|
Le fort de Giromagny est une position avancée de la place de Belfort, il est placé à 636 mètres d’altitude au dessus du village de Giromagny en avant du fort du Salbert pour assurer la liaison avec le rideau défensif de la Haute Moselle. Son emplacement près de la frontière lui donne un rôle très important, il doit surveiller la route qui descend le ballon d’Alsace qui mène à Belfort. Il empêche aussi le contournement par le Nord de la place forte de Belfort. Son armement fait de ce fort, l’ouvrage le plus puissant de la place car il reçoit en 1879, une défense peu commune, l’installation de deux tourelles Mougin. Elles sont les premières tourelles installées en France. Cet armement est complété par six casemates à tir indirect et deux batteries d’artillerie annexes. L’architecture du casernement est particulière, car le fort est entouré de montagnes qui le dominent. On choisit de construire un casernement sur deux étages, autour d’une cour octogonale pour le mettre à l’abri des bombardements. |
|
Photo allemande de l’entrée du fort en 1940. Collection Lionel PRACHT |
|
En 1940, le fort tira quelques coups avec ses deux tourelles Mougin sur un convoi de chars ennemis, avant de se rende aux allemands le 18 juin. En 1941, l’occupant y tournera un film de propagande sur la prise de la ligne Maginot, où l’on voit une attaque du fort et les allemands en train de brûler au lance flamme une tourelle avant de la dynamiter. Les cuirassements et le fort seront ensuite ferraillés sous l’organisation Todt et les allemands feront sauter l’entrée avant leur départ en 1944. Depuis 1988, le fort est restauré par une association qui y a effectué d’importants travaux pour le faire visiter. |
|
L’armement du fort et de la batterie d’artillerie annexe à la veille de la Grande guerre
Pièces de rempart du fort 7 canons de 120 long sur affût SP approvisionnés à 700 coups/pièce. 8 canons de 80 sur affût de campagne approvisionnés à 600 coups/pièce. 5 mortiers de 15 approvisionnés à 300 coups/pièce. 1 section de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches. 3 sections de 2 mitrailleuses sur trépieds modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches/section.
Cuirassements et casemates 2 tourelles Mougin modèle 1876 armées chacune de 2 canons de 155 long approvisionnés à 1000 coups/pièce. 6 casemates à tir indirect aménagées en magasins à munitions
Défense des fossés 1 caponnière double armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1500 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce. 1 caponnière simple armée d’1 canons révolver approvisionnés à 1500 coups et d’1 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups. 2 coffres d’escarpe de gorge armés chacun d’1 canons révolver approvisionnés à 1500 coups et d’1 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups.
Batterie annexe Désarmée
Total 42 pièces d’artillerie hors rechanges
Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914
Batterie de la Tête des Planches désarmée
1 retranchement qui relie le saillant 4 à la batterie annexe 1 retranchement qui relie le chemin couvert entre les saillants 1 et 2
Abris de combat et abris cavernes Aucun
Aucun
Aucun |
|
Projets de modernisation
Projet de modernisation de 1891 et 1894 · Construction d’un casernement bétonné de 170 places, renforcement des quelques communications intérieures, suppression des casemates à tir indirect, et remplacement des deux caponnières de tête par un coffre simple et un double de contrescarpe. · Deux solutions sont proposées pour le renforcement des casernements, la première prévoit de renforcer le casernement de la cour octogonale et la deuxième prévoit le renforcement du casernement de gorge.
Programme de 1900 · Aucun projet
Projet complémentaire de 1908 Coût des travaux 1 860 000 Fr (Les travaux étaient prévus après le renforcement du fort Lachaux ) · Construction de deux batteries bétonnées de deux pièces de 120, d’une usine électrique , renforcement du poste optique et remaniement des parapets. · Remplacement de deux caponnières par un coffre simple et un double de contrescarpe · Installation de trois observatoires cuirassés et de quatre guérites blindées sur les abris de remparts, d’une tourelle de 75R 05 au saillant 3 surveillant la route de Belfort. · Renforcement et abaissement d’un étage des deux tourelles Mougin et installation d’une ventilation électrique dans les abris cavernes.
Modernisations
· 1878-1879 Installation de deux tourelles Mougin n° A et B au centre du fort au dessus des casernements · 1880 Réparation de l’enduit du magasin à poudre. · 1884 Désarmement de quatre casemates à tir indirect et transformation en magasins. Deux des pièces d’artillerie sur quatre seront conservées pour être placées sur des plateformes de tir à l’air libre du fort et de la batterie annexe · 1888 Construction de deux magasins sous roc d’une capacité de 50 tonnes de poudre noire chacun et suppression de quatre casemates à tir indirect. · 1888 Expériences de tir dans les caponnières pour vérifier si le tir d’une des caponnières de flanc d’un front bastionné à fossés étroits présente des dangers pour les défenseurs de la caponnière du flanc opposé. · 1899 Amélioration du profil des parapets d’artillerie des plateformes de tir. · 1900-1905 Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives au dessus des caponnières sur le mur de contre-escarpe. · 1901 Installation de monte-charges dans les deux tourelles Mougin. · 1910 Installation de cinq projecteurs oxyacétyléniques pour l’éclairage des fossés. · 1914-1915 Construction de deux abris cavernes de 100 places chacun au bout des magasins sous roc. · 1914-1915 Certaines parties du fort reçoivent une couche de béton comme les sorties des parties sous roc. Deux des passages couverts sont équipés de chicanes et les deux caponnières de tête sont renforcées avec des piédroits et une dalle de béton armé. Plusieurs observatoires bétonnés sont aménagés pour diriger les tirs. · 1914-1915 Construction d’une citerne de l’épreuve de 600 m³. |
|
Armement du fort et de la batterie d’artillerie annexe et cuirassements installés entre 1879 et 1912 |
|
En 1914, ce fort de type massif central est un ouvrage de première catégorie de la 7ème région, proche de la frontière qui est peu modernisé. Il possède des magasins à munitions à l’épreuve et deux abris cavernes en travaux pour abriter une partie de sa garnison. Son armement principal est placé à l’air libre et sous tourelles cuirassées d’anciennes génération. |
|
Equipement du fort et de la batterie d’artillerie annexe en 1914 |
|
L’entrée du fort avant la Grande Guerre. Collection Lionel PRACHT |
|
Photo allemande des manœuvres de propagande sur la prise de la ligne Maginot réalisées pendant l’été 1940 . Collection Lionel PRACHT |
|
Une copie de canon de 12 culasse dans la caponnière double Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Etat du fort pendant la première guerre mondiale
Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces sur le front. En mars 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi. En 1917, le fort est réarmé suite à la bataille de Verdun et les issues et les entrées du fort se voient équipées de chicanes montées avec des sacs de terre et des rondins en bois, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Installation d’une ventilation manuelle pour les locaux et de plusieurs observatoires bétonnés. |
|
Photo allemande de la première cour à droite de l’ouvrage en 1940. Collection Lionel PRACHT |
|
Photo allemande des tourelles Mougin en 1940. Collection Lionel PRACHT |




|
L’abri caverne du coté gauche où seront aménagées deux pièces en béton pendant la Grande Guerre. Cliché VAUBOURG Cédric |


|
Photos allemandes du casernement de gorge en fond de fossé, d’une tourelle Mougin et de l’entrée du fort en 1940. Collection Lionel PRACHT |


|
Une groupe de soldats devant une pièce de 120L du fort avant la Grande Guerre. Collection Lionel PRACHT |
|
Photo allemande des tourelles Mougin en 1940. Collection Lionel PRACHT |


|
Photos allemandes des tourelles Mougin en 1940. Collection Lionel PRACHT |
|
L’escalier reliant le casernement à une ancienne casemate à tir indirect. Cliché VAUBOURG Julie |



|
Photo allemande fin 1940 des tourelles endommagées après les manouvres de l’été de la même année et deux photos allemandes des ferraillages des tourelles en 1942-1943 sous l’organisation Todd. Collection Lionel PRACHT |

|
L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
La cour octogonale et son casernement à deux étages. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Le casernement à deux étages Cliché VAUBOURG Cédric |
|
L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Julie |
|
Le casernement à deux étages. Cliché VAUBOURG Julie |
|
Le fossé de gorge et la façade du corps de garde. Cliché VAUBOURG Julie |
|
Le fossé de gorge . Cliché VAUBOURG Julie |
|
Une des pierres du cartouche de l’entrée . Cliché VAUBOURG Julie |


|
Une chambrée au pied de la tourelle de droite. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Une chambrée au pied de la tourelle de droite. Cliché VAUBOURG Julie |



|
L’emplacement du magasin du Génie. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Le rez-de-chaussée de la tourelle de gauche. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Un chambrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Reconstitution d’une chambrée. Cliché VAUBOURG Cédric |


|
Détail du massif de la tourelle Mougin. Cliché VAUBOURG Julie |
|
Une galerie derrière une chambrée. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
Le rez-de-chaussée de la tourelle de droite. Cliché VAUBOURG Cédric |
|
L’accès à une casemate à tir indirect. Cliché VAUBOURG Julie |
|
www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales |

|
Dates de construction Coût des travaux en 1882
Effectif 238 hommes |
· 15 juin 1875 – 1 juillet 1879 · 2 032 901 Frs
· 17 officiers · 20 sous-officiers · 608 soldats · 1 infirmerie pouvant recevoir 15 malades |
|
|
1879 |
1880 |
1884 |
1894 |
1906 |
1912 |
|
Pièces de rempart du fort |
4 obusiers de 16 7 canons de 8 |
|||||
|
Cuirassements et casemates |
armées de 2 mortiers de 220 et de 4 canons de 155 court |
armées de 1 mortier de 220 et |
aménagées en magasins à munitions |
|||
|
Défense des fossés |
||||||
|
Batterie annexe |
|
Désarmée |
||||
|
Nb de pièces |
52 |
50 |
50 |
42 |
33 |
34 |
|
Armement du fort fin 1915 · L’ouvrage est désarmé, il ne possède plus de pièce de rempart · 2 tourelles Mougin armées et possédant quelques obus · 2 caponnières et deux coffres de courtine armés de 5 canons révolver et 5 canons de 12 culasse avec leurs munitions. |
Armement du fort fin 1917 · L’ouvrage est désarmé, il ne possède plus de pièce de rempart · 2 tourelles Mougin armées et possédant quelques obus · 2 caponnières et deux coffres de courtine armés de 5 canons révolver et 5 canons de 12 culasse avec leurs munitions. On y installe 5 mitrailleuses de flanquement sur des supports fixés au mur. Elles servent à remplacer un canon revolver en cas de défaillance · Quelques mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée |
|
Capacité du casernement à l’épreuve Capacité des casernement en maçonnerie Capacité du magasins à poudre Capacité du magasin aux cartouches |
· 200 places couchées · 652 places couchées et 93 places assises · 90 tonnes de poudre noire à la construction du fort · 394 000 cartouches à la construction du fort |
|
|
· 2 à 4 cuisinières de marque François Vaillant · 1 four Lespinasse au bois de 200 rations et 1 four portatif Lespinasse de 180 rations dans la même pièce. · 2 citernes de 150,4 et 172,2 m³ et un citerneau de 114 m³. · 1 réservoir alimenté par une pompe élévatoire existe sur le glacis ouest · 1 citerne à l’épreuve de 600 m³ est en construction · 1 pont à bascule en dessous |
|
Communication liaison optique
Communication télégraphe électrique Eclairage en 1914 |
· Le fort du Salbert à 8 km grâce à un appareil optique à pétrole d’un calibre 14 · Avec Auxelle-Haut, le fort de Servance et le château de Belfort · Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur du fort · 5 appareils oxyacétyléniques pour les fossés. · 1 projecteur oxyacétylénique de campagne de 35 pour les abords |