
La place forte ou le camp retranché de Nice
Les fortifications de la place de Nice

Les ouvrages proche de la ville
Le fort du Mont Alban

- L’ouvrage du Mont de l’Ibac
- L’ouvrage du Mas Duc
- La batterie de Rimiez
- La batterie du Mont Gros
- La batterie de Saint Aubert
La position avancée extérieure
Le secteur Est de la place
- Le magasin de secteur de la Drette
- La batterie des Feuillerins
- La batterie de Leuziera
- La batterie de la Calanca
- Le magasin de secteur de la Revère
- La batterie de Simboula
- Le tunel de Simboula
- La batterie du Pin
- La batterie de la Forna
- L’ouvrage du Mont de la Bataille
- La batterie de la Turbie
- La batterie de la Cuolla
- Le magasin de secteur de la Tête de Chien
Le secteur Nord-Ouest de la place
- La batterie de la Bégude
- La batterie du Guigo
- La batterie de Gueyar
Les ouvrages du front de mer
La batterie du Cauferat

La batterie du Mont-Boron

La batterie du Cimetière Russe


Après la guerre de 1870, les relations entre la France et l’Italie vont se dégrader. Elles se confirmeront en 1882, avec l’adhésion de l’Italie dans l’association germano-autrichienne qui formera la Triple Alliance.
L’Etat-Major Français pense qu’une attaque de la frontière sud-est n’aura certainement lieu que simultanément avec celle de la frontière est par l’Empire Allemand, ce qui mobiliserait la plus grande partie des forces françaises de ce côté. On fit donc appel en 1874, au Général Séré de Rivières, chargé de la protection des frontières, pour protéger le secteur des Alpes Maritimes dans le cas où il serait attaqué par la majeure partie des troupes italiennes.
La place forte ou le camp retranché de Nice
La ville de Nice se trouve en secteur montagneux à un point de convergence des moyens de communication suivant:
- 1° Les routes et la voie ferrée de la Corniche.
- 2° La route du col de Tende et une voie ferrée
- 3° Les routes et les chemins de fer des vallées du Var, de la Tinée et de la Vésubie.
Certaines de ces voies de communication sont commandées avant leur entrée dans la place de Nice par le fort du Barbonnet qui surveille la vallée de la Bévéra et le col de Braus, le fort du Pic-Charvet qui domine les vallées du Var et de la Tinée ainsi que les chuises de Bauma Négra et de Saint-Jean-de-la-Rivière qui interdisent les vallées de la Tinée et de la Vésubie. Le massif de l’Authion et le col de Barcelonnette sont aussi fortifiés.
Les moyens de communication sont de nouveaux maîtrisés par la place dont le terrain peut être partagé en 3 zones :
- 1° La zone des petits bassins côtiers entre le Var et le Paillon de Tourette, caractérisée par le massif des Monts Chauves.
- 2° Le Massif compris entre le Paillon de Tourrette et le Paillon de Contes caractérisé par le Mont Macaron.
- 3° La zone côtière comprise entre le Paillon de l’Escarène, le Caréï et la Mer, caractérisée par le Massif de la Corniche dont le point culminant est le Mont-Agel et par les nombreuses découpures de la côte.
Les premiers ouvrages de défense

Parmi les ouvrages sur lesquels s’appuie la zone principale de la place de Nice les premiers construits à partir de 1879, furent les forts de la Tête de Chien, de la Revère et de la Drette.
Le premier avait principalement pour rôle de maîtriser les voies du littoral. Les 2 autres assis sur la crête qui domine les pentes raides de la rive gauche du ruisseau du Lagnet devaient en combinant leur action avec le fort de la tête de Chien préserver du côté de terre la rade de Villefranche.
On avait, en outre, étudié la création d’un ouvrage au Mont Leuza pour relier le fort de la Drette aux batteries de cote du Mont Boron et du cap Ferrât.
Comme on le voit, dans cette organisation, c’était Villefranche qui constituait le noyau central.
Au moment de la construction de ces ouvrages énumérés plus haut, nous avions la conviction de pouvoir en cas de conflit rester les maîtres de la Méditerranée. Par conséquent, l’ennemi aurait rencontré des difficultés considérables pour s’emparer de la place ainsi créée qu’il n’aurait pu investir complètement et nous avions ainsi le moyen de conserver une rade précieuse pour nous.
Le choix final de Nice

Après la formation de la Triplice en 1883, il était nécessaire de mettre Nice à l’abri des convoitises des annexionnistes italiens. La Ville était déjà protégée à l’est, on la renforça au nord à partir de 1885 en occupant le Massif des Monts Chauves.
Le fort du Mont Chauve d’Aspremont, le plus ancien dans ce secteur, a des vues sur la vallée du Var. L’ouvrage de Colomars complète son action sur cette vallée et enfin le fort du Mont-Chauve de Tourette surveille la route de Levens.
Comme de plus, nous n’étions plus assurés de la suprématie sur la mer, on construisit la batterie côtière du cimetière russe qui devait croiser ses feux avec les batteries du Mont Boron et avec le fort Carré d’Antibes.
Le long intervalle entre l’ouvrage de Colomars et la batterie du cimetière Russe pouvait être occupée, au moment du besoin, par des ouvrages de fortification passagère. On eût tenu de la même manière le Mont de la bataille en avant de l’intervalle compris entre les forts de la Revère et de la Tête de Chien.
Un projet prévoyait d’occuper le Mont Macaron. On renonça à ce projet et on se contenta d’ouvrir une route d’accès pour pouvoir amener des forces mobiles sur les hauteurs dangereuses.
Suivant les idées de l’époque les ouvrages étaient armés de nombreuses pièces d’artillerie.

Entre 1888 et 1895, les principales améliorations ont consisté dans la création dans les intervalles de batteries d’artillerie où furent reparties les pièces des ouvrages, de 11 magasins de secteur creusés dans le roc, d’abris-cavernes à proximité des forts pour les troupes et enfin dans l’occupation du Mont-Agel.
Avant 1885, l’occupation de cette hauteur n’avait pas paru s’imposer, car l’absence de bons chemins, la faible puissance destructive des projectiles, le poids du matériel de siège en usage rendaient peu probable une attaque par les replats de Rossetti.
L’apparition des obus explosifs et l’adoption par les Italiens d’un matériel léger de 15 cm entrainèrent l’occupation du Mont-Agel, qui jouait ainsi le rôle d’un organe de protection pour une partie de la zone principale et qui, en outre, concourait à l’interdiction des voies du littoral. Avant 1914, le Mont-Agel constituait une position fortifiée extérieure. La zone principale s’appuyait sur les ouvrages que nous avons énumérés et comportait des batteries organisées comme celles des pays de plaine.

Les intervalles des points d’appui dont l’accès est difficile à cause des formes du terrain, offraient aux troupes de secteurs des positions de combat favorables qu’amélioraient encore quelques batteries de construction anciennes qu’on utiliserait comme ouvrages d’infanterie. Des retranchements seraient en outre créés à la mobilisation.
Dans son ensemble, la place de Nice ne se différencie donc de celle des places en pays moyennement accidenté que par le flanquement des intervalles qui n’a pu être aussi vigoureusement exercé par les points d’appui principaux, à cause précisément des formes tourmentées du terrain.

Après 1900, la place ne recevra plus d’importante modernisation. Son armement en 1914 était de 346 pièces d’artillerie. A la mobilisation, l’effectif prévu est d’environ 45000 hommes et près de 12000 en temps de paix. La place forte de Nice restera armée jusqu’au 24 mai 1915, date à laquelle l’Italie déclarera la guerre à l’Allemagne.
Après la Grande Guerre, la frontière est protégée par une nouvelle défense, la ligne Maginot, établie en avant de la place. Les différentes fortifications de la place seront principalement utilisées comme casernement pour les troupes du secteur. Aujourd’hui, ces ouvrages en dehors du fort du Mont-Agel, ne sont plus occupés par l’armée. Ils appartiennent souvent au domaine public et sont occupés pour diverses activités.




VAUBOURG Julie







