marchés de Gré à Gré. L’installation d’une tourelle de 155R 07 dans une fortification après son marché pouvait aller jusqu’à 4 ans.
Prix de la fourniture et du montage des tourelles Galopin de 155R 07
A) Fourniture. (Exemple d’après le marché du 6 octobre 1908)
Chaque tourelle a été payée au fournisseur au prix forfaitaire de 337 300 Frs, se décomposant comme il suit :
- Cuirassement de toiture 80 300 Frs.
- Cuirassement vertical 51 550 Frs.
- Doublages 10 600 Frs.
- Corps de tourelle (partie tournante) 28 850 Frs.
- Affûts et mécanismes fixés à la partie tournante 39 100 Frs.
- Appareils du mouvement d’éclipse (compris les balanciers d’équilibre avec leurs rotules, leur poutre support, les heurtoirs, la sellette avec les galets du mouvement de rotation) et du mouvement de rotation 67100 Frs.
- Contrepoids d’équilibre en fonte 11 500 Frs.
- Guidages, charpente fixe et plancher 19 800 Frs
- Appareils accessoires (ventilation, éclairage, monte-charges), outillage, rechanges, portes, échelles, casiers, circulaire graduée 26 400 Frs.
- Emballage, chargement, sur wagon et livraison en gare 2 100 Frs
B) Montage. Le montage définitif d’une tourelle et de son avant-cuirasse a été payé au fournisseur au prix forfaitaire 16 000 Fr.
Inventaire des tourelles Galopin de 155R 07
Cette tourelle sera produite en 13 exemplaires, seuls 12 seront installés, elles sont identifiées par un numéro de série et une plaque fabriquant vissée sur le corps de la tourelle à l’étage intermédiaire.



Il était projeté d’en installer encore 18 autres dans les 4 places fortes de l’Est (Verdun, Toul, Epinal et Belfort), mais la déclaration de guerre vient mettre fin à ces projets. Dans d’autres forts, lorsque la configuration le permettait, les projets d’installation de ces tourelles seront remplacés par des tourelles tournantes pour un canon de 155 court modèle 1908 qui sont moins coûteuses à produire.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’occupant va en ferrailler 8 sous l’organisation Todt afin de récupérer le métal pour refaire du matériel de guerre. Aujourd’hui, seule la tourelle du fort d’Uxegney est en état de marche après plusieurs années de restauration par une association de bénévoles, elle a été remise en service le 21 février 1993. Les autres tourelle à Verdun au fort de Douaumont, du Rozelier et de Moulainville ne sont plus en état de fonctionnement. Elles sont aujourd’hui dans un triste état.
Tourelles Galopin de 155R 07 installées
Marché Châtillon et Commentry du 17 juin 1905 : Usines Saint-Jacques à Montluçon
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 1 | Fort de Douaumont à Verdun | 1908 | En place, restaurée mais bloquée en position batterie (Visitable) |
| 2 | Fort de Moulainville à Verdun | 1908 | Sabotée en 1940. En place, avec son canon |
| 3 | Fort du Rozelier à Verdun | 1908 | En place, sans son canon, manque des pièces |



Marché des forges & aciéries de la Marine à Homécourt du 30 mai 1907 : Usines Saint-Chamond
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 4 | Batterie cuirassée extérieure du fort de Lucey à Toul | mai 1910 | Ferraillée par les Allemands en 1943 |
| 5 | Batterie cuirassée extérieure du fort de Lucey à Toul | mai 1910 | Ferraillée par les Allemands en 1943 |


Marché Châtillon et Commentry du 31 mai 1907 : Usines Saint-Jacques à Montluçon
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 6 | Fort de Roppe à Belfort | 1910 | Ferraillée par les Allemands en 1943 |
| 7 | Fort de Dogneville à Epinal | 1910 | Ferraillée par les Allemands en 1943 |

Pierre RICHARD

Marché des forges & aciéries de la Marine à Homécourt du 7 octobre 1908 : Usines Saint-Chamond
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 8 | Fort du Bois d’Oye à Belfort | Novembre 1911 | Ferraillée par les Allemands en 1943 |

Marché de la Compagnie Schneider du 6 octobre 1908 : Usines du Creusot
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 9 | Batterie cuirassée extérieure du fort de Longchamp à Epinal | Février 1912 | Ferraillée par les allemands en 1943 reste des morceaux de coupole |
| 10 | Fort d’Uxegney à Epinal | Juillet 1912 | En parfait état de conservation et de fonctionnement (Visitable) |


Marché Châtillon et Commentry du 4 novembre 1910 : Usines Saint-Jacques à Montluçon
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 12 | Fort de Vacherauville à Verdun (tourelle Ouest) | Juillet 1914 | Désarmée juste avant la seconde guerre le tube est aujourd’hui dans la tourelle du fort de Douaumont Ferraillée par les allemands en 1943 reste des morceaux de coupole |

Marché des forges & aciéries de la Marine à Homécourt du 2 mars 1910 : Usines Saint-Chamond
| N° de la tourelle | Fort ou ouvrage | Prête à tirer | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| 13 | Fort de Vacherauville à Verdun (tourelle Est) | mai 1915 | Ferraillée par les allemands en 1943 reste des morceaux de coupole |

Tourelles Galopin de 155R 07 commandées
Marché des forges & aciéries de la Marine à Homécourt du 2 mars 1910 : Usines Saint-Chamond
| N° de la tourelle | Emplacement suposé | Infos diverses |
|---|---|---|
| 11 | Affectation inconnue |
Marché de la Compagnie Schneider du 20 juillet 1912
| N° de la tourelle | Emplacement suposé | Infos diverses |
|---|---|---|
| 14 | Fort du Mont-Vaudois à Belfort | Les fondations de la tourelle sont en cours à la déclaration de Guerre |
| 15 | Fort du Mont-Vaudois à Belfort | Les fondations de la tourelle sont en cours à la déclaration de Guerre |
Marché des forges & aciéries de la Marine à Homécourt du 22 mars 1912 : Usines Saint-Chamond
| N° de la tourelle | Emplacement suposé | Infos diverses |
|---|---|---|
| 16 | Fort de Roppe (batterie cuirassée extérieure) à Belfort | Les fondations de la tourelles sont en cours à la déclaration de Guerre |
| 17 | Fort de Roppe (batterie cuirassée extérieure) à Belfort | Les fouilles de la tourelle sont en cours à la déclaration de Guerre |
Marché Ateliers & chantiers de la Loire du 23 juillet 1912
| N° de la tourelle | Emplacement suposé | Infos diverses |
|---|---|---|
| 18 | Fort des Adelphes (batterie cuirassée extérieure) à Epinal | Les fouilles de la tourelle sont en cours à la déclaration de Guerre |

D’autres tourelles de 155R 07 étaient prévues pour un montage qui devait être réalisé entre 1916 et 1920, comme :
- à Toul, 2 tourelles au fort de Domgermain dans une batterie cuirassée, 2 tourelles au fort d’Ecrouves dans une batterie cuirassée et 2 tourelles au fort de Blénod dans une batterie cuirassée.
- à Epinal, 2 tourelles au fort d’Uxegney dans une batterie cuirassée et 2 tourelles au fort du Roulon à l’intérieur du fort.
- à Belfort, 2 tourelles au fort Lachaux dans une batterie cuirassée.
D’autres forts étaient projetés de recevoir ce type de cuirassement, mais les montages ne sont pas datés.
Historique de ce cuirassement et épreuve du feu

Aucune tourelle Galopin de 155R 07 ne subira de destruction de la part de l’artillerie ennemie. Pendant la Grande Guerre et surtout pendant la bataille de Verdun, les tourelles de 155R07 en particulier celles de Douaumont, Vacherauville et Moulainville résisteront au déluge d’obus de tout calibres allant jusqu’au 420 mm et ouvriront le feu à plusieurs reprises. Les dégâts concerneront principalement les massifs bétonnés, leurs galeries d’accès et les avant-cuirasses en acier moulés dont les voussoirs venaient bloquer les engins pendant plusieurs jours. Ces réparations seront effectuées par les ouvriers du parc d’artillerie de Verdun lors des périodes d’accalmies.
A partir de mars 1916, le Capitaine Harispe et le Lieutenant Ménager qui commande le fort de Moulainville depuis le début de la bataille de Verdun chercherons à augmenter la portée de tir de la tourelle, afin d’y atteindre une batterie de deux pièces de 21 cm placée en dehors de sa portée initiale à près de 8200 mètres et qui bombardaient quotidiennement le fort avec des obus de rupture. Vers le 25 mars, cette modification sera réalisée par les ouvriers du parc d’Artillerie de Verdun qui ont alaisé l’ouverture dans la cuirasse au débouché du tube, en retouchant la partie inférieure en extérieur et la partie supérieure en intérieur. Ils ont aussi travaillé sur la rotule dans laquelle s’insère le tube en supprimant deux nervures qui venaient en appui sur les rebords de la cuirasse. Le tube étant lié par une rotule à l’avant, cela a permis de descendre sa culasse plus bas et donc d’augmenter la portée du champ de tir. Cette amélioration a permis à la tourelle d’augmenter son champ de tir de plus de plus de 1000 m, pour atteindre en 4 coups la batterie de pièces ennemies qui sera rendue au silence.
A la fin aout 1916, lors de réparation à la suite d’un violent bombardement, les ouvriers du parc d’Artillerie de Verdun en profitent pour remplacer le tube de la tourelle qui avait atteint sa dotation en coups, ils constatent lors du démontage que le l’ancien tube était peu usée et qu’il est en bon état grâce à l’entretient minutieux réaliser par l’équipe de la tourelle. La tourelle du fort de Moulainville a tirée à la fin de 1916, près de 8000 coups.
Dans les années 1930, les quatre tourelles de 155R 07 endommagées de la place forte de Verdun ont été remises en état, ainsi que leurs collerettes de béton et leurs avant-cuirasses.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs tourelles, comme Vacherauville, Douaumont, Moulainville, Longchamp, Dogneville et Roppe ouvriront à nouveaux le feu, alors que l’Armistice était sur le point d’être signé.
Les tourelles qui seront détruites pendant le second conflit mondial ont été volontairement détruites sous l’organisation Todt à partir de 1943.
