
Les canons de 27 cm modèles 1870 M, 1870-81, 1870-87, 1870-93 de 28,5 calibres et de 274 mm modèle 1881
Les canons de 27 cm sont des pièces d’artillerie lourde de côte analogues à la pièce de 32 cm de côte. Ils se composent d’une bouche à feu en fonte avec un tubage acier, équipé d’une culasse à vis monté sur différents types d’affût sauf pour le canon de 274 mm qui est entièrement en acier. Ces pièces d’artillerie sont destinées à l’armement des batteries côtières de bombardement pour surveiller les côtes maritimes grâce à leur tir de plein fouet contre des obstacles résistants.

En 1914, il existe en batterie sur les côtes sept modèles de canon de 27 cm et de 274 mm qui s’appellent :
- Canon de 27 cm modèle 1870-1881.
- Canon de 274 mm modèle 1881 (acier)
- Canon de 27 cm modèle 1870-1887
- Canon de 27 cm modèle 1870-1893 de 28,5 calibres
- Canon de 27 cm modèle 1870 M
- Canon de 27 cm modèle 1864-70 et canon de 27 cm modèle 1864-66
Les trois derniers modèles de canon étaient appelés à disparaître en 1913 de l’armement du littoral.
Il a été construit avant 1900, quelques canons de 27 cm modèle 1870-93 de 25 calibres, qui ont les mêmes propriétés balistiques que les canons de 27 cm modèle 1870-81.
Caractéristiques des bouches à feu des canons de 27 cm

Le calibre des canons de 27 cm et 274mm est de 274,4 mm, leur poids et leur longueur d’âme sont indiqués ci-après :
| Modèle | Poids de la bouche à feu | Longueur d’âme en calibres |
|---|---|---|
| Canon de 27 cm modèle 1870-81. | 25,5 tonnes | 25 (soit 6,75 mètres) |
| Canon de 274 mm modèle 1881. | 27,85 tonnes | 28,5 (soit 7,695 mètres) |
| Canon de 27 cm modèle 1870-87. | 30,2 tonnes | 28,5 (soit 7,695 mètres) |
| Canon de 27 cm modèle 1870-93 de 28,5 calibres. | 31,6 tonnes | 28,5 (soit 7,695 mètres) |
| Canon de 27 cm modèle 1870 M. | 23,2 tonnes | 18 (soit 4,86 mètres) |
Tous les canons de 27 cm et de 274 mm sont rayés à gauche, l’inclinaison finale des rayures est de 4° pour la majeure partie des canons de 27 cm modèle 1870 M. Elle est de 7° pour quelques canons de 27 cm modèle 1870 M et pour les canons des quatre autres modèles.
Caractéristiques des affûts des canons de 27 cm

Les canons de 27 cm modèle 1870-81 sont montés sur l’affût modèle 1886 PA amélioré en 1911 à pivot avant.
Les canons de 274 mm modèle 1881 sont montés sur l’affût modèle 1888 PC amélioré en 1911 à pivôt central.
Les canons de 27 cm modèle 1870-87 et modèle 1870-93 de 28,5 calibres sont montés sur l’affût modèle 1888 PA à pivot avant.
Les canons de 27cm modèle 1870 M sont montés :
- Soit sur l’affût modèle 1886 PA non amélioré à pivot avant.
- Soit sur l’affût modèle 1883 PA à pivot avant.
- Soit sur l’affût modèle 1876-83 PA à pivot avant.
- Soit sur l’affût modèle 1879-83 PC à pivôt central.
- Soit sur l’affût modèle 1891 à châssis circulaire à pivôt central
Dans certaines colonies, on utilisera parfois pour des raisons budgétaires de vielles bouches à feu comme les canons de 27 cm modèle 1864-70 qui pouvaient être montés sur l’affût modèle 1888 PC amélioré en 1911 à pivot central ou des canons de 27 cm 1864-66 qui pouvaient être montés sur l’affût modèle 1876-83 PA.


Les modèles d’affût des canons de 27 cm modèles 1864-66, 1864-70 et 1870 M, devaient disparaître après 1913 de l’armement du littoral.
Caractéristiques des munitions des canons de 27 cm
Les caractéristiques des projectiles lancés par les divers canons de 27 cm et de 274 mm sont données par le tableau suivant :
| Projectiles | Longueur en calibres | Poids de l’obus | Charge intérieure |
|---|---|---|---|
| De combat | |||
| Obus de rupture G en acier | 2,4 | 216 kg | 2 kg de poudre noire |
| Obus de rupture M en acier | 2,4 | 216 kg | 2 kg de poudre noire |
| Obus en fonte ordinaire G | 2,6 | 180 kg | 11 kg de poudre noire |
| Obus en fonte ordinaire G | 2,6 | 187 kg | 17 kg de mélinite |
| Obus en fonte M, tracé de 1889 | 3 | 216 kg | 22,5 kg de mélinite |
| Obus en fonte M, tracé de 28/01/1898 | 2,6 | 198,5 kg | 17 kg de mélinite |
| Obus en fonte M, tracé de 29/01/1898 | 3 | 224 kg | 22,5 kg de mélinite |
| Obus en fonte M, modèle 1898-1908 | 3 | 224 kg | 22,5 kg de mélinite |
| D’exercices | Longueur en calibres | Poids de l’obus | Charge intérieure |
| Obus en fonte ordinaire G | 2,6 | 180 kg | Lesté (sable et sciure de bois) |
| Obus d’exercice en fonte M | 2,6 | 180 kg | Lesté (sable et sciure de bois) |
| Boulet ogival M en fonte | 2,5 | 216 kg | Lesté (sable et sciure de bois) |
| D’épreuve | Longueur en calibres | Poids de l’obus | Charge intérieure |
| Boulets cylindriques G et M en fonte | 1,9 | 216 kg | Lesté (sable et sciure de bois) |
| Boite à tir fictif M en zinc | 4,8 | 270 kg | Tournure ou grenaille de fonte. |
La modification G 1908 a consisté à changer le filetage de l’œil d’ogive pour permettre l’emploi des systèmes d’amorçage de la Guerre.
L’obus de rupture G, les obus ordinaires G (chargés en poudre ou en mélinite, ou lestés) et l’obus en fonte M chargé en mélinite au tracé du 28 janvier 1898 (poids 186,5 kg) ne peuvent être tirés que dans le canon de 27 cm modèle 1870 M.
Le canon de 27 cm modèle 1870-81.

La bouche à feu du canon de 27 cm modèle 1870-81
La constitution générale du canon de 27 cm modèle 1870-81 ne diffère de celle du canon de 32 cm modèle 1870-81 que par les dimensions et par le nombre des frettes. Le mécanisme de culasse est la fermeture type « Marine» sans engrenage de la variété b).
La disposition de la boite de hausse, de la masse de mire, des guidons et des facettes de niveau de pointage est la même que pour le canon de 32 cm modèle 1870-84. La disposition de l’arc denté est celle du canon de 32 cm modèle 1870-81.

Sur le côté gauche du canon de 27 cm modèle 1870-81 sont fixés par des vis, d’une part la patte d’accrochage présentant en saillie le tenon d’accrochage qui sert à arrêter le canon à sa position de chargement, d’autre part, la butée de l’appareil de sécurité.
A l’intérieur de chaque tourillon se trouve un petit tourillon dont la partie extérieure comporte :
- 1° Un renflement cylindrique sur lequel est enfilé l’engrenage intérieur fixé au gros tourillon par une vis.
- 2° Une partie hexagonale, sur laquelle s’emmanchent la cale d’entraînement et l’engrenage extérieur.
- 3° (Au tourillon gauche seulement), une deuxième partie hexagonale sur laquelle s’emmanchent la rondelle de calage puis la tête du secteur denté du cadran.
- 4° Une partie filetée sur laquelle, après avoir placé une rondelle de tourillon, on visse un écrou qui est immobilisé par une goupille.

Seules 8 pièces auront été fabriquées et installées à la veille de la Grande Guerre.
Charges du canon de 27 cm modèle 1870-81.
Chaque charge est formée d’une seule gargousse à l’exception de la charge en poudre BGC1 qui comporte deux gargousses.
| Projectiles | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
|---|---|---|---|
| De combat | |||
| Obus de rupture M | 70 kg de PB2 ou 26,4 kg de BGC1 ou 27 kg de BM7 | 567 m/s | 11800 m |
| Obus en fonte M, de 224 kg | 70 kg de PB2 ou 26,4 kg de BGC1 ou 27 kg de BM7 | 567 m/s | 11800 m |
| Obus d’exercice en fonte M de 180 kg | 70 kg de PB2 ou 26,4 kg de BGC1 ou 27 kg de BM7 | 604 m/s | 11800 m |
| D’épreuve | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Pas de faux projectile | 8 kg MC30 |
L’affût modèle 1886 PA amélioré en 1911 pour canon de 27 cm modèle 1870-81

L’affût de 27cm modèle 1886 PA, amélioré en 1911, comprend :
- Le corps d’affût, en acier, qui porte le canon.
- Le châssis, en acier, sur lequel le corps d’affût peut reculer.
- La sellette circulaire, en fonte, sur lesquelles le châssis peut pivoter et qui sont invariablement reliées à une plateforme en béton.
| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm 1886 PA amélioré en 1911 |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,3 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -6° à + 25° |
| Champ de tir horizontal | 180° |
| Poids approximatif | 36 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 5,5 tonnes |
| du châssis | 13,5 tonnes |
| Sellette circulaire et ferrures des plateformes | 17 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870-81 | 61,5 tonnes |
Le corps d’affût est, dans ses grandes lignes, analogue à celui des affûts de 32 cm modèle 1888 (PA ou PC). Il en diffère principalement par les organes ajoutés en 1911.

Il se compose de deux flasques réunis par une entretoise. Chaque flasque comporte :
- Un encastrement de tourillons supportant le canon et recouvert d’une susbande.
- Un dispositif de suspension du canon.
- Deux chapes (antérieure et postérieure) formant extérieurement agrafe pour empêcher le soulèvement du corps d’affût et portant chacune deux galets qui servent au roulement du corps d’affût sur les côtés du châssis.
- Trois boucles de manœuvre, une à l’avant, une à l’arrière, une sur le côté extérieur du flasque.
Les deux flasques portent le mécanisme de pointage en hauteur.

A l’intérieur du flasque droit se trouve le levier d’accrochage du canon. Ce levier est formé de deux branches perpendiculaires entre elles et tournent autour d’un axe commun fixé au flasque. La grande branche, terminée à l’arrière par une poignée, porte vers son milieu un cran dans lequel peut s’engager le tenon d’accrochage du canon. La petite branche est articulée avec la tige d’un piston qui se meut dans une boite à ressort boulonnée sur le flasque. L’action du ressort pousse constamment vers l’avant la grande branche du levier.
Au-dessous du levier d’accrochage se trouve le dispositif de sécurité. L’entretoise, formant corps avec le corps d’affût, porte les deux cylindres de frein et au-dessus les deux tampons de choc.
Dispositif de suspension du canon. Sauf à l’instant même du tir, l’appui du canon sur le corps d’affût se fait en grande partie par l’intermédiaire du dispositif de suspension, qui offre aux mouvements d’inclinaison de la pièce une résistance beaucoup moindre que celle qui serait due au frottement des tourillons dans leurs encastrements.

Dans ce but, la cale d’entraînement de chaque petit tourillon porte sur une pièce de forme prismatique dénommée navette et reposant, par l’intermédiaire de deux cylindres nommés bobines, sur un levier de suspension actionnant des rondelles Belleville. Quand le levier exerce de bas en haut un effort convenable, le frottement de glissement du gros tourillon est remplacé en grande partie par le frottement de roulement du petit tourillon et des deux bobines.
L’entraînement relatif des diverses parties du dispositif de suspension est assuré par un système d’engrenages comprenant :
Pour le petit tourillon et chacune des deux bobines deux engrenages, l’un intérieur, l’autre extérieur.
Pour la navette et le levier de suspension deux plaques d’engrènement, l’une intérieure, l’autre extérieure. Les plaques de la navette sont dentées en haut et en bas, celles du levier en haut seulement.
Le levier tourne à l’avant autour d’un tourillon de levier interposé entre lui et son support avant. Il est relié à son support arrière au moyen d’un boulon, sur lequel sont enfilées des rondelles Belleville, que l’on serre à l’aide d’un écrou et d’un contre-écrou. Une réglette graduée fixée au boulon, permet de repérer le degré de serrage des rondelles Belleville.
Le châssis est, dans ses grandes lignes, analogues à celui de l’affût de 32 cm modèle 1888 PA, dont il diffère surtout par l’addition des organes du système de chargement à récupération.
Il se compose de deux côtés reliés à la partie avant et au milieu par deux entretoises, à la partie inférieure par une semelle circulaire, et terminés par deux prolongements. Le dessus des côtés, incliné de 4° vers l’avant, forme chemin de roulement pour les galets du corps d’affût. Chaque côté porte à l’avant une agrafe, qui emboîte la nervure supérieure de la sellette, de façon à empêcher le soulèvement du châssis, à l’intérieur un support arrière de tige de piston de frein hydraulique et deux heurtoirs de tampon de choc. Sur le côté droit se trouve une banquette de manœuvre de culasse, à l’extérieur, du côté gauche, est fixée une boîte à étoupilles.

L’entretoise avant reçoit les extrémités avant des tiges de piston de frein. L’entretoise du milieu porte deux fortes roulettes en fonte qui roulent sur la circulaire.
Le dessus de la semelle a la forme d’un plateau circulaire, le dessous est évidé et conique dans la partie qui repose sur la couronne de galets. Au centre, est le passage de la cheville-ouvrière, tout à fait en arrière se trouve le support d’arbre vertical de pointage en direction. Sur le pourtour, est fixé par des tourniquets à vis un couvre-circulaire formé de segments en tôle se recouvrant partiellement et pouvant s’enlever à l’aide de poignées, ce couvre-circulaire protège la couronne de galets, la denture circulaire de la sellette et la partie inférieure du mécanisme de pointage en direction.
Entre les côtés du châssis, puis entre les prolongements, est fixée la plateforme de chargement, dans laquelle est pratiquée une fente bordée par une cornière protège-pieds pour le passage du bras de chargement.

A l’arrière des prolongements se trouve la banquette de pointage à la hausse soutenue par deux supports et entourée d’un garde-corps qui porte à droite des crochets supportant le refouloir-jauge. Aux supports de banquette sont fixés deux montants avec contre-fiches de banquette et de montants. Ces deux montants sont réunis par une traverse-support de lanterne, à laquelle sont fixés deux accotoirs de brouette réunis eux-mêmes par une traverse d’accotoirs. Accotoirs et traverse servent à verser l’obus de la brouette dans la lanterne de chargement.
Sur le côté gauche du châssis est placée une banquette de pointage en direction, en avant de laquelle se trouve le support de collimateur.
Les côtés du châssis et la banquette de pointage à la hausse reçoivent en outre les supports pour le mécanisme de pointage en direction et des appareils de chargement.
La sellette ne diffère que par les dimensions de celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC. La circulaire, concentrique à la sellette est composée de 4 secteurs et de deux bouts de secteurs.
A leur jonction, les 6 parties de la circulaire reposent sur des semelles en fonte, auxquelles elles sont fixées par des clefs en fer.
Mécanisme de pointage en hauteur de l’affût de 27 cm 1886 PA amélioré en 1911
La transmission à la pièce des mouvements d’inclinaison nécessités par le pointage en hauteur se fait au moyen d’engrenages semblables à ceux des affûts de 32 cm modèle 1888 PC ou PA. La vis de pression du volant est organisée de façon à se desserrer automatiquement au moment du départ du coup. Le mécanisme de pointage en hauteur est complété par un cadran de pointage avec compensateur de dénivellation
Cadran de pointage. Sur l’extrémité du tourillon gauche est monté un secteur denté, qui est entrainé dans tous les mouvements d’inclinaison de la pièce.
Ce secteur denté engrène avec un double pignon, dont l’axe est porté par une plaque, dite support de cadran, fixée au flasque gauche du corps d’affût par trois douilles et trois grosses vis.

Le double pignon comprend un pignon extérieur et un pignon intérieur, trois petits ressorts à boudin tendent à les faire tourner en sens contraire l’un de l’autre de façon à supprimer le jeu existant entre les dents du pignon et celles du secteur, quel que soit le sens de rotation de celui-ci, ce dispositif forme le système de rattrapage de jeu.
Un disque de repérage fixé sur la face interne du pignon intérieur au moyen de 3 vis (en triangle irrégulier) présente une dent saillante, qui pénètre dans une dent creuse du secteur denté. Ces dispositions obligent à exécuter toujours de la même façon le montage de l’ensemble. Sur une douille de fixation, solidaire du pignon intérieur est fixé (également par 3 vis en triangle irrégulier) le cadran de combat en maillechort. Ce cadran porte en son centre un hexagone d’entraînement (avec ergot en saillie) sur lequel peut être monté un cadran d’exercice en laiton

Une aiguille montée à frottement doux est entrainée par le cadran (fixe ou amovible), mais elle peut être déplacée à la main, indépendamment du cadran, au moyen de son bouton. Un écrou de serrage, vissé sur le bout fileté de l’axe de cadran, permet, par l’interposition d’une rondelle d’appui et d’une rondelle Belleville, de régler le frottement. Cet écrou porte sur une de ses faces l’indication : « Combat » et sur l’autre, l’indication : « Exercice ». En tournant l’écrou, de façon que l’indication apparente soit celle qui correspond au cadran employé et en vissant l’écrou à fond, on obtient toujours le frottement convenable.
Les rayons du secteur denté et du double pignon sont choisis de manière que, lorsque l’inclinaison varie de 1°, l’aiguille tourne de 12°.
Chacun des cadrans est gradué sur son pourtour en distances, il porte l’indication de la bouche à feu, du genre de tir (exercice ou combat), de la batterie, du numéro d’ordre de la pièce dans la batterie, de l’altitude de moyenne des tourillons, du poids et de la nature de la charge auquel il convient, et en outre l’indication de la distance et de l’angle correspondant pour la vérification du réglage.
Compensateur des dénivellations de la plateforme. Si la plate-forme était constamment horizontale, il suffirait, pour pointer la pièce en hauteur, d’amener la pointe de l’aiguille convenablement placée en face d’un repère fixe lié invariablement au corps d’affût.
Cette condition n’étant pas réalisée dans la pratique, il est nécessaire de compenser l’erreur d’inclinaison qui en résulte pour l’affût et la pièce. On y arrive en déplaçant d’une façon convenable le repère.
A cet effet, ce repère est constitué par la pointe d’une aiguille à levier actionnée par un coulisseau qui porte un niveau et qui se déplace sur un arc porté par un support d’arc fixé lui-même au support de cadran. Le déplacement du coulisseau est obtenu au moyen d’une vis de commande.
En agissant sur la vis de commande de manière à maintenir la bulle du niveau entre ses repères, on déplace la pointe de l’aiguille à levier. L’amplification des mouvements angulaires du niveau correspond à l’amplification de l’inclinaison de la pièce par le cadran de pointage.
Mécanisme de pointage en direction de l’affût de 27 cm 1886 PA amélioré en 1911
Le pointage en direction s’obtient par le mouvement de rotation du châssis autour de la cheville ouvrière de la sellette. Ce mouvement est produit par la courroie dentée de la sellette et par un train d’engrenages porté par un arbre vertical, deux arbres transversaux et deux arbres courts.

L’arbre vertical tourne à l’intérieur d’un support fixé à l’arrière de la semelle du châssis. Il porte à sa partie inférieure un pignon qui engrène avec la courroie dentée de la sellette, à sa partie supérieure, un pignon d’angle.
L’arbre transversal d’avant traverse les deux côtés du châssis. Il porte, à l’intérieur de ces côtés et vers la droite, un pignon d’angle qui engrène avec la roue d’angle de l’arbre vertical, à l’extérieur du côté gauche, une roue dentée.
L’arbre transversal d’arrière traverse les deux côtés du châssis. Il porte, à l’extérieur du côté gauche, un pignon qui engrène avec la roue dentée de l’arbre transversal d’avant et une roue dentée, à l’extérieur du côté droit, une roue dentée.
Les deux arbres courts traversent chacun un des côtés du châssis. Chacun d’eux porte à l’extérieur du châssis un pignon qui engrène avec la roue dentée correspondante de l’arbre transversal d’arrière.
En montant sur chacune des extrémités de l’arbre transversal d’arrière une manivelle, on obtient le pointage en direction à grande vitesse, en montant les mêmes manivelles sur l’extrémité extérieure de chacun des arbres courts, on obtient ce pointage à petite vitesse. Des inscriptions convenables sont placées à cet effet sur les deux côtés du châssis.
Emploi du mécanisme de pointage en direction pour la mise hors de batterie. Le mécanisme de pointage en direction peut être utilisé pour mettre le corps d’affût hors de batterie. A cet effet, l’arbre transversal d’avant porte de chaque côté une poulie barbotin. Cette poulie entraîne une chaîne qui passe sur une poulie de renvoi et vient s’accrocher à une boucle de manœuvre du corps d’affût.
Il suffit de mettre la chaîne de manœuvre en place et de faire sortir dans le sens convenable les arbres courts, en ajustant sur les manivelles de pointage en direction, pour faire reculer le corps d’affût.
L’arbre vertical peut être rendu à volonté indépendant (mise hors de batterie) ou solidaire (pointage en direction) du reste de mécanisme grâce au dispositif suivant.
La roue d’angle de l’arbre transversal est folle sur cet arbre, elle porte à droite une denture qui peut s’engrener avec une denture portée par le manchon de débrayage. Ce manchon peut glisser le long de l’arbre sans tourner, son mouvement est commandé par un levier de débrayage qui oscille autour d’un arbre fixé à l’intérieur du côté droit du châssis et est actionné par une bielle de commande traversant le côté droit du châssis.
Appareil de chargement de l’affût de 27 cm 1886 PA amélioré en 1911
Le chargement du projectile est obtenu par un appareil de chargement à récupération. Cet appareil emmagasine dans un ressort une partie de la force vive du recul de la pièce et du corps d’affût. Il utilise ensuite la détente du ressort pour élever jusqu’à la culasse le projectile placé dans la lanterne de chargement.
Le fonctionnement de l’appareil de chargement à récupération est le suivant :
1° Avant le départ du coup, le galet est au contact de son guide sur l’arrière du flasque du corps d’affût. Le levier de récupération est incliné vers l’avant, la chaîne tendue par le ressort de récupération qui est légèrement comprimé. La bielle d’accouplement repose par son extrémité libre sur la tête de la manivelle. La manivelle est inclinée vers l’arrière, le bras de lanterne abattu, le verrou fermé. La lanterne placée verticalement contient un projectile, le ressort d’équilibrage est comprimé.
2° Quand le coup part, le corps d’affût, en reculant, entraine le galet et fait osciller vers l’arrière le levier de récupération. Celui-ci tirant sur la chaine et sur la tige comprime le ressort. Dans ce mouvement, le cran de la bielle d’accouplement dépasse l’axe d’accrochage. Les choses sont réglées de telle sort, que, au moment où ce résultat vient d’être obtenu le galet a fini de parcourir la partie verticale du guide. Il vient alors au contact de la partie inférieure, et roule sans être entraîné pendant toute la fin du recul.

3° Quand l’affût rentre en batterie, dès que le galet peut s’engager sur la partie verticale du guide, le levier de récupération revient en avant sous l’influence du ressort. Ce mouvement est aussitôt arrêté par l’accrochage du cran de la bielle avec l’axe d’accrochage, qui rend le levier solidaire de la manivelle de l’arbre de chargement. Celui-ci ne pourrait se déplacer qu’en entraînant le bras de lanterne qui est retenu par le verrou. Le ressort reste donc armé, son effort s’exerçant sur le verrou.
4° Pour faire monter le projectile, un des culassiers tire le verrou à l’aide du levier de déverrouillage, après que les pourvoyeurs ont appuyé sur le bras de lanterne, pour dégager celle-ci de l’épaulement du verrou. Le levier de récupération, cédant à l’effort du ressort oscille vers l’avant, jusqu’à ce que le galet ait repris le contact avec son guide.
Dans ce mouvement, le levier entraîne la bielle d’accouplement, la maille mobile et la manivelle. Il fait par suite tourner l’arbre de chargement et élève le bras de lanterne.
La détente du ressort d’équilibrage aide au mouvement d’ascension.
Lorsque le bras de la lanterne a dépassé la position verticale, il tombe vers l’avant par son propre poids. Le choc de la lanterne, amorti par le frein de lanterne, lance le projectile en avant. Celui-ci, sous l’action du choc, de l’inclinaison de la lanterne et de celle du canon, doit arriver à tous les coups à sa position de chargement.
Un peu avant la fin du mouvement, le cran de la bielle d’accouplement se dégage de l’axe d’accrochage de la maille mobile et celle-ci tombe.
5° En renvoyant la lanterne vide en arrière, on comprime le ressort d’équilibrage ce qui modère le mouvement de chute de la lanterne. Celle-ci, arrivée au bas de sa chute, est verrouillée, soit automatiquement, soit par l’intermédiaire des pourvoyeurs.
Freins hydrauliques.
Les freins hydrauliques sont analogues à ceux de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Les tampons de choc
Les tampons de choc portés par l’affût, se composent chacun d’un axe terminé par deux épaulements cylindriques de plus fort diamètre, celui de l’arrière vissé sur la tige. Cet axe traverse une boite venue de fonte dans laquelle sont logés six couples de rondelles Belleville.
Plateforme.

La plateforme réglementaire de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA diffère principalement de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC sur les points suivants :
- 1° Les plaques de fondation sont au nombre de cinq.
- 2° La construction métallique est complétée par les cinq semelles en fonte qui servent à supporter la circulaire et qui sont encastrées dans le massif de béton. Chaque semelle est reliée audit massif par deux boulons et deux plaques de boulons.
Le canon de 274 mm modèle 1881.

Le canon de 274 mm modèle 1881 est entièrement construit en acier. Les 4 pièces en service en 1914 proviennent du désarmement des cuirassés Hoche et Redoutable et elles sont installées au fort de l’Ile Pelée à Cherbourg. Le corps du canon présente intérieurement les mêmes dispositions que le tube et la virole du canon de 32 cm modèle 1870-84. Extérieurement, il est renforcé par deux rangs de frettes, terminés chacun par une frette de calage. La frette tourillons est placée en arrière de la frette de calage du deuxième rang.
Le mécanisme de culasse est la fermeture type «Marine» sans engrenage, de la variété b de mise de feu, il est équipé d’un verrou à ressort.
La disposition de la boîte de hausse, de la masse de mire, des guidons, des facettes du niveau de pointage, et de l’arc denté est la même que pour le canon de 32 cm modèle 1870-84.
L’organisation des tourillons est semblable à celle du canon de 27 cm modèle 1870-81.
Sur le côté gauche du canon de 274 mm modèle 1881 sont fixés la plupart des organes du système d’accrochage du canon à la position de chargement et la butée de l’appareil de sécurité.

Charges du canon de 274 mm modèle 1881.
Chaque charge est formée de deux gargousses à l’exception de la charge en poudre BGC1 qui comporte trois gargousses et de la charge pour le tir en blanc qui ne comporte qu’une seule gargousse.
| Projectiles | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
|---|---|---|---|
| De combat | |||
| Obus de rupture M | 77 kg de PB3 ou 32 kg de BGC1 ou 32 kg de BM7 | 600 m/s | 13400 m |
| Obus en fonte M, de 216 et 224 kg | 77 kg de PB3 ou 32 kg de BGC1 ou 32 kg de BM7 | 600 m/s | 13400 m |
| D’exercices | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Obus d’exercice en fonte M de 180 kg | 54 kg de A30/40 ou 18,3 kg de BSP ou 18,2 kg de BM3 | 500 m/s | |
| D’épreuve | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Pas de faux projectile | 8 kg MC30 |
Affût modèle 1888 PC amélioré en 1911 pour canon de 274 mm modèle 1881.

L’affût de 274 mm modèle 1888 PC, amélioré en 1911, comprend :
- Le corps d’affût en acier qui porte le canon.
- Le châssis, en acier, sur lequel le corps d’affût peut reculer.
- La sellette, en fonte, sur laquelle le châssis peut pivoter, et qui est invariablement reliée à une plate-forme en béton.
| Caractéristiques principales | Affût de 274 mm 1888 PC amélioré en 1911 |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,35 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -6° à + 25° |
| Champ de tir horizontal | 360° |
| Poids approximatif | 46 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 6 tonnes |
| du châssis | 16 tonnes |
| Sellette circulaire et ferrures des plateformes | 24 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870-81 | 74 tonnes |
Le corps d’affût est presque complètement semblable à celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA. La principale différence consiste dans le dispositif d’accrochage du canon à la position de chargement et dans l’addition de deux tringles actionnant un plancher de manœuvre à basculement.

Le dispositif d’accrochage comprend un levier d’accrochage mobile autour d’un support fixé au canon et relié par un tube de commande à un levier de commande mobile également autour d’un support fixé au canon. L’extrémité inférieure du levier d’accrochage peut pénétrer dans le cran d’un support, d’accrochage fixé au corps d’affût. Elle est constamment sollicitée dans ce but par un ressort à boudin entourant la partie arrière du tube de commande. Le support d’accrochage sert également de support au dispositif de sécurité qui est semblable à celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA.

Le châssis est semblable à celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA dont il diffère principalement par les points suivants :
Il n’y a ni entretoise du milieu, ni roulette, ni support arrière de frein hydraulique. La banquette de pointage en direction et le support de collimateur sont placés sur le côté droit. Le mécanisme de pointage en direction n’est pas disposé pour permettre la mise hors de batterie. Le déclenchement de la bielle d’accouplement n’est pas automatique, et s’obtient à l’aide d’un levier.
Un plancher de manœuvre à basculement actionné par deux tringles fixées au corps d’affût pivote au moment du recul par l’intermédiaire de bielles reliant son arrière aux côtés du châssis, pendant que son avant glisse par deux galets sur deux chemins de roulement.
Sellette.
La sellette ne diffère guère que par ses dimensions de celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Mécanisme de pointage en hauteur.
Le mécanisme de pointage en hauteur est tout à fait semblable à celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA.
Mécanisme de pointage en direction.
Le pointage en direction s’obtient par le mouvement de rotation du châssis autour de la cheville ouvrière de la sellette. Ce mouvement est produit par la couronne dentée de la sellette et par un train d’engrenages porté par un arbre vertical, un arbre transversal et deux arbres courts.
L’arbre vertical tourne à l’intérieur d’un support placé sur la partie droite du châssis et fixé à la semelle. Cet arbre porte à sa partie inférieure un pignon, qui engrène avec la couronne dentée de la sellette, et à sa partie supérieure une roue d’angle.
L’arbre transversal traverse successivement le support dont il vient d’être parlé, les deux côtés du châssis et un deuxième support placé sur la partie gauche du châssis. Cet arbre porte de chaque côté un pignon d’angle, qui engrène avec la roue d’angle de l’arbre vertical, et une roue dentée.

Les deux arbres courts traversent chacun un des deux supports latéraux. Ils portent chacun un pignon qui engrène avec la roue dentée correspondante de l’arbre transversal et se terminent extérieurement par une manivelle de pointage en direction.
Appareil de chargement
L’appareil de chargement à récupération de l’affût de 274 mm modèle 1888 PC ne présente de différences essentielles avec celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA qu’en ce qui concerne l’accrochage et le déclenchement de la bielle d’accouplement.
Dans l’affût de 274 mm modèle 1888 PC, la maille mobile est supprimée. La bielle d’accouplement s’accroche sur un axe traversant la tête de la manivelle.
Le déclenchement de la bielle d’accouplement est produit à la main par le culassier, qui appuie dans ce but sur la poignée d’un levier de soulèvement. Ce levier est coudé et la branche se termine par un galet de soulèvement. Le mouvement de la grande branche, qui porte la poignée, est limité par un guide circulaire.
Sous réserve de la différence du mode de déclenchement, le fonctionnement de l’appareil de chargement est le même que pour l’affût de 27 cm modèle 1886 PA.

La grue placée sur le côté gauche de l’affût est analogue à celle des affûts de 32 cm modèle 1888 PC munis d’un système de chargement électrique, mais le mécanisme de fonctionnement à bras est actuellement seul utilisé.
Freins hydrauliques
Les freins hydrauliques sont analogues à ceux de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Les tampons de choc, portés par l’affût se composent chacun d’un axe, sur lequel sont montés huit couples de rondelles Belleville disposées entre deux rondelles de compression qui appuient, l’une sur un renfort de la partie avant de l’axe, l’autre sur un chapeau-écrou vissé dans la partie arrière de l’axe.
Plateforme.

La plateforme réglementaire de l’affût de 274 cm modèle 1888 est semblable à celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Le canon de 27 cm modèle 1870-87 et le canon de 27 cm modèle 1870-93

La constitution générale du canon de 27 cm modèle 1870-87 est semblable à celle du canon de 32 cm modèle 1870-84, sauf pour le tube, qui s’arrête à l’intérieur du corps du canon, au lieu de le dépasser.

Le mécanisme de culasse est la fermeture type « Marine » sans engrenage, de la variété b et le dispositif de mise de feu est à le verrou à ressort.

La constitution générale du canon de 27 cm modèle 1870-93 de 28,5 calibres est semblable à celle des canons de 32 cm modèle 1870-93, sauf que le tube reçoit dans sa partie postérieure deux rangs de frettes au lieu de trois.

Le mécanisme de culasse est la fermeture type « Manz », complétée par le dispositif de mise de feu dans la manivelle.
Pour les canons de 27 cm modèles 1870-87 et 1870-93, la disposition de la boîte de hausse, de la masse de mire, des guidons, des facettes du niveau de pointage, de l’arc denté et de l’aiguille de lecture est la même que pour le canon de 32 cm modèle 1870-84. La boîte de hausse du canon de 27 cm modèle 1870-87 est organisée pour recevoir une hausse verticale à crémaillère. Celle du canon de 27 cm modèle 1870-93 pour recevoir une hausse à crémaillère et à spirale.
En 1914, 7 canons de 27 cm modèle 1870-87 et 3 canons de 27 cm modèle 1870-93 étaient en service pour la défense du littoral.
Charges des canons de 27 cm modèles 1870-87 et 1870-93
Les charges des canons de 27 cm modèles 1870-87 et 1870-93 sont les mêmes que celles du canon de 274 mm modèle 1881. Chaque charge est formée de deux gargousses à l’exception de la charge en poudre BGC1 qui comporte trois gargousses et de la charge pour le tir en blanc qui ne comporte qu’une seule gargousse.
| Projectiles | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
|---|---|---|---|
| De combat | |||
| Obus de rupture M | 77 kg de PB3 ou 32 kg de BGC1 ou 32 kg de BM7 | 600 m/s | 13100 m |
| Obus en fonte M, de 216 et 224 kg | 77 kg de PB3 ou 32 kg de BGC1 ou 32 kg de BM7 | 600 m/s | 13100 m |
| D’exercices | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Obus d’exercice en fonte M de 180 kg | 54 kg de A30/40 ou 18,3 kg de BSP ou 18,2 kg de BM3 | 500 m/s | |
| D’épreuve | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Pas de faux projectile | 8 kg MC30 |
Affût modèle 1888 PA pour canons de 27 cm modèles 1870-87 et 1870-93

L’affût de 27 cm modèle 1888 PA comprend :
- Le corps d’affût, en acier, qui porte le canon.
- Le châssis, en acier, sur lequel le corps d’affût peut reculer.
- La sellette et la circulaire, en fonte, sur lesquelles le châssis peut pivoter et qui sont invariablement reliées à une plateforme en béton.
| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm modèle 1888 PA |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,33 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -6° à + 25° |
| Champ de tir horizontal | 180° |
| Poids approximatif | 33,5 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 5,9 tonnes |
| du châssis | 13,2 tonnes |
| Sellette circulaire et ferrures des plateformes | 14,4 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870-87 | 63,5 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870-93 | 64,9 tonnes |

Le corps d’affût offre une grande ressemblance avec celui de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC. Il en diffère principalement en ce que l’indicateur de pointage est à droite et que chaque cylindre de frein est surmonté d’un tampon de choc.

Le châssis est semblable à celui de l’affût de 32 cm modèle 1888 PA, dont il diffère principalement en ce que les heurtoirs de tampon de choc sont portés par les côtés du châssis.

Sellette et circulaire.
La sellette présente les mêmes dispositions que celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC. La circulaire est concentrique à la sellette, elle se compose de quatre secteurs et deux bouts de secteur. A leur jonction, les six parties de la circulaire reposent sur des semelles en fonte, auxquelles elles sont fixées par des clefs en fer.

Mécanisme de pointage en hauteur.
Le mécanisme de pointage en hauteur est semblable à celui de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Mécanisme de pointage en direction.
Le pointage en direction s’obtient par le mouvement de rotation du châssis autour de la cheville ouvrière de la sellette. Ce mouvement est produit par la couronne dentée de la sellette et par un train d’engrenages porté par un arbre vertical et trois arbres longitudinaux.
L’arbre vertical tourne à l’intérieur d’un support fixé à l’arrière de la semelle du châssis. Cet arbre porte à sa partir inférieure, un pignon qui engrène avec la couronne dentée de la sellette, à sa partie supérieure, une roue d’angle.
L’arbre transversal d’arrière traverse les deux côtés du châssis. Il porte, vers son milieu, un pignon d’angle, qui engrène avec la roue d’angle de l’arbre vertical et à l’intérieur du côté droit du châssis, une roue dentée.
L’arbre transversal intermédiaire traverse les deux côtés du châssis. Il porte, à l’intérieur du côté droit du châssis, un pignon qui engrène avec la roue dentée de l’arbre transversal d’arrière et une roue dentée.
L’arbre transversal d’avant traverse les deux côtés du châssis. Il porte, à l’intérieur du côté droit du châssis, un pignon, qui engrène avec la roue dentée de l’arbre transversal intermédiaire.
Deux manivelles de pointage en direction peuvent être placées aux extrémités :
- Soit de l’arbre transversal intermédiaire (grande vitesse).
- Soit de l’arbre transversal d’avant (petite vitesse).
Emploi du mécanisme de pointage en direction pour la mise hors de batterie. Le mécanisme de pointage en direction peut être utilisé pour mettre le corps d’affût hors de batterie. A cet effet, l’arbre horizontal d’arrière porte à chaque extrémité une poulie barbotin. Cette poulie peut entraîner une chaîne, qui passe sur une poulie de renvoi et vient s’accrocher à la boucle de manœuvre correspondante du corps d’affût. Il suffit de mettre la chaine de manœuvre en place et de faire tourner dans le sens convenable l’arbre transversal d’avant pour faire reculer le corps d’affût.

L’arbre vertical peut être rendu à volonté indépendant (mise hors de batterie) ou solidaire (pointage en direction) du reste du mécanisme grâce au dispositif suivant.
La roue d’angle de l’arbre transversal d’arrière est folle sur cet arbre. Elle porte à droite une denture, qui peut s’engrener avec une denture portée par le manchon de débrayage. Ce manchon peut glisser le long de l’arbre sans tourner. Son mouvement est commandé par un levier de débrayage, dont une extrémité est fixée à charnière contre l’arrière de la semelle du châssis et l’autre extrémité à une bielle de commande traversant le côté droit du châssis.
Appareil de chargement.
L’appareil de chargement est constitué par une grue placée sur le côté droit du châssis et semblable à la grue de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC.
Freins hydrauliques.
Les freins hydrauliques sont analogues à ceux de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC. Les tampons de choc sont les mêmes que ceux de l’affût de 274 mm modèle 1888 PC.
Plate-forme.

La plate-forme réglementaire de l’affût de 27 cm modèle 1888 PA diffère de celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC par les points suivants :
- Les plaques de fondation sont au nombre de cinq, les rails de fondation sont supprimés.
- La construction métallique est complétée par les cinq semelles en fonte qui servent à supporter la circulaire et qui sont encastrées dans le massif de béton. Chaque semelle est reliée audit massif par deux boulons et deux plaques de boulons.
Le canon de 27 cm modèle 1870 M.

Bouche à feu du canon de 27 cm modèle 1870 M
La constitution générale du canon de 27 cm modèle 1870 M est semblable à celle du canon de 32 cm modèle 1870-81, dont elle diffère seulement par les dimensions et le nombre des frettes et parce que le tube et la virole ne font qu’une seule pièce. Toutefois, pour quelques canons de 27 cm modèle 1870 M, dits avec tube et virole modèle 1881, le tube et la virole forment deux pièces vissées ensemble, comme pour le canon de 32 cm modèle 1870-81. Les canons de 27 cm modèle 1870 M avec tube et virole modèle 1881 sont rayés à 7 degrés, les autres canons de 27 cm modèle 1870 M sont rayés à 4 degrés.

Le mécanisme de culasse est la fermeture type « Marine » de la variété a et le dispositif de mise de feu est le verrou ordinaire à marteau indépendant.
Les canons autres que ceux qui sont montés sur l’affût modèle 1891 à châssis circulaire ont à droite un arc denté semblable à celui du canon de 32 cm modèle 1870-81.
Les canons montés sur l’affût modèle 1891 n’ont pas d’arc denté et sont complétés par une frette à tourillon qui permet la transmission à la culasse des mouvements imprimés au système de pointage en hauteur.
Tous les canons de 27 cm modèle 1870 M ont la boite de hausse arrière, la masse de mire, les guidons et les facettes du niveau de pointage du canon de 32 cm modèle 1870-84.
Les canons montés sur les affûts modèles 1886 PA, 1876-83 PC et 1879-83 PA ont, sur le tourillon droit, une aiguille de lecture semblable à celle du canon de 32 cm modèle 1870-84.
Les canons montés sur les affûts modèles 1883 PA et 1891 ont le tourillon droit recouvert d’un faux tourillon qui porte le support de pointage modèle 1889. Ce support de pointage modèle 1889 est en bronze ou en acier moulé.
En 1914, 79 canons de 27 cm modèle 1870 M étaient en service pour la défense du littoral.
Charges des canons de 27 cm modèle 1870 M
Chaque charge est formée de deux gargousses et de la charge pour le tir en blanc qui ne comporte qu’une seule gargousse.
| Projectiles | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
|---|---|---|---|
| De combat | |||
| Obus de rupture M | 43 kg de A30/40 ou 24,2 kg de BGC1 ou 22,5 kg de BM5 | 434 m/s | 10800 m |
| Obus en fonte M, de 216 kg | 43 kg de A30/40 ou 24,2 kg de BGC1 ou 22,5 kg de BM5 | 470 m/s | 10800 m |
| D’exercices | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Obus d’exercice en fonte M de 180 kg | 24 kg de A30/40 | 480 m/s | |
| D’épreuve | Charges | Vitesse initiale | Portée de tir |
| Pas de faux projectile | 8 kg MC30 |
Affût modèle 1886 PA pour canons de 27 cm modèle 1870 M

L’affût de 27 cm modèle 1886 PA est en acier coulé, il est semblable à celui de l’affût de 24 cm modèle 1886 PA. C’est affût est sensiblement identique et ils possède les même caractéristiques que l’affût modèle 1886 PA amélioré en 1911, sauf qu’il n’a subit aucune amélioration. En particulier la sellette, les engrenages du pointage en hauteur, le mécanisme de pointage en direction, la grue de chargement, les freins hydrauliques, les tampons de choc et la plateforme sont identiques dans les deux modèles d’affût. La partie arrière du châssis de l’affût non amélioré comporte une double banquette de pointage, sans montant, contre-fiches de montant, traverse de lanterne ou accotoir.
Affût de 27 cm modèle 1883 PA pour canon de 27 cm modèle 1870 M.

L’affût de 27 cm modèle 1883 PA, présentait au moment de son adoption, une grande analogie avec l’affût de 32 cm modèle 1882 PA, mais de notables modifications lui ont été apportées en 1898 et 1900.
Le corps d’affût est presque entièrement semblable à celui de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA, toutefois les galets de chaque flasque sont placés (deux à l’avant, deux à l’arrière). Une banquette de manœuvre de la culasse a été ajoutée entre les deux flasques et l’entretoise porte deux tampons de choc avant.

Le mécanisme de pointage en hauteur est celui de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA, sauf que l’arbre inférieur porte en outre à l’extérieur du flasque droit une roue dentée. Sur cette roue dentée est placée, une chaîne Galle qui engrène avec un pignon, dont l’axe fixé près du sous-bande entraine dans son mouvement un deuxième volant, permettant ainsi de mettre le pointage en hauteur dans la main du pointeur.
Le châssis est constitué par deux côtés évidés et quatre entretoises.
Chaque dessus des côtés, incliné de 4° vers l’avant, forme chemin de roulement pour les galets du corps d’affût et porte un tampon de choc vers l’arrière. Chaque dessous porte un support auquel est fixée une forte roulette en fonte.

L’entretoise avant, ou lisoir, est percée en son milieu d’une douille verticale cylindrique par la cheville ouvrière. Le lisoir repose sur la sellette par l’intermédiaire d’une rondelle de friction. Un jeu de ressorts, dont on peut régler la tension à l’aide d’une clef de réglage, est interposé entre la rondelle de friction et la sellette. Cette entretoise porte les heurtoirs des tampons de choc avant.
Le détail des trois autres entretoises, la disposition de la tige de frein, et celle de la plate-forme de chargement sont semblables à ceux de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA.
La banquette de pointage est placée sur le côté droit et vers l’avant du châssis, elle est munie d’un garde-corps avec main courante et d’un escalier d’accès.
Il n’y a qu’une seule circulaire, qui est semblable à la circulaire arrière de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA.

Le mouvement de pointage en direction est déterminé par la traction au moyen d’une poulie barbotin fixée au châssis d’une chaîne calibrée, dont les extrémités sont fixées à deux points d’attache reliés aux extrémités de la circulaire, et qui passe sur deux poulies de renvoi.
La poulie barbotin est portée par un arbre longitudinal dont l’autre extrémité porte une roue d’angle. Cette roue d’angle engrène avec un pignon d’angle porté par un arbre transversal, qui traverse les deux côtés du châssis et porte, à l’intérieur de chacun de ces côtés, une roue dentée. Chaque roue dentée engrène avec le pignon d’un arbre court qui reçoit à son extrémité une manivelle de pointage en direction.
Il n’y a pas de dispositif de mise hors de batterie de l’affût, mais le châssis porte de chaque côté un crochet où l’on peut attacher un palan.

La grue de chargement est semblable, dans sa partie inférieure, à celle de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC, mais il n’y a ni treuil, ni levier de soulèvement du manchon de débrayage. La partie supérieure porte une poulie sur laquelle s’engage le cordage d’un moufle, qui sert à hisser le projectile.
Le frein hydraulique diffère de celui de l’affût de 32 cm modèle 1888 PC en ce que le piston est muni de deux clapets, que la pression de la glycérine ouvre pendant le recul et ferme pendant le retour en batterie.
Les tampons de choc sont semblables à ceux de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA.
La plateforme diffère de celle de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA par la suppression. Des éléments de fixation de la circulaire intérieure.
De la plaque et des rails de fondation, les boulons longs de sellette sont, comme les boulons courts, arrêtés par des petites plaques carrées.
| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm modèle 1883 PA |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,356 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -7° à + 28° |
| Champ de tir horizontal | 120° |
| Poids approximatif | 36,5 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 10,9 tonnes |
| du châssis, de la sellette circulaire et ferrures des plateformes | 26,6 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870 | 60,75 tonnes |
Affût modèle 1876-83 PA pour canon de 27 cm modèle 1870 M
L’affût de 27 cm modèle 1876-83 PA n’est autre que l’affût modèle 1883 PA tel qu’il était avant les modifications qui lui ont été apportées en 1898 et 1900.

L’affût de 27 cm modèle 1876-83 PA dérive par suite de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA, dont il diffère principalement par les points suivants :
- 1° Au corps d’affût les galets de chaque flasque sont placés deux à l’avant, deux à l’arrière, une banquette de manœuvre de culasse a été ajoutée entre les deux flasques et l’entretoise porte deux tampons de choc avant.
- 2° Il n’y a pas de galets de roulement interposés entre le châssis et la sellette, quand le châssis tourne, le dessus du lisoir glisse sur un plateau placé au-dessus de la sellette. Ce plateau est appuyé sur des ressorts Belleville, qui sont logés dans des évidements de la sellette et dont la tension n’est pas réglable.
- 3° Le châssis porte deux tampons de choc arrière placés sur le dessus des côtés, le lisoir porte les heurtoirs des deux tampons de choc avant du corps d’affût.
- 4° Les dessous des côtés du châssis ne portent pas de plaques de frottement. Il n’y a qu’une seule circulaire et la plateforme est modifiée en conséquence.
- 5° Le mécanisme de pointage en direction ne comporte pas d’arbre court d’arrière, il n’y a qu’un arbre longitudinal, au lieu de deux.
- 6° La grue de chargement n’a ni levier de soulèvement, ni treuil. Sa partie supérieure porte une poulie, dans laquelle on engage le cordage d’un moufle qui sert à hisser le projectile.

| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm modèle 1876-83 PA |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,356 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -7° à + 28° |
| Champ de tir horizontal | 90° |
| Poids approximatif | 36,35 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 12 tonnes |
| du châssis | 17,7 tonnes |
| de la sellette circulaire et ferrures des plateformes | 6,65 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870 | 59,5 tonnes |
Affût modèle 1879-83 PC pour canon de 27 cm modèle 1870 M
L’affût de 27 cm modèle 1899-83 PC présente une certaine analogie avec l’affût de 32cm modèle 1882 PA (grand corps d’affût en fonte, châssis à longs côtés). Mais il en diffère notablement par le détail des différentes parties.
Le châssis, formé de deux côtés et de 3 entretoises est mobile autour d’une cheville ouvrière passant par son milieu. Il est supporté à l’avant et à l’arrière par deux paires de fortes roulettes roulant sur une même voie circulaire, qui porte une crémaillère pour le pointage en direction.
L’entretoise du milieu ou lisoir, percée en son centre pour le passage de la cheville ouvrière, repose sur un plateau placé au-dessus de la sellette. Ce plateau est appuyé sur des ressorts Belleville logés dans des évidements de la sellette.
Le mécanisme de pointage en hauteur est celui de l’affût de 32 cm modèle 1882 PA.
Le pointage en direction s’obtient en agissant à l’aide de manivelles sur des pignons qui entraînent des roues dentées fixées aux roulettes antérieures. Une deuxième roue dentée entrainée par chacune des roulettes engrène avec la crémaillère de la circulaire.
Le mécanisme de mise hors de batterie est constitué par un jeu d’engrenages formé de quatre arbres carets et un arbre transversal.
La grue de chargement porte dans sa tête une poulie sur laquelle s’enroule le cordage d’un moufle, sa partie inférieure porte un manchon d’embrayage sans levier de soulèvement.
Le frein hydraulique est semblable à celui de l’affût de 32cm modèle 1888 PC sauf qu’il ne comporte pas de parachutes. Les tampons de choc sont portés par la partie inférieure du corps d’affût et viennent buter contre des heurtoirs fixés au châssis.

| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm modèle 1879-83 PC |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,356 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -7° à + 30° |
| Champ de tir horizontal | 360° |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870 | 67 tonnes |
Affût modèle 1891 à châssis circulaire pour canon de 27 cm modèle 1870 M

L’affût de 27 cm modèle 1891 à châssis circulaire est analogue, dans ses grandes lignes, aux affûts modèle 1890 à châssis circulaire pour canon de 240 mm et mortier de 270 mm de côte. Avant la transformation que ces deux modèles d’affût ont subi en 1903, il ne différait essentiellement d’eux, que par le mécanisme de pointage en hauteur.

Le corps d’affût est en fonte. Il est constitué par deux flasques, qui sont creusés dans toute leur longueur pour former les cylindres des freins hydrauliques et sont réunis par une entretoise venue de fonte avec les flasques. La partie inférieure des flasques forme chemin de roulement pour les galets du châssis, les flasques sont munis de chaque côté d’une boucle de manœuvre.
Le châssis circulaire en fonte est coulé d’une pièce et composé de deux côtés et d’un corps. Les côtés, inclinés de 4° vers l’avant portent des galets cylindriques sur lesquels recule le corps d’affût. A l’avant des côtés sont fixées des tiges de freins. Sur le côté droit se trouve la banquette de pointage avec l’escalier d’accès. Le corps, en forme de coupole à sa partie supérieure, repose à sa partie inférieure sur des galets de roulement tronconiques. A l’avant du châssis est fixé un masque en tôle d’acier, destiné à protéger le matériel contre les projections de terre et les petits éclats de projectiles, à l’arrière du châssis se trouve la plate-forme de chargement.
La sellette, qui sert de pivot au châssis présente à sa partie supérieure une couronne d’appui sur laquelle se meuvent les galets tronconiques, sa partie inférieure s’encastre dans la plateforme.
Le mécanisme de pointage en hauteur se compose d’un piston fixé sur l’affût au moyen d’un étrier et percé d’un trou central qui pénètre dans le corps de pompe ou cylindre de pointage vertical. Ce cylindre peut se mouvoir le long du piston et est relié à la culasse du canon au moyen de la frette à tourillon. A cet effet, le tourillon de cette frette est pris dans une boîte fixée sur la partie supérieure du cylindre et ayant un jeu latéral suffisant pour permettre le déplacement circulaire du tourillon de la frette autour des tourillons de la pièce tandis que le cylindre se meut le long du piston.

Lorsque le liquide sous pression arrive dans le cylindre, celui-ci se soulève et entraîne dans son mouvement la culasse de la pièce. La pression venant à cesser, la prépondérance de culasse suffit pour abaisser le cylindre qui glisse le long du piston et dont la course est limitée d’un côté par un épaulement ménagé à la partie antérieure du piston et de l’autre côté par la traverse qui fixe le piston à l’affût. Le cylindre est de plus fermé à la partie inférieure par un disque qui serre un presse-étoupes pour empêcher toute fuite du liquide.

Le liquide est envoyé dans le cylindre à l’aide d’une pompe qui est placée sur la partie gauche de l’affût. Un piston mu par un levier de manœuvre permet de puiser ce liquide dans une bâche de la capacité de 5 litres pour le refouler dans le cylindre.

Pour permettre de n’utiliser la pression produite par le refoulement du liquide qu’au moment où on veut soulever la culasse du canon pour le pointage, on a interposé entre le cylindre et la pompe une boîte de soupape d’injection et de vidange contenant une soupape que l’on peut faire mouvoir à volonté au moyen d’un levier et qui permet d’interrompre ou d’établir la communication entre la pompe et le cylindre.

La boîte de soupape communique avec la pompe, avec le cylindre et avec la bâche.
Dans sa position normale dans laquelle elle est maintenue au moyen des ressorts Belleville, la soupape intercepte la communication avec le cylindre. Si l’on actionne la pompe, le liquide refoulé retourne à la bâche et il ne produit aucun mouvement. Si la soupape est poussée à fond, le liquide est refoulé dans le cylindre et la culasse est soulevée. Si enfin la soupape occupe une position intermédiaire, la prépondérance de culasse venant à agir, le liquide du cylindre s’écoule dans la bâche en même temps que celle de la pompe et la culasse s’abaisse.
Un dispositif particulier permet de donner les différentes positions à la soupape et d’actionner la pompe, quelle que soit la position de l’affût. A cet effet chacun des leviers de manœuvre est fixé sur un arbre parallèle à la face supérieure du châssis et portant une bielle calée sur l’arbre, mais qui peut se mouvoir le long de cet arbre en raison de la présence d’une rainure longitudinale creusée sur cet arbre.
Le mécanisme de pointage en direction comprend une chaine de pointage qui est fixée à la sellette et passe sur une poulie barbotin et deux poulies de renvoi. La poulie barbotin fait corps avec une roue hélicoïdale qui engrène avec la vis sans fin de l’arbre de commande fixée transversalement à l’avant du châssis, cet arbre porte à chacune de ses extrémités une manivelle de pointage en direction.
L’appareil de chargement se compose d’un arbre de chargement, sur lequel est calé un bras de chargement, terminé par une lanterne, dans laquelle on peut mettre le projectile. L’ensemble de l’arbre, du bras et de la lanterne peut prendre un mouvement de rotation, qui assure l’élévation du projectile. La lanterne oscille autour de l’extrémité de son bras afin de prendre deux positions, l’une quand le bras est abattu, l’autre quand il est levé.
Un secteur denté, calé sur l’arbre de chargement, engrène avec la vis sans fin d’un arbre de commande portant une roue d’angle qui engrène avec un pignon sur l’axe duquel est montée la manivelle de chargement.
Un appareil compensateur de chargement, analogue à celui de l’affût de 27 cm modèle 1886 PA amélioré en 1911 est fixé à l’arbre de chargement.

Dans chacun des deux freins hydrauliques, le piston se compose de deux disques percés chacun de deux orifices pour le passage de la glycérine, entre les deux peut tourner une valve munie également de deux orifices et de deux tenons, qui s’engagent dans des rainures hélicoïdales creusées dans le cylindre. Le disque postérieur contient, en outre, une soupape disposée de façon à s’ouvrir automatiquement pendant le recul et à se fermer pendant la rentrée en batterie.
Le cylindre est fermé, à l’arrière par un bouchon de fond de cylindre, à l’avant par un bouchon antérieur, qui livre passage à la tête du piston. L’étanchéité des joints est assurée par des garnitures avec presse-garnitures, des tresses avec presse-étoupes. Les deux cylindres sont réunis par un canal de communication.
La plate-forme se compose :
D’une semelle octogonale en tôle percée d’une large ouverture circulaire, dans laquelle s’encastre la partie inférieure de la sellette.
D’une charpente en bois constituée par neuf lambourdes reposant sur cinq gîtes. Des boulons et des ferrures unissent entre elles et avec la semelle les pièces de bois de la charpente.
D’un massif de béton, dans lequel est noyée la charpente et (en terrain compressible seulement) de pieux placés sous cette charpente et enfoncés dans le sol.

| Caractéristiques principales | Affût de 27 cm modèle 1891 à châssis circulaire |
|---|---|
| Hauteur au-dessus du sol de l’axe des tourillons | 2,53 m |
| Amplitude du pointage vertical | de -7° à + 28° |
| Champ de tir horizontal | 300° |
| Poids approximatif | 33,5 tonnes (affût complet) |
| du corps d’affût | 7.5 tonnes |
| du châssis | 15,5 tonnes |
| de la sellette circulaire et ferrures des plateformes | 10,5 tonnes |
| Total avec le canon de 27 cm modèle 1870 | 55,7 tonnes |
