
L’observatoire cuirassé à éclipse du Commandant Mougin et l’observatoire cuirassé à lunette système Bussière
L’observatoire cuirassé à éclipse du Commandant Mougin
On a quelquefois préconisé l’emploi d’observatoires cuirassés à éclipse pour observer les lignes de défense, car ils ont l’avantage d’offrir une sécurité plus grande et en s’élevant au-dessus de leur position d’éclipse, de découvrir quelquefois un peu mieux le terrain qu’un observatoire cuirassé fixe. En élevant de quelques décimètres l’œil d’un observateur, on peut parfois modifier grandement ses vues sur les abords immédiats des ouvrages, mais les vues lointaines changent généralement très peu.

Cependant, ces observatoires à éclipse sont d’un prix très élevé, c‘est pour cette raison que l’observatoire cuirassée du Commandant Mougin ne sera pas retenu.
Nous ne possédons en France qu’un observatoire de ce système et il est dû au Lieutenant-Colonel Bussière.
L’observatoire cuirassé à éclipse système Bussière ou observatoire à lunette
L’observatoire cuirassé à lunette est un phare cuirassé à éclipse, servant en même temps d’observatoire. Ce phare mis au point en 1889, projetait une source lumineuse, placée en bas au rez-de-chaussée, au moyen d’un jeu de miroir. Mais ce phare avait l’inconvénient que le faisceau émis par l’embrasure y arrivant après deux réflexions, n’était pas assez puissant. Si l’on mesure en effet le chemin parcouru par le faisceau lumineux depuis sa source, la quantité émise à l’orifice de l’embrasure est la même que celle qui passerait par un diagramme égal à l’embrasure et placé directement sur le faisceau à cette même distance que la source.
Ce type de phare expérimental fabriqué par la société Schneider dans les usines du Creusot ne sera pas retenu. Il sera seulement installé de 1890 à 1891 au fort Saint-Michel à Toul. Après 1904, dans les nouveaux phares cuirassés, la source lumineuse sera placée à l’embrasure même.
Caractéristiques de l’observatoire cuirassé à lunette du Lieutenant-Colonel Bussière.

L‘observatoire à lunette est placé dans un puits en béton spécial, son principe de protection est analogue à celui de la tourelle Bussière de 57, la mise en éclipse ou en batterie ainsi que la rotation s’effectue depuis le rez-de chaussée de la tourelle.
La lampe était certainement similaire à celle d’un poste photoélectrique, elle est placée en haut de la voute d’entrée au niveau du puits et se compose d’un petit projecteur de 40 ou 60 cm de diamètre qui envoie la lumière sur deux réflecteurs, vers une embrasure percée dans la muraille de 87 cm de diamètre. Elle est alimentée depuis l’usine électrique extérieure au fort.
Le réflecteur sous la coupole est mobile, afin de faciliter l’entretien ou de permettre à un observateur de prendre place pour transmettre les différentes informations pour le tir des pièces d’artillerie et de la tourelle Saint-Chamond.
L’observateur accède à ce poste d’observation grâce à 3 échelles mobiles qui sont placées au moment du besoin. Il est protégé des bombardements lorsque l’observatoire est éclipsé grâce à une calotte d’une épaisseur de 20 cm de fer laminé. La muraille de l’observatoire ne devait pas dépasser 3 à 5 cm d’épaisseur, elle protégeait de la mitraille et des éclats d’obus lorsque l’observatoire était en batterie.
Cet observatoire unique sera ferraillé par les allemands pendant le second conflit mondial.



