Tourelle de la batterie d’artillerie 8-2 ou la batterie cuirassée extérieure du fort de Souville. VAUBOURG Cédric

La batterie cuirassée de la tourelle Bussière de 155L du fort de Souville est aménagée de 1890 à 1891 sur l’ancienne batterie d’artillerie annexe ouest à 385 mètres d’altitude. Cette tourelle est le premier cuirassement de la place, sa mission est de contrôler les principaux points de franchissement entre l’ouvrage de Froideterre et le fort de Moulainville. Elle empêche aussi l’occupation d’une des hauteurs qui domine Verdun.

Plan de la tourelle Bussière du fort de Souville. VAUBOURG Cédric
Plan de la tourelle Bussière du fort de Souville. VAUBOURG Cédric

Cette batterie cuirassée placée à l’extérieur du fort est autonome, elle possède des magasins à munitions pouvant stocker près de 2000 coups, deux chambrées pour les servants et des latrines. Sa capacité prévue en effectif est de 2 sous-officiers, 18 artilleurs et 10 auxiliaires de places fortes.

Son armement se compose d’une tourelle Bussière de gros calibre qui avait été testée au camp de Châlons en 1888, mais ce cuirassement non retenu pour une production en série sera réparé puis installé dans cette batterie cuirassée pour être prêt à tirer fin 1891. A la déclaration de guerre, la tourelle a des gros problèmes de fonctionnement qui seront réparés en 1915.

Lors de la bataille de Verdun du 24 février au 16 mars 1916, la batterie cuirassée est très bombardée, mais elle réussit à tirer près de 600 obus, avant qu’un des deux tubes n’explose à cause d’un obus de mauvaise qualité causant des avaries sérieuses qui empêcheront son fonctionnement.

Pendant le reste de la bataille, la tourelle irréparable à cause des bombardements incessants, sera aménagée en poste de commandement et d’observation du secteur.

La batterie cuirassée pendant la guerre. Coll Jean-Luc Kaluzko
La batterie cuirassée pendant la guerre. Coll Jean-Luc Kaluzko

Puis en 1917, elle est remise en état, son canon défectueux est retiré sans être remplacé et son fonctionnement est modernisé en remplaçant la machine à vapeur par un moteur électrique de 12CV alimenté par une centrale électrique. Un observatoire cuirassé est installé pour faciliter l’observation du secteur ainsi qu’une casemate Pamart à deux créneaux pour la défense des abords. Ces nouveaux éléments et la batterie cuirassée seront reliés à l’abri-caverne du fort par des galeries de 17. Après cette date, la batterie ne sera plus utilisée. Elle est aujourd’hui visible de l’extérieur.