Un des abri bétonné de l'ouvrage d'infanterie de Chaumoussey à Epinal. VAUBOURG Julie

Les ouvrages d’infanterie

Après la crise de l’obus torpille en 1885, la dispersion de l’artillerie va obliger à réorganiser les lignes d’infanterie de certaines places fortes en créant des fortifications adaptées à l’infanterie

Les ouvrages d’infanterie

Les ouvrages d’infanterie sont destinés, à compléter l’ossature de la zone principale de défense, à diminuer le cas échéant les dimensions de certains intervalles, à battre des régions ou points importants échappant aux vues des forts ou des ouvrages intermédiaires et à protéger les batteries d’artillerie des assauts d’infanterie.

Ces petites fortifications peuvent être employées dans les centres de résistance de la ligne des forts, elles peuvent aussi tenir la place d’ouvrages intermédiaires non achevés au moment de la mobilisation, faute de temps ou de crédits.

Leurs armements se compose en principe, que des feux d’infanterie. Dans le cas où ils remplaceraient des ouvrages intermédiaires, ils sont aménagés pour recevoir quelques pièces d’artillerie légères et des mitrailleuses modèle 1900 ou 1907.

Les premiers ouvrages sont construits vers 1888, il possèdent un profil triangulaire et se composent d’une tranchée adaptée au terrain. Le profil du front de tête et des flancs est généralement celui de la tranchée renforcée. Celui de la gorge est le profil de la tranchée pour tireur à genoux. L’ensemble est entouré par un obstacle plus ou moins important souvent complété d’un réseau de queues de cochon.

Plan d'un ouvrage d'infanterie type redoute de la place forte d'Epinal ou de Belfort. VAUBOURG Cédric
Plan d’un ouvrage d’infanterie type redoute de la place forte d’Epinal ou de Belfort. VAUBOURG Cédric

A Epinal et Belfort, les fantassins peuvent se protéger des éclats d’obus et des obus à balles dans un ou plusieurs abris se composant d’un mur en maçonnerie pourvu de niches pour munitions d’infanterie et d’une dalle de toiture en bois recouverte d’une fine couche de rocaille.

L'emplacement de l'abri en bois à la redoute de la Boucherante à Epinal. VAUBOURG Julie
L’emplacement de l’abri en bois à la redoute de la Boucherante à Epinal. VAUBOURG Julie

Dans d’autres places fortes comme à Toul, ils se protègent dans de petits abris en maçonnerie d’une résistance similaire.

L'intérieur d'un des petits abris de l'ouvrage de Gye à Toul. VAUBOURG Cédric
L’intérieur d’un des petits abris de l’ouvrage de Gye à Toul. VAUBOURG Cédric

A Verdun, ils trouvent des abris en maçonnerie ou en béton spécial à l’épreuve des obus de petits calibres.

Le petit casernement servant d'avri à l'ouvrage du Chapitre à Verdun. VAUBOURG Julie
Le petit casernement servant d’avri à l’ouvrage du Chapitre à Verdun. VAUBOURG Julie

À Langres et Besançon, les abris se compose d’un ou de petits casernements sous le roc ou en béton spécial à l’épreuve aussi des obus légers. Ces différents abris sont placés en fonction de la configuration des ouvrages, soit sous le parapet de tête, soit à la gorge.

Le petit casernement de l'ouvrage de Jorqueney à Langres. VAUBOURG Cédric
Le petit casernement de l’ouvrage de Jorqueney à Langres. VAUBOURG Cédric

Avec l’évolution des places fortes, vers 1900, certains ouvrages vont bénéficier d’améliorations pour protéger l’infanterie en fonction de leur importance et des crédits alloués.

Les parapets en terre de certains ouvrages seront améliorés en recevant des parapets d’infanterie bétonnés ou des masques blindés. Des guérites blindées seront installées pour observer les lignes ennemies.

Plan de l'ouvrage du Charmois à Toul en 1914 . VAUBOURG Cédric
Plan de l’ouvrage du Charmois à Toul en 1914. VAUBOURG Cédric

Les abris des ouvrages seront modernisés en recevant une dalle de béton armé qui protège des éclats d’obus et des abris de combat seront construits dans l’ouvrage ou à proximité pour héberger l’infanterie dans des locaux à l’épreuve.

Un des abri bétonné de l'ouvrage d'infanterie de Chaumoussey à Epinal. VAUBOURG Julie
Un des abri bétonné de l’ouvrage d’infanterie de Chaumousey à Epinal. VAUBOURG Julie

Certains ouvrages seront tellement modernisés qu’ils deviendront des ouvrages intermédiaires en recevant, des casemates bétonnées ou des tourelles cuirassées.

En 1914, les ouvrages d’infanterie seront reliés au réseau de télégraphie électrique. Ils sont appelés en fonction des places fortes redoutes d’infanterie, retranchements d’infanterie ou ouvrages d’infanterie. Leur armement est installé lors de la mise en défense de la place.

Les réduits de position

Aux ouvrages d’infanterie, il convient de rattacher les ouvrages dits « Réduits de Position » .

Ces réduits, établis dans les intervalles, en arrière des retranchements discontinus et des redoutes, ont pour objet de favoriser les retours offensifs et la réoccupation des positions abandonnées. Ils sont analogues aux ouvrages d’infanterie, et recevaient une garnison spéciale.

L'entrée du réduit du Bois d'Arche à Epinal. VAUBOURG Julie
L’entrée du réduit du Bois d’Arches, réduit de position à Epinal. VAUBOURG Julie