La tourelle de 57 modifiée en 75R 05 de l'ouvrage Est du Vieux Canton. VAUBOURG Julie

La tourelle de 57 est le premier cuirassement de petit calibre. En effet, les études portaient principalement jusqu’en 1888, sur des cuirassements allant du calibre de 138 au 155. Après cette date, plusieurs projets seront réalisés par différents constructeurs.

La tourelle de 57 est un cuirassement à éclipse mis au point entre la tourelle Galopin et la tourelle allemande Grüsonwerk de 5,7. Elle est inventée en 1893 par le Lieutenant-Colonel Bussière et les sociétés Chatillon et Commentry et Five-Lilles. Son rôle est de défendre les abords des ouvrages grâce à un armement se composant de deux canons de 57 système Nordenfeld.

Ces tourelles avaient l’inconvénient d’exiger des munitions spéciales et c’est ce motif surtout qui a conduit à adopter pour les coupoles qui ont suivi une pièce tirant la cartouche du canon de 75 de campagne.

Organisation des tourelles de 57

La tourelle est placée dans un puits en béton spécial. Elle se compose d’une partie fixe et d’une partie mobile répartie sur 3 étages.

L’étage inférieur, où se trouvent un magasin à munitions et les appareils de manœuvre de rotation et d’éclipse.

L'escalier d'accès à l'létage intermédiaire de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie
L’escalier d’accès à l’létage intermédiaire de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie

L’étage intermédiaire, on y accède de l’étage inférieure grâce à un escalier en fer. On y trouve 3 niches à munitions qui y sont aménagés dans la maçonnerie pour recevoir chacune un casier à munitions pour 384 ou 408 projectiles.

On y remarque en outre la circulaire graduée en degrés et un panorama en tôle ou figue le paysage. On y trouve aussi le pivot de la tourelle, les strapontins des pourvoyeurs et l’échelle communiquant avec la chambre de tir. Un passage fermé par une trappe conduit sous l’avant cuirasse.

L’étage supérieur, il constitue la chambre de tir qui renferme les deux canons, leurs affûts et leurs appareils de pointage en hauteur et en direction. On y trouve aussi deux cassiers pour 15 projectiles et la buse d’aspiration du ventilateur, les strapontins pour les servants et les appareils de pointage (hausse optique et hausse Asée à écran Meyer et guidon Broca)

Composition du personnel pour les tourelles de 57

  • 1 Officier chef de tourelle.
  • 1 Sous-Officier chef pointeur.
  • 1 Sous-Officier chef artificier.
  • 1 Brigadier-chef de pièce et Brigadier-chef de manœuvre.
  • 2 canonniers servants tireurs.
  • 6 auxiliaires canonniers fantassins ou autre.

Description sommaire de la tourelle de 57

La tourelle est à éclipse et aménagée pour recevoir deux canons de 57 mm à tir rapide avec leurs accessoires et leurs approvisionnements.

Cuirassement mobile

La tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric
La tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric

Le toit de la tourelle est composé par une calotte hémisphérique en fer laminé de 30 cm d’épaisseur pesant 15 tonnes. Il est doublé intérieurement par trois tôles d’acier doux superposées de 11 mm d’épaisseur chacune.

Ce toit est assemblé avec une sablière annulaire en acier moulé de 40 cm de hauteur, dans laquelle sont pratiquée les différentes embrassures, celles des deux canons, celle pour le pointage et deux petits orifices d’observation dirigés dans le sens opposé au tir.

Avant-cuirasse fixe

L’orifice du puits de la tourelle est protégé par une avant cuirasse en fonte dure en trois voussoirs pesant ensemble 40 tonnes. Le bord supérieur est tourné suivant une surface conique, sur laquelle le toit vient s’adapter en s’éclipsant de manière à produire une obturation complète

Chambre de tir et affût

Des soldats Franaçcias pendant la Grande Guerre près des vestiges d'affut dans la chambre de tir de la tourelle de 57 après la destruction volontaire des tourelles du fort de Manonviller par les Allemands en aout 1914. Lionel PRACHT
Des soldats Franaçais pendant la Grande Guerre près des vestiges d’affut dans la chambre de tir de la tourelle de 57 du saillant 2 après la destruction volontaire des tourelles du fort de Manonviller par les Allemands en aout 1914. Lionel PRACHT

La chambre des canons ou chambre de tir est entourée par une virole en tôle d’acier portant la cuirasse. Elle est fermée à la base par un parquet métallique. Cette chambre contient deux canons montés sur des affûts articulés reliés en parallélogrammes et munis de freins hydraulique.

Les canons sont enveloppés fixés par des manchons aux moyens de rotules dans leurs embrasures. Le pointage s’effectue avec une hausse commune aux deux pièces au moyen de laquelle le pointeur vise directement le but. Il actionne simultanément les canons au moyen de deux volants à main leurs donnant la direction et l’inclinaison en hauteur.

Un limbe gradué, solidaire de l’appareil de pointage donne les angles d’inclinaison des canons.

Hausse de pointage

La hausse de pointage est assurée grâce une hausse optique de pointage Système de Fraysseix appropriée par la Compagnie de Filles-Lille, dont la lentille occupe l’embrasure de visée et dont l’écran est solidaire des deux canons. Ce système permet de pointer d’une manière continue avec la plus grande facilité et avec une très grande précision. Les graduations de la hausse et des dérives sont gravées sur l’écran même où elles se trouvent naturellement éclairées. Cette hausse est complétée par hausse asée à écran Meyer et guidon Broca.

Armement.

La tourelle de 57 du saillant 3 du fort de Manonviller endomagée par les combats le 27 août 1914 - Lionel PRACHT
La tourelle de 57 du saillant 3 du fort de Manonviller endomagée par les combats le 27 août 1914
Lionel PRACHT

La tourelle est armée de deux canons de 57mm de calibre, placés parallèlement à 80 cm d’axe en axe. Pour ce qui est de leurs conditions balistiques, il est nécessaire de se rapporter aux travaux spéciaux faits à ce sujet par l’arsenal de Bourges, en 1892. Les munitions sont à douilles serties aux projectiles et à percussion centrale.

Ses canons proprement dits, tubes et culasses out été exécutés par les Ateliers de la Société Maxim-Nordenfelt, à Erith, près Londres, sur les dispositions courantes de cette Société, pour le tir rapide ou le tir semi-automatique.

Le dispositif spécial relatif à cette application sous tourelle a consisté principalement à établir le créneau de chargement dans un plan horizontal au lieu de l’orienter verticalement diriger vers le haut, comme cela existe pour les canons de campagne ou de fortification.

Corps de la tourelle

Le corps de tourelle de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul VAUBOURG Cédric
Le corps de tourelle de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul VAUBOURG Cédric

La chambre de tir de la tourelle repose sur un pivot cylindrique en tôle de 75 cm de diamètre qui traverse le plancher de l’étage intermédiaire dans un guidage supporté par quatre colonnes en fer forgé.

La virole porte cuirasse est-elle même guidée par une couronne de cintrage encastrée dans le béton de la plongée.

Mécanisme de soulèvement d’équilibre

Le balancier de mise en baterie ou en éclipse de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric
Le balancier de mise en baterie ou en éclipse de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric

Le pivot de la tourelle est supporté par une béquille articulée à rotule attelée à l’extrémité d’un balancier d’équilibre portant d’autre part un contrepoids qui pèse le quart de la tourelle.

Le support de l’axe d’oscillation du balancier s’appuie sur une plaque de fondation dans laquelle sont encastré les pieds des colonnes portant le guidage intérieur du pivot.

Un treuil à bras adapter au balancier donne le mouvement à un pignon qui court sur une crémaillère verticale fixe, en entrainant le système pour obtenir les mouvements de mise en batterie ou d’éclipse de la tourelle. La course verticale est de 40 cm.

Le treuil à bras de mise en baterie ou en éclipse de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric
Le treuil à bras de mise en baterie ou en éclipse de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul.
VAUBOURG Cédric

Deux hommes effectuent la manœuvre en 7 à 8 secondes. De verrous empêche la tourelle de s’éclipser accidentellement pendant le tir. Le pointeur peut les déverrouiller grâce à une manivelle mise à sa portée dans la chambre de tir

Orientation de la tourelle en azimut

L’orientation de la tourelle en azimut est produite grâce à un treuil placé également à l’étage inférieur. L’arbre vertical de ce mécanisme est terminé à sa partie supérieure par un pignon allongé qui engrène dans toutes les position la tourelle avec une couronne dentée adaptée en bas de la virolle porte cuirasse.

Un frein à collier immobilise la tourelle pendant le tir.

Les indications relatives à l’orientation de la tourelle en azimut sont données par une circulaire graduée de 0 à 360° contre laquelle court un index suspendu à la tourelle à l’aplomb de l’embrasure de visée.

Cette circulaire est fixe près de la voute de l’étage intermédiaire, elle est doublée d’un panorama des positions du secteur couverte par l’engin, qui servira d’indication pendant le tir.

Le tour complet de l’horizon peut être effectuer en 1 minute et demie avec deux hommes actionnant le treuil.

La ventilation

Le ventilateur de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie
Le ventilateur de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie

L’aération de la chambre supérieure est assurée par un ventilateur aspirant à bras d’un débit de 28 m3 par minutes. L’air viciée est envoyé jusqu’à un tuyau central aboutissant à un coffrage central qui enveloppe la base du pivot. L’air frais qui monte dans le pivot passe ensuite dans le plancher à deux parois et sort dans la chambre de tir par quatre buses dont deux montent jusqu’au plafond de la calotte.

L’aspiration de l’autre ventilateur est établie au ras du sol de l’étage intermédiaire et le refoulement est assuré par un tuyau vertical jusque sous l’avant cuirasse ou l’évacuation se fait par une sorte de trémie percée de nombreux trous. Cette disposition à été ainsi prévue pour atténuer le choc en retour produit par les projectiles ennemis au voisinage de la tourelle.

La manivelle de manoeuvre du ventillateur à l'étage infeérieur de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton. VAUBOURG Julie
La manivelle de manoeuvre du ventillateur à l’étage infeérieur de la tourelle de 57 modifiée en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton. VAUBOURG Julie

Acoustique de commandement

Pour donner au pointeur la possibilité de commander directement les hommes au treuil de manœuvre placés à l’étage intermédiaire, il dispose d’un tube acoustique à porté de main qui communique directement par le pivot avec l’étage inférieur et abouti à un pavillon qui termine sa base.

Eclairage des tourelles de 57

L’éclairage des tourelles de 57 est assuré par 20 lanternes d’artillerie avec bougie analogue à celle de voiture avec trois glaces et un réflecteur en nickel.

Elles sont réparties, de la façon suivante

  • 4 dans la chambre de tir
  • 6 à l’étage intermédiaire
  • 10 à l’étage inférieur

Soit un effectif de 19 hommes.

Différence entre la tourelle de 57 et la tourelle de 75

La tourelle de 57 diffère de la tourelle de 75R 05 sur les points suivants :

  • 1° Il n’y a pas de circulaire graduée, ni de bras télescopique. On ne pouvait donc pas faire du pointage indirect.
  • 2° Le balancier au lieu de tourner autour d’un tourillon fixe est supporté par une béquille pouvant osciller autour d’un point situé à hauteur du sol de l’étage inférieur.
  • 3° Pour produire l’éclipse on agit sur une manivelle qui commande une roue a axe fixe dont la jante est rattachée par une bielle au balancier d’équilibre. Cet ensemble est organisé de telle façon que la bielle soit normale au contour extérieur de la roue quand la tourelle est éclipsée ou en batterie. Il est facile de se rendre compte que cette disposition permet de faire démarrer facilement la tourelle et de la faire arriver sans choc à ses positions extrêmes.
  • 4° Dans la tourelle de 57 l’affût permet, sans déplacer le cuirassement, un léger mouvement des canons en plan. Les canons sont placés dans deux manchons comme dans la tourelle de 75. Le manchon guide de culasse appuie par une bielle à l’extrémité d’un balancier portant un contrepoids d’équilibre. Le point fixe du balancier est porté par une console qui peut tourner autour d’un axe vertical qui rencontre le centre de l’embrasure. En déplaçant la console on réalise le pointage en direction. En déplaçant le balancier, on donne le pointage en auteur.
  • 5° Le créneau de visée n’est pas obturé comme dans les tourelles de 75R 05 par un verre épais.
  • 6° La ventilation est alors moins bonne, et le bruit des pièces plus intense dans la chambre de tir de la tourelle de 57 par apport à la 75.
  • 7° Les canons de 57 ne permettent pas d’assurer la défense des intervalles contrairement au canon de 75.

Inventaire des tourelles de 57

La tourelle de 57 sera produite à seulement 4 exemplaires par les sociétés Fives et Lille avec la participation de Châtillon et Commentry, son coût de fabrication et de construction est analogue à celui d’une tourelle de 75.

Le corps de la tourelles de 57 du saillant 2 dans le fossé  du fort après la destruction volontaire des tourelles du fort de Manonviller par les Allemands en aout 1914. Lionel PRACHT
Le corps de tourelle d’une des tourelles de 57 dans le fossé du fort après la destruction volontaire des tourelles du fort de Manonviller par les Allemands en aout 1914. Lionel PRACHT

Les deux premiers modèles sont installés au fort de Manonviller dans la trouée de Charmes à partir de 1894. Les deux autres exemplaires sont installés à Toul, dans des ouvrages au Nord-Est de la place afin de réaliser des essais sur la défense des abords. Elles possédaient un tracé différent des bouches à feu qui ne permettait pas l’utilisation des munitions des tourelles du fort de Manonviller.

N° de série de la tourelleSite d’installationPlace forteDate d’installation Etat aujourd’hui
1Fort de ManonvillerTrouée de CharmesInstallation de 1894 à 1995 et tir de réception le 1 octobre 1895Détruite volontairement après la prise du fort par les allemands
2fort de ManonvillerTrouée de CharmesInstallation de 1894 à 1995 et tir de réception le 1 octobre 1895Détruite volontairement après la prise du fort par les allemands
3Ouvrage Est du Vieux-CantonToulInstallation de 1894 à 1995 et tir de réception fin 1895
Modifiée après 1909 en tourelle de 75
En place avec copie de canon et entièrement restaurée
4Ouvrage du BouvronToulInstallation de 1896 à 1997 et tir de réception Ie 28 janvier 1898
Modifiée après 1909 en tourelle de 75
Ferraillée vers 1943 par les allemands

Modification de tourelles de 57 en tourelle de 75

La tourelle de 57 modifiée en 75R 05 de l'ouvrage Est du Vieux Canton. VAUBOURG Julie
La tourelle de 57 modifiée en 75R 05 de l’ouvrage Est du Vieux Canton. VAUBOURG Julie

La tourelle de 57, demande des munitions spécifiques que l’on utilisent nulle part ailleurs et qui ne sont pas forcément compatible entre les différentes tourelles. Avec l’arrivée du canon de 75, ces problèmes allaient être résolus.

En 1909, les tourelles installées à l’ouvrage de Bouvron et à l’ouvrage Est du Vieux-Canton à Toul seront modifiées pour recevoir des canons de 75, car la multiplication des fortifications de ce secteur de la place demandait à ces tourelles d’assurer la défense des intervalles. Les deux autres tourelles installées au fort de Manonviller ne seront pas modifiées pour ne pas désarmer le fort.

Le cout des modifications de l’armement de ces tourelles avoisine les 61 200 Francs sans armement par tourelle.

A savoir :

  • 9300 francs pour les affûts.
  • Sablière en acier moulée avec reprise de l’ancienne sablière 7100 francs
  • Monte-charges 2700 francs
  • Organes et mécanisme nécessaires à la modification des appareils de mise en batterie, de pointage en direction, de manœuvre de force et de ventillation, outillage de rechange 30200 Francs.
  • Emballage et chargement sur wagon en gare 1100 Francs
  • Démontage et montage des différents éléments de la tourelle 10800 Francs

Notice concernant la transformation tourelles de 57 en 75

La tourelle de 57 modifiée en 75 et son observatoire cuirassé à l'ouvrage du Bouvron Toul en 1940 - Lionel PRACHT
La tourelle de 57 modifiée en 75 et son observatoire cuirassé à l’ouvrage du Bouvron Toul en 1940 – Lionel PRACHT

Cette transformation a été étudiée en respectant tous les organes sellés dans les maçonneries, ainsi que ceux qui peuvent sans inconvénient rester en place. Leurs différences avec les organes des tourelles de 75 ne présentent aucune difficulté au point de vue de la manœuvre.

Le balancier du mouvement d’éclipse n’a pas été modifié, mais il a été équilibré lors du montage par l’addition au contrepoids de lingots de plomb ou de débouchures. Le mouvement de manouvre du balancier, ayant une amplitude suffisante reste le même. Le levier de commande est remplacé, afin de pouvoir effectuer la course de 43 cm pour éclipser la tourelle modifiée.

Le mécanisme du balancier de la tourelle de 75 modifié en 75 de l'ouvrage Est du fort du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric
Le mécanisme du balancier de la tourelle de 75 modifié en 75 de l’ouvrage Est du fort du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Cédric

Le plancher intermédiaire reste en place sans modification, mais le tambour existant à la partie inférieure est remplacé par un couloir d’éjection analogue à celui des tourelles de 75. Toute la ventilation placée sous le planché est utilisée. Les tuyaux d’éjection des douilles et d’aération sont fournis semblables à ceux des tourelles de 75.

La tôlerie du corps de tourelle avec sou tube pivot est après démontage expédiée en usine pour la modifier. Dans les mêmes temps de la nouvelle hauteur d’éclipse la virole formant guidage supérieur de la tourelle est augmentés par l’addition d’un cercle tourné. La virole du corps de coupole est rallongée par le bas et elle est renforcée par un couvre joints. Les trous d’aération sont fermés par le rivetage d’une virole en tôle de 5 mm. Le rang de rivets inférieur des cornières de brides supportant la sablière est coupé et remplacé par des rivets fraisés pour permettre la mise en place de la gouttière. L’aile horizontale de la cornière intérieure est découpée comme dans les tourelles de 75.

Les cercles de roulement et la circulaire de rotation sont démontés – Les plancher actuel trop faible, n’ayant pas assez de hauteur est remplacer. Toute la partie intermédiaire du tube pivot portant ce plancher est remplacée par une tôlerie semblable à celle des tourelles de 75. Les trous de rivets restants après cette transformation sont bouchés par la mise en place de rivets fraisés à l’extérieur. Le trou d’accès dans le tube pivot se trouvant obstrué par les conduites d’air est déplacé et reporté à la partie supérieure. La partie inférieure du tube pivot est conservé à partir du joint. La disposition et la manœuvre inférieure des verrous de calage sont conservées, mais la partie supérieure de la tringle et le mouvement de commande de ces verrous sont modifiés et rendus analogues à ceux des tourelles de 75.

Les parties supérieures et inférieures des monte-charges sont les même que pour les tourelles de 75, la partie intermédiaire est raccourcie.

Les affûts, avec leurs mouvements de pointage en hauteur, de hausse, de repérage et de direction, le treuil pour le remplacement des canons, la circulaire graduée et la tôle de panorama seront en tous points semblables aux organes des tourelles de 75. Le contrepoids de l’appareil d’équilibre des affûts est modifié.

Le mécanisme de rotation de la tourelle de 57 modifié en 75 de l'ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie
Le mécanisme de rotation de la tourelle de 57 modifié en 75 de l’ouvrage Est du Vieux Canton à Toul. VAUBOURG Julie

Pour obtenir un mouvement de rotation analogue à celui des tourelles de 75, nous avons été conduits à suspendre après le guidage supérieur en fonte existant un cuvelage cylindrique en tôles et cornière portant la couronne dentée. Ce cuvelage en est fixé est fixé au guidage en fonte par des vis tarauder sur place au montage et par des boulons de scellement maintenant en place les montants de renfort.

La sablière de la tourelle de 57 est remplacée par une autre rigoureusement semblable à celle des tourelles de 75. Les cordons d’emboîtage de la calotte et de la tôlerie sont usinés à la demande des cordons existants dans la sablière de 57.

La fourniture comprend en outre les appareils et l’outillage nécessaire pour le remplacement des canons et la mise en batterie.

La mise en place des tuyaux de ventilation dans la chambre de tir entraine la démolition du doublage de calotte. Le coffrage inférieur du corps de tourelle, les monte-charges, les strapontins existants actuellement sont démontés et déposés. L’échelle d’accès dans la chambre de tir est modifiée et rendue conforme à celle des tourelles de 75. Le cabestan de commande du mouvement de rotation et tous les organes de ce mouvement seront également démontés.