La cour des casernement du fort de la Mouche. VAUBOURG Cédric

Le fort de la Mouche ou fort Bruat

Le fort de la Mouche est un ouvrage à massif central et à batterie basse construit en grès rose au Sud-est de la place forte d’Epinal, sur une colline à 474 mètres d’altitude. Il surveille la vallée de la Moselle jusqu’à Eloyes, le ravin d’Uzéfaing et celui de Dinozé. Il contrôle aussi la voie ferrée qui mène à Vesoul et il assure la défense des intervalles avec les forts de Razimont, d’Arches, du Bambois et le réduit du Bois d’Arches. A sa construction, le fort fait parti du rideau de la haute Moselle car la place d’Epinal n’est encore pas formée.

Dates de construction1er janvier 1876 – 31 décembre 1877
Coût des travaux en 18801 506 000 Francs
Nom boulanger après 1887Bruat du nom d’un Amiral de France Armand Joseph Bruat
Effectif en 1880 – 273 hommes– 7 officiers
– 16 sous-officiers
– 250 soldats
 – 1 infirmerie pouvant recevoir 15 malades
– 1 écurie pour 2 chevaux.
L'entrée du fort de la Mouche dans les années 60 Michel TRUTTMANN
L’entrée du fort de la Mouche dans les années 1960.
Cliché Philippe TRUTTMANN. Coll. Michel TRUTTMANN.

Armement du fort entre 1878 et 1880

A sa construction, le fort ne possède pas de cuirassement. Son armement se compose de :

Armement en 1878

La défense des fossés est assurée par 3 caponnières armées de :

20 pièces d’artillerie

Armement en 1880

La défense des fossés est assurée par 3 caponnières armées de :

24 pièces d’artillerie

Projets de modernisation

Projet de 1878

Projet de 1882

Programme 1900 Coût des travaux 499.000 Frs. Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Projet complémentaire de 1908 Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Projet complémentaire de 1914. Les travaux étaient prévus en 1915 – 1917.

Modernisations

En 1914, le fort de la Mouche est un ouvrage non modernisé de première catégorie de la 21ème région. Son armement principal est placé à l’air libre. Il n’a pas été renforcé en priorité, car on préfère renforcer le fort des Adelphes, jugeant le fort de la Mouche protégé par la forêt d’Epinal. Les projets en cours sont annulés à la déclaration de la guerre.

Equipements du fort en 1914

Coût des travaux en 1914Environ 2 000 000 Frs.
Capacité du casernement en maçonnerie de moellons264 places couchées
Capacité du casernement à l’épreuveAucun
Capacité du magasin à poudre57 tonnes de poudre noire à la construction du fort.
Capacité du magasin aux cartouches300000 cartouches à la construction du fort.
Magasins à munitions construits après 1885Aucun.
La cuisine2 cuisinières de marque François-Vaillant.
Manutention ou boulangerie1 four en briques de 200 rations.
Puits et citernes1 puits dans le fossé équipé d’une pompe alimentant une citerne de 370 m³.
Pont de l’entrée principale1 pont dormant et 1 pont à effacement latéral à chariot automoteur.
Pont de l’entrée de guerreAucun.
Communication de télégraphie électriqueAvec le poste optique de la Vierge, le fort de Razimont et avec le central civil et militaire de la place grâce à un téléphone Ader et une boite de forteresse
Communication de télégraphie optiqueAvec le fort d’Arches à 6,96 km depuis le poste optique du fort grâce à un appareil optique à pétrole d’un calibre 14.
Avec le fort de Pont Saint-Vincent à une distance de 56,5 km vers Nancy depuis le poste optique extérieur de la Vierge possédant un appareil optique oxyacétylénique d’un calibre 60.
Eclairage en 1914Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur du fort. 
Eclairage des fossés4 projecteurs oxyacétyléniques.

Effectif du fort en 1914

Garnison normale prévue au fort en 1914 d’après l’instruction du 30 juillet 1909Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905
Infanterie : 2 officiers et 125 soldats du 170ème RI et 1 officier et 62 hommes du 43ème Régiment d’infanterie Territorial.
Artillerie : 64 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied.
Génie : Aucun.
Télégraphie : 4 sapeurs télégraphiste.
Soit un effectif de 3 officiers et 255 hommes.
Infanterie : 1 officier et 117 soldats du 170ème RI et 1 officier et 63 hommes du 43ème Régiment d’infanterie Territorial.
Artillerie : 1 officier et 60 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied dont 1 gardien de batterie.
Génie et services divers : 1 télégraphiste.
Soit un effectif de 243 hommes.

Armement et cuirassement du fort en 1914 (20 pièces d’artillerie)

La maison du gardien de batterie du fort de la Mouche en 1900
La maison du gardien de batterie du fort de la Mouche en 1900.
VAUBOURG Cédric

Défense des fossés

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

Batteries d’artillerie

Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie

Abris de combat et abris cavernes

Dépôts intermédiaires

  • Aucun.

Magasins de secteur

Le fort pendant la Grande Guerre

Vue aérienne allemande du fort de la Mouche en février 1915
Vue aérienne allemande du fort de la Mouche en février 1915

Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.

En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction du fort en cas d’approche de l’ennemi.

En 1917, le fort est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées de l’ouvrage se voient équipées de chicanes montées avec des sacs de terre et des rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades.

Effectif  maximum en 1916
– 121 soldats.
– 5 sous-officiers et 3 officiers.
Armement du fort fin 1915
– 6 mortiers lisses de 22
– 1 mortiers lisses de 15
– 3 caponnières armées de 4 canons révolver de 40 mm et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions.
Armement du fort fin 1917
– 3 caponnières armées de 4 canons révolver de 40 mm et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions. On y installe 8 mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur. Elles servent à remplacer une pièce défectueuse de flanquement.
– 12 mitrailleuses et 26 fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée.
Effectif maximum en 1917
– Artillerie : 64 hommes
– Infanterie : 1 compagnie
– Génie : 10 hommes

Le fort de la Mouche après la Grande Guerre

En 1932, 2 cuves anti-aériennes équipées de pièces de 75 sur affût anti-aérien modèle 1915 seront aménagées pour protéger la ville des bombardements.

Pendant la seconde guerre mondiale, le fort servira de prison aux juifs et aux résistants avant d’être déportés dans les camps de concentration.

Puis, le fort sera utilisé par l’armée comme dépôt de munitions jusque dans les années 1990.
Aujourd’hui, le fort reste en très bon état, il mériterait une restauration pour le mettre en valeur. Propriété de l’armée, son accès est interdit.

Galerie photos du fort