Une des cour du casernement du fort de Girancourt. VAUBOURG Cédric

Le fort de Girancourt ou fort Reynier

Le fort de Girancourt est un ouvrage à massif central et à batterie basse construit en grès jaune, il se situe à une dizaine de kilomètres à l’Ouest de la place forte d’Epinal, à une altitude de 422 mètres. Il devait appuyer et défendre les forts en rive droite de la Moselle et protéger le canal de l’Est, la voie ferrée vers Jussey et la route qui mène à Dijon. Il assurait aussi la défense des intervalles entre le fort d’Uxegney, la batterie de Sanchey, le réduit de Thiéha et le fort du Roulon.

Son éloignement de la place d’Epinal fait de ce fort à sa construction, un fort d’arrêt isolé capable de se défendre dans toutes les directions. À sa construction, ce fort possède de grandes ressemblances avec le fort du Roulon.
 

Dates de construction15 juillet 1879 – 1880.
Coût des travaux en 18851 340 000 Francs
Nom boulanger après 1887Reynier du nom d’un Général français de la Révolution et du Premier Empire Jean-Louis-Ébénézer Reynier
Effectif en 1885 – 472 hommes– 15 officiers
– 36 sous-officiers
– 416 soldats
– 1 infirmerie pouvant recevoir 44 malades
– 1 écurie pouvant recevoir 6 chevaux 
L’entrée du fort vers 1960. Cliché Philippe TRUTTMANN

Armement du fort entre 1882 et 1884 (33 pièces d’artillerie)

A sa construction, le fort ne possède pas de cuirassement. Son armement se compose de :

La défense des fossés est assurée par 3 caponnières armées de :

Projets de modernisation

Projet du 13 mars 1878

Plan du projet d'installation de la tourelle Mougin au fort de Girancourt - VAUBOURG Cédric
Plan du projet d’installation de la tourelle Mougin au fort de Girancourt – VAUBOURG Cédric
  • Installation d’une tourelle Mougin au centre du fort (non retenu en 1882)

Projet de renforcement de 1894

Programme 1900 Coût des travaux 1. 240. 000 Frs. Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Projet complémentaire de 1908 Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Projet complémentaire de 1909 Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

· Construction d’une deuxième casemate de Bourges et installation d’une deuxième tourelle de 155R 07 .

Projet complémentaire de 1914. Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Modernisations

L'entrée du fort et l'entrée de guerre en fond de fossé. VAUBOURG Cédric
L’entrée du fort et l’entrée de guerre en fond de fossé. VAUBOURG Cédric

Armement du fort et cuirassements installés entre 1884 et 1912

188419061908-1912
Pièces de rempart du fort7 canons de 155 long sur affût de siège et Place
3 canons de 120 long sur affût de Siège et Place
6 canons de 5 De Reffye
4 mortiers lisses de 22
2 canons de 138 De Reffye sur affut à soulèvement
4 canons de 120 long sur affût de Siège et Place
4 canons de 90 sur affut de campagne
2 mortiers lisses de 27
2 mortiers lisses de 22
6 canons de 90 sur affut de campagne
2 mortiers lisses de 27
2 mortiers lisses de 22
Cuirassements et casemates 
Défense des fossés4 canons de 5 De Reffye
4 canons à balles de Reffye
4 canons de 12 culasse
4 canons revolver de 40 mm
4 canons de 12 culasse
4 canons revolver de 40 mm
Nb de pièces332218

Plan d’espionnage allemand de 1912

Le fort de Girancourt en 1914

En 1914, le fort de Girancourt est un ouvrage peu modernisé de première catégorie de la 21ème région. Son armement principal est placé à l’air libre. Il n’a pas été renforcé en priorité, car en arrière de la place, les projets en cours ont été annulés à la déclaration de la guerre.

Equipements du fort en 1914

Coût des travaux en 1914Environ 2 200 000 Frs.
Capacité du casernement en maçonnerie de moellons463 places couchées.
Capacité du casernement à l’épreuve127 places couchées.
Capacité du magasin à poudre100 tonnes de poudre noire à la construction du fort.
Capacité du magasin aux cartouches700000 cartouches à la construction du fort.
Magasins à munitions construits après 18851 dépot de munitions bétonné à la place du magasin à poudre
La cuisine2 à 3 cuisinières de marque François-Vaillant.
Manutention ou boulangerie1 four en briques de 150 rations.
Puits et citernes1 puits équipé d’une pompe alimentant une citerne de 100 m³.
Pont de l’entrée principale1 levis système Devèze.
Pont de l’entrée de guerreAucun.
Communication de télégraphie électriqueAvec la batterie de Sanchey, le réduit du Thiéha et le central civil et militaire grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907.
Communication de télégraphie optiqueAucune.
Eclairage en 1914Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur du fort. 
Eclairage des fossés4 projecteurs oxyacétyléniques.

Effectif du fort en 1914

Garnison normale prévue au fort en 1914 d’après l’instruction du 30 juillet 1909Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905
Infanterie : 4 officiers,  250 soldats et 1 cheval du 37ème Régiment d’infanterie Territorial.
Artillerie : 66 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied.
Génie : Aucun.
Télégraphie : 2 sapeurs télégraphiste.
Soit un effectif de 4 officiers, 327 hommes et 1 cheval
Infanterie : 2 officiers et 151 soldatsdu 170ème RI.
Artillerie : 1 officier et 37 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied dont 1 gardien de batterie.
Génie et services divers : 3 télégraphistes
Soit un effectif de 194 hommes
 

Armement et cuirassement du fort en 1914 (20 pièces d’artillerie)

Défense des fossés

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

Batteries d’artillerie

Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie

Abris de combat et abris cavernes

  • Aucun.

Dépôts intermédiaires

Magasins de secteur

  • Aucun.

Le fort pendant la Grande Guerre

Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.

En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction du fort en cas d’approche de l’ennemi.

En 1917, le fort est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées de l’ouvrage se voient équipées de chicanes montées avec des sacs de terre et des rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades.

Effectif  maximum en 1916
– 201 soldats.
– 8 sous-officiers et 3 officiers.
Armement du fort fin 1915
– Aucune pièce de remparts
– 3 caponnières désarmées sans munitions.
Armement du fort fin 1917
– 3 caponnières armées mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur
– Quelques mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée.

Le fort de Girancourt après la Grande Guerre

Manoeuvre du pont à la Devèze du fort de Girancourt par les allemands en 1940. VAUBOURG Cédric

Après la grande guerre, le fort servira de dépôt de munitions, puis pendant la Seconde Guerre Mondiale, il recevra une faible garnison sans défense qui ne participera pas à la bataille d’Épinal.

Il sera en grande partie féraillé sous l’organisation Todt, le mécanisme du pont, les portes blindées et les grilles des portes disparaîtront à ce moment.

Après la libération il servira jusque dans les années 70 de dépôt de munitions.

Aujourd’hui, le fort est en mauvais état car les pierres des maçonneries ont été pillées, mais il reste cependant très intéressant.

Propriété de la commune de Girancourt. Son accès est strictement interdit sans autorisation.
 

La rue du rempart du fort de Girancourt dans les années 60. Philippe TRUTTMANN
La rue du rempart vers 1960. Philippe TRUTTMANN

Galerie photos du fort