L'entrée du fort du Paillet à Lyon VAUBOURG Cédric

Les abris passifs et les casernements en maçonnerie avant 1885

Les abris passifs

En raison de l’occupation permanente des forts et de la concentration de tous les moyens de défense dans ces ouvrages, ceux-ci devaient contenir des locaux et des magasins pour les troupes et les services qui y étaient représentés. Ces locaux sont appelés les abris passifs,  Ils comprenent les abris logements, les locaux des services de l’Artillerie et du Génie, ces deux services coopérant avec l’infanterie à la défense de l’ouvrage, enfin les locaux du service de l’intendance, chargé de subvenir aux besoins matériels des défenseurs et ceux du service de santé.

Tous ces abris, sont surmontés d’un minimum de trois mètres de terre pour être à l’épreuve avant 1885, des plus gros obus en fonte de 27 cm de diamètre pesant près de 80 kg. Ils étaient couverts par des voûtes en maçonnerie ordinaire, de 2m50 à 6 m de portée et de 0,80 à 1 m d’épaisseur. Les différents abris passifs étaient mis à l’abri des eaux d’infiltration par le moyen de chapes imperméables en ciment ou en mastic asphaltique pour les parties à faible inclinaison. Ces chapes étaient conçues dans les casernements de manière à évacuer l’eau vers des noues puis vers le mur du fond.

Les abris logements ou casernement

Le casernement troupe du fort de Mons en Baroeul près de Lille. VAUBOURG Cédric

Dans les ouvrages construits de 1874 à 1885, les locaux d’habitation forment un ensemble plus ou moins vaste de casernes souterraines à un ou plusieurs étages. Dans ces casernements, on y trouve les différents locaux de vie de l’ouvrage comme les chambrées et des locaux accessoires du casernement (infirmerie, cuisines, boulangerie, magasins aux provisions, locaux disciplinaires, écuries, corps de garde, magasin de l’artillerie et magasin du Génie) qui occupaient, soit de grandes casemates pouvant être divisées par des cloisons, soit des casemates de culée. Les latrines étaient assez éloignées des locaux d’habitation pour éviter l’infection.

Les chambrées des casernements en maçonnerie

Les chambres de troupe

Plan en coupe d'une chambrée du fort de Ayvelles. Régis Lefranc
Plan en coupe d’une chambrée du fort de Ayvelles. Régis Lefranc

Les casemates de troupe se composent d’un ou plusieurs corps de bâtiment ayant une façade sur une cour, les trois autres côtés étant entourés par les terrassements. Les casemates, accolées, étaient réparties sur un, deux ou trois étages, suivant le relief du massif qui les couvrait. Souvent, les pièces de l’étage inférieur, plus basses, servaient de magasins. Elles avaient parfois leur sol en contrebas de la cour, un fossé régnait alors devant la façade.

Les chambres de l’étage supérieur avaient 6 m de large, et les piédroits, 1 m d’épaisseur. En dessous, les piédroits allaient en s’épaississant d’étage en étage. Après 1880, les chambres étaient légèrement moins larges. Les voûtes supérieures étaient surbaissées au 3/4 et avaient 1 m d’épaisseur.

Plan en coupe d’un casernement en maçonnerie à deux étages.
VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification

Les voûtes intermédiaires étaient plus minces et plus surbaissées. Elles pouvaient être remplacées par des travures en fer. Les pièces habitées avaient 4 m à 4m50 de hauteur sous clef.

Les chambres prenaient jour et air directement sur la cour, celles du rez-de-chaussée par une porte et deux fenêtres, celles des étages par trois fenêtres. Le mur dans lequel étaient percées ces ouvertures, et qui n’avait à craindre que les éclats de projectiles, avait 50 à 75 cm d’épaisseur.

Plan en coupe d’un casernement en maçonnerie.
VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification
Plan en coupe d'un casernement en maçonnerie coupe AB. VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification
Plan en coupe d’un casernement en maçonnerie coupe AB. VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification

Au fond, toutes les casemates étaient réunies par un couloir de 2 mètres de largeur, qui les isolait du mur de fond, épais de 1 mètre. Ce couloir servait de gaine d’assainissement et de communication. Les escaliers réunissant les étages y débouchaient, ainsi que les gaines se rendant aux divers organes du fort.

Plan en coupe d’un casernement en maçonnerie coupe CD.
VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification

Le couloir de fond n’était séparé des casemates que par une simple cloison en briques dont la partie supérieure, correspondant au cintre des voûtes, était vitrée et éclairait le couloir.  L’éclairage de cette galerie était complété en temps de paix par plusieurs puits de lumière, obstrués lors de la mise en défense de l’ouvrage, afin d’empêcher un obus ou des gravats de tomber à l’intérieur.

Une cage applique dans le couloir derrière les casemates du casernement en maçonnerie du fort de la Grande Haye à Golbey. VAUBOURG Cédric

La nuit ou en période de combats, l’éclairage s’effectue dans les couloirs ou les cours des casernements avec des lampes à huile du type cages appliques qui étaient verrouillées au mur sur des crochets ou une planche en bois aménagée.

La galerie en voute continue derrière les chambrées au fort de Bourlémont Trouée de Charmes. L’éclairage naturel du couloir s’effectue depuis les ouvertures dans les cloisons en briques.
VAUBOURG Cédric

Le couloir pouvait être couvert de deux manières différentes : tantôt les grandes voûtes se prolongeaient jusqu’au mur de fond, au-dessus du couloir, les piédroits étant percés pour former une communication continue, tantôt elles s’arrêtaient à l’aplomb de la cloison en briques et le couloir était couvert par une demi-voûte en plein cintre s’appuyant, a une part, sur le mur de fond, et d’autre part sur les tranches des voûtes principales.

L'arrière des chambrées au fort de Razimont Epinal. VAUBOURG Cédric
La galerie en demi-voûte continue derrière les chambrées au fort de Razimont à Epinal. L’éclairage naturel du couloir s’effectue depuis des puits de lumières et depuis les ouvertures dans les cloisons en briques. VAUBOURG Cédric

Latéralement, le corps de casemates pouvait aussi se terminer de deux manières différentes. Quelquefois, les piédroits extrêmes, formant culées, étaient épaissis pour résister à la poussée horizontale des voûtes. Mais une disposition plus judicieuse consistait à équilibrer cette poussée par une série de voûtes accolées, de 4 m environ de portée, ayant leurs génératrices perpendiculaires à celles des grandes voûtes et les pénétrant.

Le couloir parallèle aux grandes casemates du casernement du fort de Girancourt à Epinal où se trouve les locaux ou magasins aux accessoires du casernement. VAUBOURG Cédric

Les petits locaux ainsi créés servaient pour les accessoires du casernement ou les magasins. Le couloir de fond se retournait pour y donner accès, et les murs extrêmes n’avaient plus que 1 m d’épaisseur.

Plan d’un couloir paralèlle au casemates d’un casernement.
VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification

La profondeur des chambres d’hommes était limitée à 18 mètres par la nécessité d’assurer un éclairage convenable au moyen des fenêtres. Pour renvoyer vers le fond des chambres une plus grande quantité de lumière, on a souvent employé, à partir d’une certaine époque, des voûtes s’abaissant légèrement depuis la façade jusqu’au fond. Cette disposition, qui ne pouvait évidemment s’appliquer qu’à l’étage supérieur, avait en outre l’avantage de permettre le règlement des chapes suivant un plan incliné unique. Avant qu’elle fût imaginée, on était forcé de faire une noue au-dessus de chaque piédroit, et ces noues étaient souvent une cause d’infiltrations.

La longueur, généralement adoptée pour les chambres, est de 16m10 correspondant au logement de 52 hommes, elle dépasse rarement 18m30 pour une contenance de 60 hommes

Les lits de casemate modèle 1876

Une chambrée rééquipée de lits à 4 places modèle 1876 au fort de Comboire à Grenoble .
VAUBOURG Julie

Le lit de casemates en fer adopté le 15 mai 1876 sont étudié, en vue d’améliorer les conditions d’habitation des casemates logements des ouvrages de défense afin de supprimer les lits de camp qui étaient en usage jusqu’en 1876, dans les chambrées des abris passifs des casernements des fortifications.

La Commission du couchage des Troupes a étudié un système de lits en fer forgé à deux étages à quatre places, dont un premier essai a donné de bons résultats dans les premiers forts de la place forte d’Epinal et du rideau défensif de la haute Moselle. Ce type de lits a été adopté après de nouveaux essais dans les casemates du fort de Montrouge à Paris.

Une chambrée au fort de l'Infernet à Briançon avant la Grande Guerre fort de l'infernet. Lionel PRACHT
Une chambrée au fort de l’Infernet à Briançon avant la Grande Guerre fort de l’infernet. Lionel PRACHT

Le lits modèle 1876 se compose de deux châssis verticaux réunis par entretoise. La hauteur du châssis postérieur a été limitée à 1m66, de façon que le nouveau lit puisse se placer dans toutes les casemates. Ce châssis postérieur seul est fixé par deux pattes à scellement au mur de la casemate, le châssis antérieur et l’entretoise sont au contraire mobiles, ce qui permet de dégager au besoin l’intérieur des casemates, en rangeant tous les châssis contre les piédroits, et d’utiliser les locaux comme magasins en temps de paix (Aux forts de Rupt et du Parmont dans la Haute Moselle, lors des premiers essais, les châssis postérieurs et antérieurs des lits étaient fixes, car les montants allaient se fixer jusqu’au plafond, cette disposition n’a pas été retenue pour les autres ouvrages).

Les châssis sont munis de traverses portant comme les châlits ordinaires, des goujons destinés à recevoir les planches de fond de chaque lit. Avec ce nouveau système on utilisait les planches et tout le reste du matériel de couchage réglementaire. En temps de paix, alors que la garnison de chaque fort est réduite généralement à un simple effectif de sureté, les hommes n’occupaient que l’étage inférieur des lits, on se trouverait alors dans des conditions se rapprochant très sensiblement de celles dans les casernes ordinaires.

Reconstitution d’une chambrée équipée de ses lits au fort de Leveau ( Maubeuge ). VAUBOURG Cédric

L’intervalle à conserver entre deux lits voisins n’est pas fixé d’une manière absolue et uniforme. Toutefois dans le but d’économie et aussi parce que les exigences du tracé des ouvrages obligent généralement à limiter autant que possible le développement des casernements, on admet qu’un intervalle est au maximum de 1m mais qu’il est généralement réduit à 70 cm. Les expériences de Montrouge ont démontré qu’avec ce dernier intervalle, les hommes pouvaient encore facilement faire leur lit à la condition toutefois de n’opérer que successivement.

D’ailleurs, au milieu de la chambrée, un lit est supprimé pour laisser la place à un poêle ordinaire ou un calorifère spécial servant à la fois au chauffage et à la ventilation de la pièce, grâce à des dispositions ingénieuses qui permettaient une ventilation naturelle de la pièce en chauffant cette dernière.

La Commission du couchage des troupes a proposé de faire coucher les hommes de l’étage inférieur la tête au mur, et ceux de l’étage supérieur les pieds au mur de manière à faire profiter ces derniers de la surélévation que produit la courbure de la voute. Mais, cette disposition n’a rien d’absolu, et la literie pouvait être placée dans n’importe quel sens sur les planches du lit, ce choix était choisi en fonction des circonstances locales, et de la hauteur des casemates afin de choisir la combinaison qui paraissait la plus commode.

Les fusils sont portés par le châssis intérieur de chaque lit, ce même châssis est muni d’une planche à bagages destinée à recevoir les sacs et les effets de deux hommes. Sa longueur étant de 1,55m, elle pouvait en temps de guerre servir pour 3 hommes à raison de 0,5m par homme, et une planche à bagage de 0,5m dans la ruelle suffisait pour le 4ème soldat. Toutefois pour donner aux hommes plus de place, on établissait parfois dans cette ruelle deux rangées de planche bagages.

Une chambrée équipée de lits modèle  1876 au fort de Feyzin à Lyon vers 1900. Boni Joli
Une chambrée équipée de lits modèle 1876 au fort de Feyzin à Lyon vers 1900. Boni Joli

À cette période, les ouvrages ne possédaient pas de réfectoire, les chambrées étaient dans ce cas utilisées comme salles à manger pour la garnison. L’allée qui reste libre au milieu de la casemate n’a pas généralement une largeur suffisante pour que l’on puisse y placer des tables, aussi on équipe chaque châssis antérieur d’une tablette à rabattement, de 1m50 de longueur, sur laquelle les hommes pouvaient manger leurs repas ou écrire.

Chaque homme avait son tabouret du modèle fixé par la circulaire du 31 Décembre 1875, ce tabouret est indispensable aux hommes de l’étage supérieur pour qu’ils puissent faire leur lit.

Tabouret modèle 1875 - VAUBOURG Cédric
Tabouret modèle 1875 – VAUBOURG Cédric

Quant aux planches à pain, elles étaient, comme dans les chambrées des casernes, suspendues au milieu de l’allée qui sépare les rangs de lits. On pouvait toutefois, dans les casemates qui ont très peu de hauteur, placer les pains sur les planches à bagages des lits, où ils étaient suffisamment à l’abri des rongeurs.

Une version analogue de lits à deux places a été mise au point, elle est principalement destinée aux sous-officiers pour leur chambrée.

Une chambrée rééquipée de lits sous*officiers à deux places au fort du Parmont Haute Moselle. VAUBOURG Cédric
Une chambrée rééquipée de lits sous-officiers à deux places au fort du Parmont Haute Moselle. VAUBOURG Cédric

Chaque fort était pourvu en tout temps du nombre de lits nécessaire au couchage de sa garnison de siège. Ce matériel comprenant les châssis, planches à bagages, râteliers d’armes et tablettes étaient fournis puis entretenus par le service du Génie. Les frais de la première installation étaient compris dans le prix de construction des ouvrages.

Description du lit de casemate à 2 étages et à 4 places modèle 1876

Un lit à 4 places modèle 1876 et un tabouret modèle 1875 au fort de Villey le Sec à Toul. VAUBOURG Julie

Le lit en fer de casemate, à 2 étages et à 4 places se compose de 2 châssis verticaux. L’antérieur ou châssis de devant, qui est mobile, porte une planche à bagages pour les effets et les sacs des hommes, un râtelier d’armes horizontal pour 4 fusils et une tablette à rabattement destinée à servir de table. Le châssis postérieur ou de derrière est scellé au piédroit de la casemate. Ces 2 châssis sont reliés entre eux par une entretoise mobile posée sur les deux bases des dossiers du lit supérieur.

Une chambrée équipée de ses lits au fort d' Uxegney à Epinal.  VAUBOURG Julie
Une chambrée équipée de ses lits au fort d’ Uxegney à Epinal. VAUBOURG Julie

Chaque châssis se compose de 2 montants et des dossiers des 2 étages de lits.

Le dossier du lit supérieur, sur le châssis de devant, est deux fois plus élevé que les autres pour soutenir les sacs posés sur la planche à bagages. Les planches de fond des lits doubles sont placées sur des traverses munies de goujons, comme dans les châlits ordinaires. Ces traverses reposent à leurs extrémités sur des cornières fixées à des supports établis sur les montants autour desquels ils peuvent tourner.

Les dossiers sont formés de barreaux arrêtés à leurs extrémités dans des entretoises assemblée avec les montants. L’entretoise du dossier double du châssis de devant est traversée par les barreaux. C’est au niveau de cette entretoise que la planche à bagages est portée par deux consoles sur lesquelles, elle est maintenue au moyen de goujons. Ces deux supports peuvent tourner autour des montants sur lesquels ils sont fixés, et se rabattre sur le dossier

Le râtelier d’armes est formé de deux plates-bandes, portant chacune 4 crochets également espacés, accrochés et vissés sur les entretoises des dossiers du châssis de devant.

Le lit étant monté, les 2 châssis sont distants de 2 m d’axe en axe. Le châssis de derrière est séparé du mur de la casemate par un intervalle de 9 cm. Les châssis ont 1,45m de largeur entre les axes des montants. Les hauteurs, au-dessus du sol, sont de 1,66m pour le châssis de derrière, 2,1m pour le châssis de devant, 1,63m pour la planche à bagages, 0,31m pour le lit double du bas et 1,21m pour le lit double du haut. Les distances des dossiers aux traverses à goujons et l’espacement de ces goujons sont calculées de manière à pouvoir placer les planches du lit comme sur les châlits ordinaires.

Sur les 2 montants du châssis de devant, au-dessus des supports des traverses à goujons du lit du bas, sont fixés à demeure deux marches pieds en fonte garnit en bois pour faciliter l’ascension au lit du haut.

Le lit de casemate complet (sans la planche à bagage et la tablette à rabattement) doit peser environ 165 kg.

L’éclairage des casemates

Chandelier à ressort avec sa suspension 1879-1884 (Chandelier à bougie) pour l’éclairage des casemates en temps de guerre. Fort de Villey le Sec à Toul. VAUBOURG Cédric

L’éclairage était réalisé au moyen de lampes à réflecteur zénithal, suspendues aux voûtes. En cas de bombardement, toutes les ouvertures étant bouchées, on devait remplacer ces lampes par des bougies, qui viciaient moins l’air. Ces lampes étaient alimentées à l’huile végétale.

Les blindages des ouvertures des casernements en maçonnerie

Casernements en maçonnerie plan en coupe des systèmes de blindage des ouvertures.
VAUBOURG Cédric d’après un cours de fortification

Le blindage des ouvertures évitait au souffle et aux éclats d’obus de se propager à l’intérieur des locaux. Il était assuré au rez-de-chaussée, grâce à des rails de chemin de fer ou des fers à I. Ils pouvaient être disposés horizontalement en s’appuyant par leurs extrémités sur des tasseaux en cornière rivés à d’autres cornières fixées le long des tableaux des baies. Ils affectaient ainsi l’apparence de lames de persiennes tournées vers le haut à l’extérieur. Des systèmes similaires ayant le même principe seront installés en fonction des chefferies de chacun des ouvrages.

Les allemands devant les façades ayant été blindées avec des rails de chemin de fer en juin 1940 au fort de Dogneville à Epinal. Lionel PRACHT

Aux étages pour les forts qui en dispose, une meilleure disposition consistait horizontalement à encastrer des poutrelles en bois de 10 à 12 cm d’équarrissage entre des fers en U scellés sur les tableaux. Une rainure de dégagement permettait de les introduire par la partie supérieure. De plus, on les séparait les unes des autres par des taquets de 2cm d’épaisseur, qui créaient des fentes pour le passage de l’air et de la lumière. Ce système sera installés dans quelques ouvrages au rez-de-chaussée.

Les chambrées pour sous-officiers

Elles sont analogues à celles des hommes de troupe. Elles ont une capacité de quatre à vingt hommes qui dormaient sur des lits superposés de deux places.

Les chambrées pour officiers

Les Officiers, qui souvent étaient logés dans un corps de bâtiment indépendant de la caserne de la troupe, n’avaient pas de chambre individuelle. Ils occupaient une ou plusieurs casemates, cloisonnées de façon à présenter sur le devant un espace libre servant de salle à manger et de salle de réunion, et en arrière une série de cellules contenant chacune un lit. Exception était faite pour le Commandant du fort, qui avait deux pièces : une chambre à coucher et un bureau servant en même temps de poste télégraphique.

Après la crise de l‘obus torpille en 1885, ces chambrées seront souvent utilisées dans les forts modernisés comme hébergement du temps de paix. Dès la mobilisation, elles seront évacuées, et les soldats dirigés dans les locaux à l’épreuve des nouveaux obus.

L’infirmerie

Les soldats dans l’infirmerie du fort de Vaux le 22 novembre 1916 Archives de la BDIC

Dans les fortifications, l’infirmerie, parfois appelée « hôpital », est une partie du casernement spécialement aménagée pour soigner les malades et les blessés. Sa capacité d’accueil est calculée en fonction de la garnison du fort, elle correspond généralement à 13% de l’effectif total. La très grande majorité des forts est équipée d’une infirmerie, sauf dans les places fortes ou certains ouvrages, relativement proches d’un hôpital civil ou militaire. L’infirmerie est souvent placée près du pavillon des officiers, soit dans une aile séparée dans le prolongement du casernement troupe, soit en groupement de plusieurs casemates du casernement lorsqu’on ne dispose pas d’une caserne séparée. Au fort de Bourlémont dans la Trouée de Charmes, l’infirmerie sera aménagée dans un petits casernement isolé des autres locaux du fort.

Les infirmeries dans les fortifications sont composées :

  • D’une ou plusieurs chambres pour les malades. Elles sont équipées de plusieurs lits à une place où les patients disposent de plus de place que dans leur chambrée, afin de leur facilité les soins.
  • D’une tisanerie placée dans un petit local spécialement aménagé pour la réalisation des infusions et tisanes.
  • D’une pharmacie aménagée pour le stockage et la préparation des médicaments. On y trouve aussi tout le matériel médical nécessaire. Ce local est très souvent placé à côté de la tisanerie.
  • Dans certains forts, comme à Manonviller, une salle d’opération est aménagée dans l’infirmerie afin d’y réaliser les soins les plus graves.
  • Enfin, dans les ouvrages où les latrines sont éloignées de l’infirmerie, on y trouve souvent des latrines particulières.

La morgue

En dehors de rares ouvrages, il n’y a pas de morgue d’aménagée dans les forts Séré de Rivières. Il était prévu de les enterrer en terrain ordinaire à proximité du fort. Les fonds de fossé devaient servir de cimetière, lorsque par suite du rapprochement de l’ennemi, il deviendrait impossible de s’aventurer même de nuit, sur les glacis. En terrain rocheux, on avait préparé dans la contrescarpe des compartiments destinés à recevoir les corps avec de la chaux et à être ensuite murés avec de la maçonnerie de ciment.

Les écuries

Arrivée d’officiers en attelage à chevaux au fort de l’Infernet à Briançon. Lionel PRACHT

Les écuries des forts sont aménagées dans des casemates à l’épreuve. Elles hébergent des chevaux utilisés pour le transport des officiers qui augmente en fonction des périodes de temps de paix ou de temps de guerre. Pour cela, elles sont équipées de plusieurs mangeoires et auges en pierre de taille destinées à l’alimentation des équidés. À proximité des écuries se trouve un magasin aux fourrages.

Le nombre de chevaux dépend de la garnison du fort, par exemple au fort de Pagny-la-Blanche-Côte dans la Trouée de Charmes, le fort possède une capacité de 618 hommes dont 10 Officiers pour 8 chevaux. Le nombre de chevaux pouvait être plus important, dans certains forts isolés, principalement en montagne. C’est le cas au fort de la Croix de Bretagne, où 5 casemates d’un casernement isolé du fort seront aménagées pour recevoir 40 chevaux destinés aux transports des officiers et du matériel (Pièces d’artillerie, munitions ou provisions).

A partir de 1882, les forts ne recevront plus systématiquement d’écurie.

Les locaux disciplinaires ou prison

Les locaux disciplinaires parfois nommés locaux de punition se composent d’une salle de police et de petites cellules individuelles. Ils reçoivent les soldats n’ayant pas respecté la discipline ou ayant commis des infractions aux règlements qui ne présentent pas une gravité suffisante pour être déférés aux tribunaux.

La salle de police concerne les petites infractions, les soldats y logent à plusieurs en dehors de leurs corvées de punition et des différentes tâches journalières à réaliser dans l’ouvrage. Ces pièces peuvent posséder une ouverture sur l’extérieur, mais ne possèdent pas de chauffage.

Les cellules individuelles sont de plus petite taille. Les soldats ayant réalisé de plus grosses infractions y sont placés à l’isolement dans le noir.

Le magasin du Génie

Les locaux du Génie se composent dans les fortifications de la lampisterie et des magasins du Génie. Ces magasins sont la réserve en matériel pour les hommes du Génie qui doivent entretenir, réparer, mais aussi mettre en défense la fortification.
Liste du matériel le plus courant que l’on trouvait dans le magasin du Génie: (Exemple avec le fort de la Grande Haye à Épinal)

  • 20 boucliers métalliques.
  • 15 brouettes.
  • 2 cisailles à main ordinaires.
  • 10 dames en bois carrées ou rondes.
  • 2 échelles.
  • 1 Faux.
  • 6000 mètres de fil de fer galvanisé, ordinaire et recuit.
  • 22 haches de bucheron.
  • 1 louchet.
  • 2 marteaux de charpentier.
  • 3 marteaux de menuisier.
  • 1 masse carrée en fer.
  • 1 niveau de maçon.
  • 1 massette de cantonnier.
  • 25 pelles carrées.
  • 163 pelles rondes.
  • 1 pic à tête.
  • 10 pinces coupantes et à bec de cane.
  • 69 pioches.
  • 1 râteau en fer.
  • 5300 sacs à terre.
  • 24 serpes.
  • 2 scies
Une cisaille modèle 1905 et une pelle ronde que l’on trouvaient en grande quantité dans les magasins du Génie des forts