L'entrée de la batterie de la Voivre. VAUBOURG Cédric

La batterie de la Voivre est le plus petit « fort » de la place forte d’Épinal avant la crise de l’obus torpille. Cette batterie intermédiaire se situe sur la rive droite de la Moselle, sur une colline à une altitude de 364 mètres, en arrière du fort de Longchamp. Elle est placée entre le fort de Longchamp et celui des Adelphes pour renforcer la zone principale de défense entre ces ouvrages. Sa mission principale était de surveiller la route de Rambervillers, et de soutenir les forts de Dogneville, de Longchamp, des Adelphes et de Razimont. L’armement de la batterie est renforcée par deux batteries d’artillerie annexes placées de chaque côté de l’ouvrage.

Dates de construction1882 – 1884
Nom boulanger après 1887Fort Lasalle du nom d’un Général de Brigade Antoine Charles Louis de Lasalle en 1800.
Coût des travaux en 1885550 000 Francs
Effectif en 1885 – Environ 100 hommes– Plusieurs officiers et sous-officiers
– Environ 80 soldats
Photo allemande de l'entrée de la batterie en juin 1940 - Lionel PRACHT
Photo allemande de l’entrée de la batterie en juin 1940 – Lionel PRACHT

Armement de la batterie entre 1884 et 1890 (13 pièces d’artillerie)

A sa construction, le fort ne possède pas de cuirassement. Son armement se compose de :

La défense des fossés est assurée par 2 caponnières armées de :

Photo allemande de la façade du magasin à poudre en 1940 depuis la galerie principale. 
VAUBOURG Cédric
Photo allemande de la façade du magasin à poudre en 1940 depuis la galerie principale.
VAUBOURG Cédric

Projets de modernisation

Programme 1900 Coût des travaux 20 000 Frs.

La cour entre la galerie principale et le magasin à poudre. VAUBOURG Julie
La cour entre la galerie principale et le magasin à poudre. VAUBOURG Julie

Modernisations

Armement de la batterie et cuirassements installés entre 1900 et 1910

19061908 à 1912
Pièces de rempart du fort4 canons de 120 long sur affût de Siège et Place4 canons de 80 de campagne
Cuirassements et casemates 
Défense des fossés3 canons revolver de 40 mm et fusils3 canons revolver de 40 mm et fusils
Nb de pièces77

La batterie de la Voivre en 1914

La batterie de la Voivre ne recevra pas d’autre modernisation, car elle est très près de la ville, il faut donc éloigner la ligne de défense en construisant un ouvrage intermédiaire près de Deyvillers. En 1914, cette batterie est un ouvrage non modernisé de première catégorie de la 21ème région qui possède un armement principal placé à l’air libre.

Equipement de la batterie en 1914

Coût des travaux en 1914550 000 Francs
Capacité du casernement en maçonnerie de moellons105 places couchées.
Capacité du casernement à l’épreuveAucun.
Capacité du magasin à poudre52 tonnes de poudre noire avant la modernisation.
Capacité du magasin aux cartouchesPlusieurs magasins à munitions dans les traverse abri.
Magasins à munitions construits après 1885Aucun
La cuisine1 à 2 cuisinières de marque François-Vaillant.
Manutention ou boulangeriePas de Boulangerie, le pain provient de la place ou des forts de Dogneville  ou de Longchamp.
Puits et citernes1 citerne de 32 m3 alimentée par une pompe à bras prenant l’eau dans un puits intérieur.
Pont de l’entrée principale1 pont levis à bascule en dessous.
Pont de l’entrée de guerreAucun.
Communication de télégraphie électriqueAvec les forts de Dogneville  ou de Longchamp et avec le central civil et militaire de la place par le biais de l’Hôtel de Ville d’Epinal grâce à un téléphone Ader et une boite de forteresse.
Communication de télégraphie optiqueAucune.
Eclairage en 1914Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur de la batterie. 
Eclairage des fossés5 projecteurs oxyacétyléniques.

Effectif de la batterie en 1914

Garnison normale prévue de la batterie en 1914  Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905
Infanterie : 1 officier et 62 soldats du 170ème RI .
Artillerie : 1 officier et 43 soldats du 8ème régiment d’artillerie à pied.
Auxiliaires des places fortes : Aucun.
Génie et services divers : 2 télégraphistes.
Soit un effectif de 2 officiers et 108 hommes 
Infanterie : 1 officier et 54 soldats du 170ème RI.
Artillerie : 44 soldats du 8ème régiment d’Artillerie à pied dont 1 gardien de batterie et 5 auxiliaires de place forte.
Génie et services divers : 2 télégraphistes
Soit un effectif de 101 hommes
 

 

Armement et cuirassements du fort en 1914 (7 pièces d’artillerie)

Pièces de rempart du fort

Cuirassements et casemates

  • Aucun

Défense des fossés

Une des deux chambres de tir de la caponnière de tête. VAUBOURG Cédric
Une des deux chambres de tir de la caponnière de tête. VAUBOURG Cédric

Les différents éléments extérieurs à proximité de la batterie en 1914

Batteries d’artillerie

Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie

  • Aucun.

Abris de combat et abris cavernes

  • Aucun.

Dépôts intermédiaires

  • Aucun.

Magasins de secteur

La batterie pendant la Grande Guerre

Fin 1915, désarmement progressif de la batterie pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.

En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi.

En 1917, l’ouvrage est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées de la batterie se voient équipées de chicanes montées avec 10000 sacs de terre et 300 rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Certaines ouvertures des fenêtres ou des passages les plus exposées aux obus dans le casernement de paix sont fermées avec des moellons de maçonnerie.

Effectif  maximum en 1916
– 49 soldats
– 2 sous-officiers et 1 officier
Armement de la batterie fin 1915
– Aucune pièce de remparts
– 2 caponnières armées de 3 canons revolver de 40 mm avec leurs munitions.
Armement de la batterie fin 1917
– 2 caponnières armées 3 canons revolver de 40 mm et de 4 mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur qui viennent d’être installés. Elles servent à remplacer une pièce défectueuse de flanquement.
– 8 mitrailleuses et 16 fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée
Effectif maximum en 1917
– Artillerie: 24 hommes
– Infanterie: 2 sections
– Génie: 6 hommes

La batterie de la Voivre après la Grande Guerre

La batterie a été ferraillée pendant le second conflit mondial sous l’organisation Todt puis elle sera abandonnée par l’armée dans les années 1950.

Aujourd’hui, elle est en très mauvais état, car elle est parcellement remblayée, pour laisser la place à un terrain de moto cross.

Propriété de la commune de Jeuxey, son accès est interdit.

Galerie photos de la batterie