
Les batteries cuirassées
Les batteries cuirassées terrestres
La résistance des batteries d’artillerie est calculée en fonction de son rôle, de son armement, de son emplacement et de la configuration du terrain où elle est placée. Les batteries d’artillerie les plus résistantes sont les batteries cuirassées. Leur armement est placé sous tourelles cuirassées et elles possèdent différents locaux pour les servants. Mais ces batteries autonomes sont très couteuses, et leur emplacement doit être justifié.
En 1890, deux premières batteries cuirassées sont construites avec des cuirassements expérimentaux, elles seront installées dans un cas sur deux à l’emplacement d’ancienne batterie d’artillerie (fort de Souville à Verdun à l’emplacement d’une batterie d’artillerie équipée d’une tourelle Bussière de gros calibre et à l’extérieur du fort de Lucey à Toul équipée d’une tourelle de 155 court type Montluçon).



A partir de 1900, plusieurs projets prévoyaient d’installer des batteries cuirassées équipées d’une tourelle Galopin de 155L modèle 1890. Mais ce cuirassement très couteux ne sera pas produit en grand nombre et aucune batterie cuirassée en sera équipée. Il faut attendre la mise au point des tourelles Galopin de 155R 07 et des tourelles tournantes de 155C 08 pour prévoir des nouvelles batteries cuirassées moins coûteuses possédant un ou deux cuirassements.

Le choix du nombre de tourelle multiplie le coût de la batterie, mais il multiplie aussi ses performances. Une batterie cuirassée à deux tourelles peut viser plusieurs objectifs en même temps ou concentrer son feu sur la même cible.
Ces batteries, quand elles sont reliées au fort (fort de Longchamp à Epinal ou Lucey à Toul), annoncent la future structure des ouvrages Maginot de l’entre-deux-guerres.

Le plan type des nouvelles batteries cuirassées se compose d’un massif de béton dans lequel on installe une ou deux tourelles Galopin de 155R07 ou deux tourelles tournantes de 155C08 et un observatoire cuirassé. Des abris et des logements sont aménagés dans le massif de béton entre les deux tourelles souvent sur deux étages pour les servants et les fantassins car ces batteries sont complètement autonomes. Leur casernement possède cuisine, chambrées, citerne, télégraphie et latrines. Les extérieurs de la batterie sont entourés d’un réseau de queues de cochon et de fils de fer, ils sont défendus depuis un parapet d’infanterie.
Dans certains ouvrages, comme au fort de Roppe, on installera des batteries cuirassées plus petites à un étage équipées d’une tourelle de 75R 05, pour étendre l’action de flanquement de l’ouvrage.

Ces batteries cuirassées sont réparties comme les batteries d’artillerie terrestres dans les mêmes catégories :
- Les batteries cuirassées à vues directes sont équipées de une ou deux tourelles Galopin de 155R 07 (fort de Longchamp et fort de Lucey) ou d’une tourelle de 155L du type Bussière (fort de Souville) ou d’une tourelle de 75R 05 (fort de Roppe).

- Les batteries cuirassées dérobées aux vues sont équipées de deux tourelles Galopin de 155R 07 (fort de Roppe non terminée) ou de deux tourelles de 155C 08 (Fort de Longchamp) ou d’une tourelle de 155C du type Montluçon (isolée du fort de Lucey).

Inventaire des batteries cuirassées avant la Grande Guerre
En 1914, seules 6 batteries cuirassées sont terminées et opérationnelles, mais les travaux non terminés venaient de commencer pour la construction de 10 batteries cuirassées.
| Place Forte | Forts ou ouvrages | Année de construction | Type et nombre de tourelles et observatoires cuirassés | Etat Aujourd’hui |
|---|---|---|---|---|
| Verdun | Fort de Souville | 1890-1891 | 1 tourelle Buissière de gros calibre sans observatoire cuirassé | La tourelle est toujours dans son puits elle possède encore 1 tube |
| Toul | Batterie cuirassée à l’extérieur du fort de Lucey | 1890-1891 | 1 tourelle de 155C type Montluçon sans observatoire cuirassé. | Ferraillée en 1943 par l’occupant |
| Belfort | Fort de Roppe | 1906-1908 | 1 tourelle de 75 R05 avec son observatoire cuirassé. | Ferraillée en 1943 par l’occupant |
| Toul | Fort de Lucey | 1908-1910 | 2 tourelles Galopin de 155R07 avec deux observatoires cuirassés. | Ferraillée en 1943 par l’occupant |
| Epinal | Fort de Longchamp | 1910-1912 | 1 tourelle Galopin de 155R07 avec un observatoire cuirassé. | Ferraillée en 1943 par l’occupant |
| Epinal | Fort de Longchamp | 1912-1914 | 2 tourelles tournantes de 155C et 2 observatoires cuirassés. | Ferraillée en 1943 par l’occupant |


VAUBOURG Cédric




VAUBOURG Cédric


VAUBOURG Julie
Batteries cuirassées en cours de réalisation à la déclaration de guerre

| Place forte | Forts ou ouvrages | Type et nombre de tourelles sur la batterie cuirassée | Etat du chantier |
|---|---|---|---|
| Verdun | Fort de Douaumont | 2 tourelles tournantes de 155C et 1 tourelle de mitrailleuses | Le chantier est à l’état de fouille |
| Verdun | Fort de Douaumont | 1 tourelle de 75R 05 | Les bétonnages sont terminés mais le cuirassement n’a pas eu le temps d’être installé |
| Toul | Fort de Villey le Sec | 2 tourelles tournantes de 155C | Les bétonnages sont terminés mais les cuirassements n’ont pas eu le temps d’être installés |
| Trouée de Charmes | Batterie de l’Eperon | 1 tourelle de 75R 05 | Le chantier est à l’état de fouille |
| Epinal | Fort d’Uxegney | 2 tourelles Galopin de 155R07 | Les travaux allaient commencer en 1915 |
| Epinal | Fort des Adelphes | 2 tourelles Galopin de 155R07 | Les travaux allaient commencer en 1915 |
| Belfort | Fort de Roppe | 2 tourelles Galopin de 155R07 | Les travaux ont bien avancé, le rez-de-chaussée est réalisé |
| Belfort | Fort du Rudolphe | 2 tourelles tournantes de 155C | Le chantier est à l’état de fouille |
| Belfort | Fort de Bessoncourt | 2 tourelles tournantes de 155C | Le chantier est à l’état de fouille |
| Belfort | Fort du Bois d’Oye | 2 tourelles tournantes de 155C | Le chantier est à l’état de fouille |








Les batteries cuirassées côtières

Les batteries cuirassées côtières de bombardement sont analogues pour les locaux aux batteries cuirassées terrestres. Leur armement se compose d’une tourelle de 240 de côte fabriquée par la société Schneider équipée de deux canons de 240 mm de colonie modèle 1893-96. L’avantage principal offert par ces batteries de côtes cuirassées est de permettre de réduire le nombre de batteries côtières de bombardement et par suite le personnel nécessaire. Cette diminution est particulièrement avantageuse dans les colonies, où les troupes sont peu nombreuses et d’un entretien coûteux.
En 1914, trois batteries côtières sont installées pour la protection du littoral. Elles sont toutes installées à Dakar au Sénégal.
| Site d’installation | Place forte | Etat aujourd’hui |
|---|---|---|
| Cap Manuel | Dakar | Ferraillée après 1950 |
| Cap Bel Air | Dakar | Ferraillée après 1950 |
| Ile de Gorée | Dakar | En place avec canons de 240 modèle 1902-06 |



