L'entrée du fort de Roppe en béton armée à Belfort. VAUBOURG Cédric

Organisation du détail de la zone principale de défense d’une place de guerre

La zone principale de défense d’une place forte est le véritable théâtre de la lutte entre l’assiégeant et l’assiégé. C’est de là que s’effectue la résistance, grâce à une ossature faite, de forts et d’ouvrages intermédiaires et accessoirement, d’ouvrages d’infanterie. L’intervalle compris entre deux de ces points d’appui principaux est organisé de façon à :

  • 1º étendre, dans le sens du front, l’action de ces points d’appui.
  • 2º protéger la position d’artillerie.
  • 3° opposer, aux tentatives d’infiltration des troupes adverses, des lignes de défense souples, pliées aux formes du terrain, échelonnées en profondeur, et disposées de telle sorte qu’aucun point de la zone d’attaque ne puisse échapper au feu du défenseur.

Afin de renforcer cette zone principale de défense on met en place après 1911, des centres de résistance.

Les centres de résistance

Jusqu’en 1906, le service du Génie dans la guerre de siège désigne sous le nom de point d’appui ou de centre de résistance les forts, ouvrages intermédiaires, et ouvrages d’infanterie qui jalonnent la ligne principale de défense d’une place forte.

Un courant d’idée qui se forme à partir de 1908 conduit à modifier cette définition et à donner au mot « centre de résistance » un sens différent.

L’origine de cette nouvelle signification est la suivante :

  • 1° Les ouvrages qui constituent la ligne principale de défense n’ont pas tous la même probabilité d’être attaqués : certains sont plus menacés que d’autres, par exemple ceux qui sont dans un saillant de la place.
  • 2° On trouve sur la ligne principale des ouvrages qui ont une importance considérable, et dont la perte serait très sensible à la défense. Par exemple, ceux qui tiennent des emplacements où l’artillerie ennemie aurait des facilités pour s’installer et bombarder le noyau central.
  • 3° Il arrive parfois, que l’installation des organes de flanquement des intervalles dans les ouvrages mêmes est très difficile, parce que de ces ouvrages on découvre très peu l’intervalle. On a été ainsi conduit à placer ces organes en dehors des ouvrages.
  • 4° Enfin dans quelques cas, les forts ne possèdent devant eux qu’un champ de tir rapproché très restreint.

Dans ces quatre cas, il est naturel d’ajouter à l’organisation du fort des organes complémentaires, de manière :

  • 1° à lui donner un complément de résistance,
  • 2° à lui permettre de protéger l’organe de flanquement qui est en dehors de lui.

Un centre de résistance comprend, en tout ou en partie, selon les circonstances :

L’ensemble de ces éléments est enveloppé d’une enceinte de sûreté (réseaux de fils de fer, abatis, inondations), battue, de front, et de flanc, soit de la crête des ouvrages englobés dans le centre de résistance, soit de celles d’éléments de retranchements, comportant des abris et des dépôts de munitions. L’organisation de l’enceinte de sûreté relève de l’organisation de campagne.

Le fort peut être sur la périphérie du centre de résistance. Il peut en être le réduit intérieur.

Le développement d’un centre de résistance, parallèlement au front défensif, c’est-à-dire à la ligne des forts, ne devra pas excéder 1 kilomètre environ. Le Commandant d’un centre de résistance est, en principe, le commandant de l’ouvrage principal qui y est incorporé.

Vue aérienne du centre de résistance du fort de Roppe pendant la Grande Guerre - Lionel PRACHT
Vue aérienne du centre de résistance du fort de Roppe pendant la Grande Guerre – Lionel PRACHT

A la veille de la Grande Guerre, seuls quelques centres de résistance sont organisés comme Roppe à Belfort, Longchamp à Epinal ou Lucey à Toul. La majorité des autres centres de résistance prévus sont en travaux.

Plan de l'organisation défensive du centre de résistance du fort de Roppe en 1914. VAUBOURG Cédric
Plan de l’organisation défensive du centre de résistance du fort de Roppe en 1914.
VAUBOURG Cédric