
La place forte ou camp retranché de Briançon
Les différentes fortifications de la place forte

Les ouvrages de la place forte de Briançon
Les ouvrages du noyeau central
- Le Château de Briançon et son enceinte
- Le fort des Têtes
- Communication Y
- Le fort du Randouillet
- Le fort Dauphin
- Le pont d’Asfeld
- La redoute des Salettes
Les ouvrages du 1er secteur
Les ouvrages du 2ème secteur
- La position de Rampes
- La position du Gondran
- L’ouvrage du Gondran A
- L’ouvrage du Gondran B
- L’ouvrage du Gondran C
- L’ouvrage du Gondran D
- Le fort et le blockhaus du Janus
- L’ouvrage des Aittes
- Le magasin de l’Infernet
- Le fort de l’Infernet
- Le casernement de la Cochette
Les ouvrages du 3ème secteur
La place forte ou camp retranché de Briançon
Briançon est la ville la plus haute de France et la plus proche de la frontière italienne. Elle commence à être fortifiée à partir de 1689, sous les ordres de Vauban afin de contrôler les différentes voies d’invasion.
La place de Briançon barre toutes les voies pénétrantes aboutissant aux vallées de la Clarée et de la Cerveyrette et surtout l’importante route du col du Mont Genèvre. Elle communique avec Grenoble par la route du Lautaret (vallées de la Guisanne et de la Romanche) et par la route de Gap doublée par une voie ferrée.
L’enceinte actuelle de Briançon et le château remontent à 1700. Berwick pendant ses campagnes de 1709 à 1711 contre les Piémontais avait édifié aux Têtes et au Randouillet des camps qui furent transformés vers 1790 en de véritables ouvrages d’interdiction reliés entre eux par une communication couverte et dont la protection fut assurée par le fort Dauphin, le fort d’Anjou et le fort des Têtes. Vers la même époque on construisit sur l’entre rive (droite) de la Durance la redoute des Sallettes qui fut remaniée et agrandie vers 1840.

Lionel PRACHT

Lionel PRACHT

On avait ainsi un formidable barrage dont l’artillerie de l’époque même établie sur les hauteurs avoisinantes ne pouvait guère songer à venir à bout.
Les choses restèrent en cet état jusqu’en 1870.
Les progrès réalisés, tant an point de vue de la mobilité des pièces, qu’à celui de la puissance des projectiles, ne permettaient plus de laisser inoccupées les hauteurs dangereuses. La place de Briançon est donc intégrée dans le nouveau système de défense du Général Séré de Rivières.

On fut donc conduit à occuper les principales d’entre elles par de véritables positions d’arrêt dont quelques-unes ont subi après 1885 des remaniements analogues à ceux des fortifications du Nord-Est de la France.
A cette période, 3 forts, 4 ouvrages, environ 40 batteries d’artillerie, 5 blockhaus, plusieurs casernements d’altitude et plusieurs magasins sous roc furent construits.
Au point de vue de l’organisation défensive, on peut partager le terrain autour de la place en 4 secteurs :
- 1° Celui qui est compris entre la Guisanne et la Durance en amont de Briançon.
- 2° Le secteur entre la Durance et la Cerveyrette.
- 3° Le secteur entre la Cerveyrette et la Durance en aval de Briançon.
- 4° le secteur de la rive droite de Guisanne et de la Durance.
1°Le secteur compris entre Guisanne et Durance (amont).

La batterie de la croix de Toulouse assure la possession de l’extrémité Sud de la crête de Peyrolles. Il flanque en même temps l’aile gauche de la position voisine.
Le fort de l’Olive complété par le blockhaus le l’Enlon maîtrise le col de l’Echelle. Il bat en outre le débouché de cols secondaires (des Thures, des Acles, etc..) dans la vallée de la Clarée. L’ensemble constitue une sorte de position fortifiée extérieure.



2° Secteur compris entre Durance (amont) et Cerveyrette.

La position d’arrêt qui commande la route du Montgenèvre et la vallée de la Cerveyrette est constituée par la ligne du Gondran dont l’organisation rappelle celle de la zone principale d’une grande place en pays moyennement accidenté.
Des batteries sont réparties du Janus à la cime du Gondran et couvertes par 4 ouvrages en maçonnerie constituant des points d’appui et par des retranchements.
Les abords de cette ligne sont flanqués par l’ouvrage du Janus qui joue également pour elle le rôle d’ouvrage de surveillance et par la batterie de la Lauzette établie sur la rive droite de la Cerveyrette.
En arrière de la crête existent des baraquements ainsi que quelques magasins de batterie à l’épreuve.
A l’Ouest sur un sommet difficilement accessible le fort de l’Internet forme en quelque sorte le réduit de la position. Il est appuyé à gauche par la batterie de la Lame et dans l’intervalle existe un retranchement qui domine un escarpement naturel.
A droite de l’Infernet le poste de la Seyte surveille les pentes par lesquelles l’ennemi pourrait essayer de contourner ce fort.
L’aile droite de la position est de plus flanquée par le fort de la Croix de Bretagne situé sur la rive gauche de la Cerveyrette.



3° Secteur compris entre Cerveyrette et Durance (aval).

La batterie de la Lauzette dont nous avons déjà cité un des rôles, maitrise en outre la vallée de la Cerveyrette et la route du col d’Izouard.
La première est de plus interdite par le fort de la Croix de Bretagne qui bat aussi le chemin du col des Ayes.
Au-dessus de la Croix de Bretagne une série de batteries d’artillerie jalonnent la crête de la Grande Maye et jouent un rôle de protection et de surveillance par rapport aux deux ouvrages précédents.

4° Secteur de la rive droite de la Guisanne et de la Durance.
Ce secteur est occupé par le massif du Prorel qui est adossé au Pelvoux. Il n’a pas été organisé.
On a seulement créé un chemin d’accès à Notre Dame des Neiges et étudié une occupation du moment.
L’attaque de Briançon par ce côté présenterait à l’ennemi de telles difficultés, en raison de l’absence de bonnes voies de communication, que ce danger n’est vraisemblablement pas à redouter.
Au pied de la vieille ville s’est développé, un faubourg considérable, celui de Sainte Catherine où se trouvent de nombreux établissements militaires et en particulier l’Arsenal. L’enceinte du noyau central pourrait s’appuyer sur les remparts de la ville et sur quelques-uns des vieux ouvrages que nous avons cités plus haut
Pour compléter ce dispositif, on rajoute un relais optique construit en 1914 dans le château de Briançon pour communiquer avec l’extérieur de la place.
La place forte de Briançon à la veille de la Grande Guerre et après

A la veille de la Première Guerre Mondiale, la place possédait une garnison de guerre de 647 officiers, 28389 hommes, 1949 chevaux, 69 voitures et un armement de 269 pièces d’artillerie. Elle est dominée par le fort Italien du Chaberton qui possède une forte portée de tir sur la ville.


Lionel PRACHT

Pendant l’entre deux guerres, la place est améliorée avec la construction de nouveaux ouvrages de la ligne Maginot.
