
La batterie de la Voivre ou fort Lasalle
La batterie de la Voivre est le plus petit « fort » de la place forte d’Épinal avant la crise de l’obus torpille. Cette batterie intermédiaire se situe sur la rive droite de la Moselle, sur une colline à une altitude de 364 mètres, en arrière du fort de Longchamp. Elle est placée entre le fort de Longchamp et celui des Adelphes pour renforcer la zone principale de défense entre ces ouvrages. Sa mission principale était de surveiller la route de Rambervillers, et de soutenir les forts de Dogneville, de Longchamp, des Adelphes et de Razimont. L’armement de la batterie est renforcée par deux batteries d’artillerie annexes placées de chaque côté de l’ouvrage.
| Dates de construction | 1882 – 1884 |
| Nom boulanger après 1887 | Fort Lasalle du nom d’un Général de Brigade Antoine Charles Louis de Lasalle en 1800. |
| Coût des travaux en 1885 | 550 000 Francs |
| Effectif en 1885 – Environ 100 hommes | – Plusieurs officiers et sous-officiers – Environ 80 soldats |

Armement de la batterie entre 1884 et 1890 (13 pièces d’artillerie)
A sa construction, le fort ne possède pas de cuirassement. Son armement se compose de :
- 4 canons de 95 sur affût de Siège et Place ou de campagne
- 4 canons de 120 long sur affût de Siège et Place
- 2 mortiers de 22 lisses
La défense des fossés est assurée par 2 caponnières armées de :

VAUBOURG Cédric
Projets de modernisation
Programme 1900 Coût des travaux 20 000 Frs.
- Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives devant l’entrée et au dessus des caponnières.

Modernisations
- 1890-1900 Connexion au réseau de voie de 60 et installation d’une voie dans la cour de la batterie.
- 1900-1906 Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives devant l’entrée du fort et au dessus des caponnières.
- 1907-1908 Modification des plateformes de tir en les surélevant pour y placer des pièces de campagne.
- 1910 Installation de cinq projecteurs oxyacétyléniques pour l’éclairage des fossés.




Armement de la batterie et cuirassements installés entre 1900 et 1910
| 1906 | 1908 à 1912 | |
|---|---|---|
| Pièces de rempart du fort | 4 canons de 120 long sur affût de Siège et Place | 4 canons de 80 de campagne |
| Cuirassements et casemates | ||
| Défense des fossés | 3 canons revolver de 40 mm et fusils | 3 canons revolver de 40 mm et fusils |
| Nb de pièces | 7 | 7 |
La batterie de la Voivre en 1914

La batterie de la Voivre ne recevra pas d’autre modernisation, car elle est très près de la ville, il faut donc éloigner la ligne de défense en construisant un ouvrage intermédiaire près de Deyvillers. En 1914, cette batterie est un ouvrage non modernisé de première catégorie de la 21ème région qui possède un armement principal placé à l’air libre.
Equipement de la batterie en 1914
| Coût des travaux en 1914 | 550 000 Francs |
| Capacité du casernement en maçonnerie de moellons | 105 places couchées. |
| Capacité du casernement à l’épreuve | Aucun. |
| Capacité du magasin à poudre | 52 tonnes de poudre noire avant la modernisation. |
| Capacité du magasin aux cartouches | Plusieurs magasins à munitions dans les traverse abri. |
| Magasins à munitions construits après 1885 | Aucun |
| La cuisine | 1 à 2 cuisinières de marque François-Vaillant. |
| Manutention ou boulangerie | Pas de Boulangerie, le pain provient de la place ou des forts de Dogneville ou de Longchamp. |
| Puits et citernes | 1 citerne de 32 m3 alimentée par une pompe à bras prenant l’eau dans un puits intérieur. |
| Pont de l’entrée principale | 1 pont levis à bascule en dessous. |
| Pont de l’entrée de guerre | Aucun. |
| Communication de télégraphie électrique | Avec les forts de Dogneville ou de Longchamp et avec le central civil et militaire de la place par le biais de l’Hôtel de Ville d’Epinal grâce à un téléphone Ader et une boite de forteresse. |
| Communication de télégraphie optique | Aucune. |
| Eclairage en 1914 | Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur de la batterie. |
| Eclairage des fossés | 5 projecteurs oxyacétyléniques. |



Effectif de la batterie en 1914
| Garnison normale prévue de la batterie en 1914 | Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905 |
|---|---|
| Infanterie : 1 officier et 62 soldats du 170ème RI . Artillerie : 1 officier et 43 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied. Auxiliaires des places fortes : Aucun. Génie et services divers : 2 télégraphistes. Soit un effectif de 2 officiers et 108 hommes | Infanterie : 1 officier et 54 soldats du 170ème RI. Artillerie : 44 soldats du 8ème régiment d’Artillerie à pied dont 1 gardien de batterie et 5 auxiliaires de place forte. Génie et services divers : 2 télégraphistes Soit un effectif de 101 hommes |
Armement et cuirassements du fort en 1914 (7 pièces d’artillerie)
- 1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches.
- 2 canons de 120 long sur affût SP approvisionnés à 700 coups/pièce.
- Aucun

- 1 caponnière double de tête armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce.
- 1 caponnière simple armée de 1 canon révolver approvisionné à 1800 coups.
- 1 caponnière double de gorge défendue aux fusils.
Les différents éléments extérieurs à proximité de la batterie en 1914

- 2 batteries d’artillerie annexes désarmées.
Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie
- Aucun.
Abris de combat et abris cavernes
- Aucun.
- Aucun.
- Magasin de secteur du Saut-le-Cerf construit en 1889.
La batterie pendant la Grande Guerre
Fin 1915, désarmement progressif de la batterie pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.
En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi.
En 1917, l’ouvrage est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées de la batterie se voient équipées de chicanes montées avec 10000 sacs de terre et 300 rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Certaines ouvertures des fenêtres ou des passages les plus exposées aux obus dans le casernement de paix sont fermées avec des moellons de maçonnerie.
| Effectif maximum en 1916 – 49 soldats – 2 sous-officiers et 1 officier | Armement de la batterie fin 1915 – Aucune pièce de remparts – 2 caponnières armées de 3 canons revolver de 40 mm avec leurs munitions. | Armement de la batterie fin 1917 – 2 caponnières armées 3 canons revolver de 40 mm et de 4 mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur qui viennent d’être installés. Elles servent à remplacer une pièce défectueuse de flanquement. – 8 mitrailleuses et 16 fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée |
| Effectif maximum en 1917 – Artillerie: 24 hommes – Infanterie: 2 sections – Génie: 6 hommes |
La batterie de la Voivre après la Grande Guerre

La batterie a été ferraillée pendant le second conflit mondial sous l’organisation Todt puis elle sera abandonnée par l’armée dans les années 1950.
Aujourd’hui, elle est en très mauvais état, car elle est parcellement remblayée, pour laisser la place à un terrain de moto cross.
Propriété de la commune de Jeuxey, son accès est interdit.
Galerie photos de la batterie










VAUBOURG Cédric

VAUBOURG Julie




