
L’ouvrage B de Thiaumont
L’ouvrage B de Thiaumont est un petit ouvrage d’infanterie construit en rive droite de la Meuse de la place forte de Verdun entre l’ouvrage de Froideterre et le fort de Douaumont à 350 mètres d’altitude. A sa construction, cette petite fortification est un ouvrage d’infanterie, qui renforce la défense entre ses deux ouvrages, puis il sera ensuite complètement modernisé avec la construction d’une tourelle de mitrailleuses GF4 et d’une casemate de Bourges.
| Dates de construction | 1887-1893 & 1902-1905 |
| Coût des travaux en 1888 | 54 249,6 Frs |
| Effectif en 1890 | Environ 50 hommes |

Projets de modernisation
Projet de 1882
- Construction d’un fort de forme polygonale en maçonnerie armés de 8 pièces d’artillerie de remparts dont les fossés sont défendus depuis trois caponnières.
Programme 1900 Coût des travaux 277 000 Frs
- Modernisation de l’ouvrage en réorganisant les parapets, en construisant un abri de rempart pour 50 hommes assis. Installation de trois tourelles de mitrailleuses GF4 et d’un observatoire cuirassé. Le tout entouré de grilles défensives et d’un réseau de queues de cochon.
Projet complémentaire de 1901
- Construction d’une casemate de Bourges.
Projet complémentaire de 1908
- Construire d’un casernement à l’épreuve pour 100 hommes.
- Installation d’un observatoire cuirassé et d’une tourelle de 75R 05.
Modernisations (1902-1905-1910)

- 1902-1905 Refonte complète de l’ouvrage en ouvrage intermédiaire en remaniant les parapets d’infanterie et en construisant un magasin bétonné et un abri de rempart pour 40 hommes. Installation d’une casemate de Bourges armée de deux pièces de 75 qui flanquent vers le fort de Douaumont. Coût des travaux 279 035 Frs.
- 1902-1904 Installation d’une tourelle de mitrailleuses et d’un observatoire cuirassé. La tourelle de mitrailleuses n°17 sera prête à tirer le 30 septembre 1904. Coût des travaux 56 000 Frs.
- 1903-1904 Installation du réseau de grilles défensives et de queues de cochon autour de l’ouvrage.
- 1908-1910 Installation de 2 guérites blindées
- 1914-1915 Les travaux devaient commencer pour l’installation d’une tourelle de 75R 05 car le projet venait d’être approuvé.



Armement de l’ouvrage et cuirassements installés entre 1900 et 1910
| 1905 à 1910 | 1910 | |
|---|---|---|
| Pièces de rempart de l’ouvrage | Aucune | Aucune |
| Cuirassements et casemates | 1 casemate de Bourges 1 tourelle de mitrailleuses GF4 1 observatoire cuirassé | 1 casemate de Bourges 1 tourelle de mitrailleuses GF4 1 observatoire cuirassé 2 guérites blindées |
| Défense des fossés | La défense des fossés s’effectue depuis le parapet aux fusils ou à la mitrailleuse | La défense des fossés s’effectue depuis le parapet aux fusils ou à la mitrailleuse |
| Nb de pièces | 4 | 4 |
L’ouvrage de Thiaumont en 1914

En 1914, l’ouvrage intermédiaire de Thiaumont est un ouvrage modernisé de première catégorie de la 6ème région qui possède un casernement et des magasins à munitions à l’épreuve. Son armement principal est placé sous tourelle cuirassée ou casemate bétonnée.
Equipement de l’ouvrage en 1914
| Coût des travaux en 1914 | 409265 Frs |
| Capacité du casernement en maçonnerie de moellons | Aucun. |
| Capacité du casernement à l’épreuve | 50 places assises dans l’abri de rempart et des place couchées dans l’abri de combat FT3. |
| Capacité du magasin à poudre | Aucun. |
| Capacité du magasin aux cartouches | Aucun. |
| Magasins à munitions construits après 1885 | 1 magasin à l’épreuve dans la casemate de Bourges. |
| La cuisine | Aucune. |
| Manutention ou boulangerie | Aucune. |
| Puits et citernes | 1 citerne en béton. |
| Pont de l’entrée principale | Aucun |
| Pont de l’entrée de guerre | Aucun |
| Communication de télégraphie électrique | Avec le fort de Souville grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907 |
| Communication de télégraphie optique | Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire. |
| Eclairage en 1914 | Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur du fort, lampes à bougie pour les tourelles. |
| Eclairage des fossés | Aucun. |

Effectif de l’ouvrage en 1914
| Garnison normale prévue au fort en 1914 | Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905 |
|---|---|
| Infanterie : 1 officier et 93 soldats. Artillerie : 4 sous-officiers et 10 soldats. Auxiliaires des places fortes : 6 hommes. Génie : 1 officier et 5 sapeurs. Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique. COA : Aucun. Service médicaux : Aucun. Gardien de batterie : Aucun. Soit un effectif de 1 officier et 121 soldats. | Infanterie : 1 officier et 44 soldats du 164ème RI. Artillerie : Aucune. Génie et services divers : Aucun. Soit un effectif de 1 officier et 44 hommes. |
Armement et cuirassement de l’ouvrage en 1914 (10 pièces d’artillerie)
Pièces de rempart de l’ouvrage
- 1 sections de 2 mitrailleuses sur trépieds modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches.
- 2 sections de 2 mitrailleuses sur trépieds modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches.
- 1 casemate de Bourges armée de 2 pièces de 75 sur affût de casemate approvisionnée à 500 coups/pièce, possédant un tube de rechange.
- 1 tourelles de mitrailleuses GF4 armée de 2 mitrailleuses Hotchkiss approvisionnées de 57600 cartouches. Elle possède une mitrailleuse de rechange
- 1 observatoire cuirassé de commandement.
- 2 guérites blindées de rempart.
- La défense des fossés s’effectue depuis le parapet aux fusils ou à la mitrailleuse.




Les différents éléments extérieurs à proximité de l’ouvrage en 1914

- Les batteries d’artillerie 2-1 et 2-2 sont armées de 4 canons de 90 sur affût de campagne pour les deux batteries.
- La batterie d’artillerie 2-4 de Thiaumont est une batterie bétonnée type 1907 construite en 1913 qui est armée de 4 canons de 155 court. Elle possède 4 abris ayant une capacité de 40 places assises ou 20 places couchées.
- La batterie d’artillerie 2-9 de Thiaumont est une batterie bétonnée type 1907 construite en 1909 qui est armée de 4 canons de 155 long. Elle possède 4 abris ayant une capacité de 40 places assises ou 20 places couchées.
- La batterie d’artillerie 2- 6 est armée de 4 mortiers de 22 lisses.
- Les batteries d’artillerie 2-7 et 2-8 sont armées de 4 canons de 90 sur affût de campagne pour les deux batteries
Ouvrages d’infanterie et retranchements d’infanterie
- Retranchements X et Y + 2 retranchements d’infanterie
Abris de combat et abris cavernes
- Abri de combat FT2 est un abri construit en 1905 d’une demie-compagnie ayant une capacité de 100 places
- Abri de combat FT3 est un abri construit en 1905 d’une demie-compagnie ayant une capacité de 100 places
- Abri de combat TD1 est un abri construit en 1906 d’une demie-compagnie ayant une capacité de 100 places
- Abri caverne de Douaumont construit de 1889 à 1891 d’une capacité de 300 places
- Dépôt intermédiaire E de Thiaumont construit vers 1891.
- Aucun.
L‘ouvrage pendant la Grande Guerre
| Effectif maximum | Armement de l’ouvrage fin 1915 | Armement de l’ouvrage fin 1916 |
|---|---|---|
| 1914 – 76 hommes 1916 – 77 hommes | Aucune pièce de rempart 1 casemate de Bourges désarmée sans munition. 1 tourelle de mitrailleuses armée. | L’ouvrage est complètement détruit, la position est certainement défendue à la mitrailleuses ou au fusil mitrailleur pour la défense rapprochée. |
Cette partie ci-dessous sur la bataille de Verdun est reprise d’après la monographie du Colonel Benoit (Adjoint au Général Ct le Génie de la 11ème armée) rédigée le 23 novembre 1917
Rôle de l’ouvrage au moment de la mobilisation

L’ouvrage de Thiaumont faisait partie à la mobilisation du 1er secteur de la place de Verdun. Il n’avait comme garnison qu’une section d’infanterie et, pour le service des pièces, que 20 artilleurs.
Il n’eût aucun rôle à jouer avant l’attaque de Verdun.
Dans les derniers mois de l’année 1915, on retira les 2 canons de 75 de sa casemate de Bourges, ainsi que leurs munitions, et l’on prit les mesures nécessaires pour la destruction éventuelle de la casemate, de la tourelle à mitrailleuses GF4 et d’une partie du réseau de gorge.
Rôle de l’ouvrage au début de l’attaque de Verdun

L’ouvrage de Thiaumont, bien que soumis dès le 21 février 1916, début de l’attaque de Verdun, à de très fréquents bombardements d’obus de tous calibres, aurait pu, dans une certaine mesure, contribuer à la lutte aux environs du fort de Douaumont au moyen des canons de sa casemate. Mais cette casemate était désarmée. Elle était même remplie de caisses de poudre destinées à la faire sauter. Dès réception, en effet de l’ordre de chargements des forts et ouvrages de la rive droite de la Meuse, envoyé le 24 février 1916 par le général Cdt la région fortifiée de Verdun, l’équipe de mise en œuvre des dispositifs de destruction de l’ouvrage de Thiaumont avait été dirigée sur cet ouvrage et avait entrepris aussitôt la mise en place des explosifs dans la casemate de Bourges et la tourelle à mitrailleuses.
Ce dernier organe fut déchargé à la suite de l’ordre du 7 mars du général Commandant la 2ème Armée. A la suite de l’ordre du 11 mars prescrivant le réarmement des casemates de Bourges, les poudres des chambres à canon de la casemate de l’ouvrage de Thiaumont furent retirées et déposées dans le sous-sol. Le réarmement de la casemate ne put se faire : au 20 mars, bien que la casemate fût en bon état, son accès était des plus difficiles, et on n’y arrivait que par des boyaux étroits, détruits presque chaque jour, et dans lesquels on n’aurait pas pu faire passer les tubes et les freins des canons de 75.
Bombardements de l’ouvrage

C’est que l’ouvrage de Thiaumont, très en vue sur la crête, était un but excellent pour l’ennemi. Si dans les premiers jours de l’attaque de Verdun, il ne reçut que des obus de 150 et de 210, il reçut une assez grande quantité d’obus de 380 et peut être même quelques 420, les 26, 27, 28 février, et, à partir du 1er mars, chaque jour, les obus de 150 et 210 tombèrent sur le fort en grand nombre.
Dès les derniers jours de février, la dalle en béton armé du petit couloir desservant le rez-de-chaussée de l’abri de rempart, avait reçu un projectile de très fort calibre qui avait amené, à la partie inférieure de la dalle, la formation d’un ménisque assez important. Le 27 février, un obus de 380 tombant sur la dalle de 1,50 m d’épaisseur recouvrant le local précédent l’observatoire, y produisit un entonnoir d’au moins 2 m de diamètre, entraînant la désagrégation du béton armé et la rupture de la plus grande partie des fers de l’armature. On dut déblayer le local et l’étayer pour permettre l’accès à l’observatoire. Le même jour, un autre obus de gros calibre vint éclater sous le dallage du local situé immédiatement au-dessous du précédent : l’explosion bouleversa le dallage, remplit à moitié le local de terres et de pierres, mais n’eût aucune influence sur les piédroits et la dalle le séparant du local supérieur.
Des deux guérites observatoires, celles de droite fut réduite en morceaux, par suite de l’explosion, sous l’influence d’un obus, de la charge de poudre qui avait été placée le 26 février en vue de sa destruction, l’autre fut projetée hors du parapet.
Les dégâts s’aggravèrent à la suite des bombardements du mois de mars. Le 20 mars, le général Cdt le groupement dans lequel se trouvait l’ouvrage de Thiaumont, constatant que les réseaux de fils de fer et la grille défensive n’existaient plus, que les parapets étaient détruits, que la tourelle à mitrailleuses ne fonctionnait plus, proposait de ne plus le considérer comme un ouvrage fermé dans lequel la défense y serait poursuivie coûte que coûte, et de se contenter de l’utiliser seulement comme abri pour les troupes chargées de la défense des tranchées avoisinantes. Ce point de vue ayant été adopté, l’ouvrage de Thiaumont ne reçut pas de garnison propre.
Combats autour de l’ouvrage

Jusque dans les derniers jours de mai, l’ouvrage de Thiaumont se trouvait à 1 km environ des lignes ennemies. Celles-ci n’avaient pas encore atteint la ferme de Thiaumont, à 800 m environ au nord-est de l’ouvrage. La ferme fut prise par les Allemands le 1 juin 1916, reprise par nous le 2. Pour s’en rendre maître définitivement, ils dirigèrent une série d’attaques importantes dans cette région, toutes précédées de deux violents coups d’artillerie. La 1ère commença le 8 juin, le 9 juin, ils parvenaient dans la soirée à occuper la ferme, d’où ils menaçaient l’ouvrage. Malgré l’intensité de leurs feux, ils ne parviennent pas cependant à se rapprocher de ce dernier. Ils reviennent à la charge le 12, après une minutieuse préparation d’artillerie. L’attaque s’étend sur tout le front, de la ferme au sud du bois Nawé. Les premières vagues sont fauchées par nos tirs de barrages, par nos fusils et nos mitrailleuses. Mais des renforts surviennent, notre gauche fléchit : nous parvenons cependant à nous maintenir dans l’ouvrage de Thiaumont. Le 13 juin, nous contre-attaquons sans résultat. Les 14, 15, 16 juin, la lutte continue, opiniâtre, sur toutes ces positions. Le 17 juin, nous reprenons les positions perdues dans le bois de Nawé, mais le bombardement ennemi est tellement violent que nous ne pouvons nous y maintenir et que nous revenons à notre point de départ. Nous restons toutefois dans l’ouvrage de Thiaumont, qui, quoique constamment bombardé, offre cependant quelque abri à nos troupes.
Jusqu’au 22 juin, le bombardement atteint une acuité extraordinaire : des projectiles de 305, de 380 et peut-être même de 420 tombent sur l’ouvrage. Le 22 juin, à partir de 19 h, l’ennemi lance sur la région Thiaumont-Fleury-Souville, une quantité considérable d’obus asphyxiants et lacrymogènes.
Une attaque de grande envergure se déclenche le 23 juin vers 6 heures, après un intense bombardement d’obus de gros calibre. Un groupement, composé de 5 régiments des I et IIIème corps bavarois, a pour mission de s’emparer des positions de Thiaumont et Froideterre et de la crête de Fleury.
Thiaumont tombe rapidement, les Allemands poussent sur Fleury qui est pris et sur Froideterre qui résiste.

Une contre attaque partant de ce dernier ouvrage refoule les assaillants jusqu’à proximité de l’ouvrage de Thiaumont. La lutte reprend autour de cet ouvrage bombardé tantôt par un parti, tantôt par un autre. Nous le reprenons le 28 juin, le reperdons dans la nuit, le reprenons le 29, le reperdons le 30. Il est encore pris et repris 4 fois jusqu’au 4 juillet, jour où il reste définitivement entre les mains des Allemands. Ils essayent d’ailleurs vainement d’en déboucher les 4 et 6 juillet pour aller sur Froideterre.
La lutte continue pendant tout le mois de juillet aux abords de l’ouvrage de Thiaumont. Vers le milieu de juillet (le 15), nous occupons le « PC 119 », abri de combat bétonné situé à environ 4500 m au sud-ouest de l’ouvrage. Après des combats acharnés, nous avançons légèrement nos lignes et, au commencement d’août, nous sommes à proximité du réseau ouest de l’ouvrage. Les journées suivantes nous sont un peu moins favorables, nous reculons, vers le 11 août, jusqu’à 150 m à l’ouest. Pendant les derniers jours d’août, ainsi que pendant le mois de septembre, et une partie d’octobre, notre situation aux environs de l’ouvrage restera stationnaire : malgré tous nos efforts, nous ne parviendrons pas à reprendre pied dans l’ouvrage qu’arrosera chaque jour notre artillerie. Il faudra l’offensive française du 24 octobre pour nous en rendre maîtres. Ce jour-là, l’ouvrage, débordé sur la droite, débordé sur la gauche, attaqué de front par 1/2 Cie, fut enlevé assez rapidement par le 4ème Régiment mixte de la 387ème D.I.
Etat de l’ouvrage après sa reprise

Pendant 5 mois, Français et Allemands se sont battus chaque jour dans l’ouvrage de Thiaumont ou aux abords immédiats. Chaque jour, l’ouvrage a été violemment bombardé, soit par les uns, soit par les autres. Il a reçu non seulement d’innombrables projectiles de campagne, mais encore une très grande quantité d’obus de gros calibres. Aussi le sol, labouré par les projectiles, se compose-t-il d’une suite ininterrompue de profonds entonnoirs se recoupant les uns les autres.
Les emplacements des différents organes bétonnés se reconnaissant seulement aux barres de fer qui émergent du sol.
Voici la casemate de Bourges : 3 ou 4 projectiles de très gros calibres ont fini par en défoncer la dalle supérieure. Sous l’action des vibrations, des explosions, des chocs incessants, la partie sud de la dalle, vers l’entrée, s’est effondrée sur le dallage séparant le rez-de-chaussée du sous-sol. Des cadavres sont écrasés entre la dalle supérieure et le dallage. L’entrée de la casemate est détruite. On a pu s’y glisser en pratiquant une ouverture dans le mur de façade du sous-sol. Dans le 1er local de ce sous-sol, la dalle a fléchi. Elle est retenue par des caisses à poudre et à grenades. Le 2ème est en moins mauvais état. Au rez-de-chaussée, les créneaux pour canons sont obstrués, laissant cependant encore passage à quelques fusils allemands dont les possesseurs sont sans doute écrasés à l’intérieur. Il ne paraît pas possible de tirer le moindre parti de cet organe.
Le massif de l’observatoire, déjà endommagé en février 1916, n’est plus qu’un débris informe de barres de fer et de cailloux. La cloche de l’observatoire, brisée par le bas, brisée par le haut, est rejetée sur le côté.
Le massif de la tourelle à mitrailleuses a subi le sort de la casemate de Bourges, l’étage supérieur des locaux s’est en partie effondré sur le dallage du sous-sol, et celui-ci paraît rompu en nombre d’endroits. La calotte de la tourelle et l’arbre vertical sont renversés sur le sol, l’avant-cuirasse est complètement brisée.
Il n’y a plus de traces les réseaux de fils de fer et la grille défensive. Il est impossible de tirer le moindre parti de ce chaos.
Cette destruction totale d’un ouvrage s’explique tout d’abord par le fait des bombardements extrêmement violents auxquels il a été soumis, bombardements pour ainsi dire ininterrompus et exécutés souvent avec des projectiles de très gros calibres. Il s’explique aussi par l’action des intempéries sur des maçonneries ébranlées et jamais entretenues, mais aussi plus et surtout moins par le peu de masse que présentaient les trois organes bétonnés de l’ouvrage. Ces organes, à 20 ou 25 m en effet les uns des autres, n’avaient entre eux aucune liaison.
L’ouvrage de Thiaumont après la Grande Guerre
L’ouvrage de Thiaumont sera le seul ouvrage modernisé du système Séré de Rivières a avoir été entièrement détruit par les bombardements. Après la guerre, l’ouvrage sera laissé en état pour devenir un lieu de mémoire.
Aujourd’hui, il ne reste presque pas de traces de cet ouvrage, les dessus sont libres d’accès.
















